1 Mars 2008

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La tête à ...

Caricature de Toto (Mathieu Reynès).

Dans Lola Bogota - Tome 3 - "Le camp des Siciliens" (Reynès, Brrémaud et Chanoinat, Bamboo) Mathieu Reynès croque Toto et lui donne le rôle de Toto, cousin par sa mère du prince de la mafia, Don Andrea.
(L'image ci-dessus est tirée de la page 19, case 1).

 

Toto (1898-1967) était un acteur italien. Originaire d'un des quartiers les plus populaires de Naples, il quitte l'école à 13 ans, et fait des petits boulots pour gagner sa croute. Il débute à seize ans dans des petits théâtres et s'imprègne de Gustavo De Marco, dont le jeu outré et parodique est fait de contorsions et de désarticulations. Sa greule cassée en fait un acteur idéal pour le -varieta-.

En 1922, il joue à Rome et impose sur scène son personnage : chapeau melon usé, jaquette trop large, chemise râpée, lacet de chaussure comme cravate, pantalon trop court. Il fait des tournées triomphales, et fonde en 1932 sa propre compagnie. Jusqu'en 1949, Toto se consacre au théâtre, et crée des revues-spectacles avec Anna Magnani.

En 1949, sa carrière cinématographique prend la relève. Des réalisateurs comme Mattoli, Bragaglia, Steno, Mastrocinque se contentent de mettre en image son génie comique dans une multitude de films tel que: Arenes en folie, Toto cherche un appartement, Totò all'inferno ...

En 1957, pendant un spectacle à Palerme, Toto devient aveugle. Il continue pourtant de travailler en se consacrant uniquement au cinéma. Dans ses films, il s'adjoint parfois un comparse comme Peppino De Filippo, Aldo Fabrizi ou même les Français: Fernandel dans La loi, c'est la loi, et Louis De Funès dans Fripouillard et compagnie, et Un coup fumant. Il participe à l'excellente comédie Le pigeon, et tourne deux fois pour Pasolini: Des oiseaux petits et grands, et Qu'est-ce que les nuages ?.

Dario Fo: "Toto est le timide qui s'insurge et qui, au moment de céder, pour vaincre si possible ou du moins rétablir l'égalité face au pouvoir, se met à agir, c'est-à-dire à faire des gestes. [...] Toto agit sur le mode du paradoxe, à la limite du paranoïaque, il insulte, frappe, fait semblant de pleurer, hurle et... ce qui est fondamental, crache. Il crache, mord, griffe, joue des coudes, donne parfois de grands coups de chaussure dans l'estomac, éternue. Ce fameux éternuement prolongé... assumé comme un cri, une souffrance, un ébranlement sexuel, et donné pour folie et candeur à la fois. Pourquoi tout cela ? C'est que le personnage de Toto, d'un homme écrasé, humble, exclu de la société, essaie à travers une violence paradoxale, absurde, de retrouver un équilibre en face d'un pouvoir immobile et statique. Toto, lui, bouge, s'agite, court, gueule, hurle, pleure, éternue, crache et fait des gestes obscènes pour arriver précisément à détruire le pouvoir dans ce qu'il a de sacré, d'essentiel, de la détruire jusque dans la pyramide qui assure sa statique".

Peu avant sa mort, Toto interpréta huit épisodes pour la série TV Tutto. En 1967, il débute le tournage de Jeux d'adultes de Nanni Loy, mais il meurt le 15 avril alors que le tournage n'est pas terminé et est remplacé par Ugo Tognazzi.

Blague Carambar:

Toto mange très salement, alors son père s'écrie :
- Mon fils, tu manges comme un goret ! Sais-tu au moins ce qu'est un goret?
- Ouais p'pa ! C'est le fils d'un cochon...

Publié par Chelmi à 09:00am
Avec les catégories : #caricature , #bd-franco-belge , #cinema-serie-tv

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