16 Février 2007

The Great Profile

"Un homme n'est vieux que quand les regrets ont pris chez lui la place des rêves".

Caricature de John Barrymore (Morris).

Dans Lucky Luke - Tome 41 - "Le cavalier blanc" (Morris et Goscinny, Lucky Comics), Morris caricature John Barrymore et lui donne le rôle du comédien Whittaker Baltimore, le directeur de la troupe théâtrale du même nom. Troupe qui s'avère n'être qu'une couverture pour commettre des hold-up en utilisant les représentations comme alibi.
(L'image est tirée de la page 4, case 10).

En lui donnant ce rôle les auteurs rendent hommage à son amour pour le théâtre. Le nez de John Barrymore est reconnaissable entre mille, il lui a valu le surnom de -The Great Profile-. Morris en a d'ailleurs bien exagéré les trais.

 

John Barrymore (1882-1942) était un acteur américain. Il appartient à une famille de comédiens de théâtre. Sa mère meurt alors qu'il n'a que 11 ans. Son père finira sa vie interné dans un hôpital psychiatrique. A 14 ans, John, lui, est déjà alcoolique... Il exerce un temps la profession de journaliste, puis espère gagner sa vie comme peintre et caricaturiste. Mais il revient à la profession de ses parents à partir de 1903 et débute la même année à Broadway.

Ce n'est qu'en 1909 toutefois que la critique le salue comme l'un des meilleurs acteurs de sa génération. Il fait ses débuts au cinéma en 1914 dans An American Citizen, d'après une pièce à succès. Comme la plupart des comédiens, il méprise le cinéma à cette époque.

Ce n'est qu'en 1920 que John a le coup de foudre pour ce nouvel art avec te double rôle du Dr. Jekyll et Mr. Hyde, jugé à l'époque comme un sommet de la composition cinématographique et qui lui apportera la gloire internationale. Mais il demeure toujours fidèle au théâtre: ses deux plus grands rôles seront Hamlet et Richard III qui le feront reconnaître comme le numéro un des scènes américaines. Au cours d'une tournée en Angleterre, il sera également acclamé dans la patrie de Shakespeare.

A l'orée du Parlant, John Barrymore va connaître son âge d'or. Le grand public peut enfin entendre à l'écran sa voix bien timbrée qui fait merveille sur les planches. Les films qu'il tourne au début des années trente resteront parmi ses plus célèbres : il est Arsène Lupin ; il fait partie de l'affiche prestigieuse de Grand Hotel ; il retrouve son frère Lionel et sa soeur Ethel dans Raspoutine et sa cour. Au théâtre, sa notoriété demeure inchangée et il triomphe toujours dans Hamlet, à tel point que beaucoup songent à filmer la pièce avec son immortel interprète.

Barrymore ne fut jamais capable de garder le sens de la mesure : tour à tour extraordinaire acteur ou exécrable cabotin, nul ne pouvait prévoir dans quelle direction allait s'orienter sa prestation. Au milieu des années trente, après d'innombrables cures de désintoxication, ainsi que de nombreux divorces, il n'est plus que l'ombre de lui-même. Les tournages de ses films sont inconsidérément prolongés à cause de ses frasques et de ses caprices. Les studios fermeront les yeux à cause de sa toujours considérable popularité: Vol de nuit, Train de luxe, Marie Antoinette, La Baronne de minuit ...

Mais il souffre de plus en plus de pertes de mémoire dues à son alcoolisme invétéré. On dit que, devenu médiocre acteur, le public vient le voir au théâtre pour le découvrir ivre, bafouillant, incapable de se tenir sur ses jambes. Victime d'une pneumonie, il disparaît à l'âge de 60 ans.

PS: John Barrymore n'est autre que le grand père de l'actrice Drew Barrymore.

Publié par Chelmi à 11:25am
Avec les catégories : #caricature , #bd-franco-belge , #cinema-serie-tv

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