12 Avril 2007

Miam Miam !

Après James bond contre Dr No ...

La montagne de dieu cannibale de Sergio Martino. La montagne du dieu cannibale selon André Franquin.
La montagne du dieu cannibale de Martino (1978).

La montagne du dieu cannibale selon Franquin.
Et Franquin créa la gaffe de Franquin et Saoul (Crayonné).

Dans le livre d'entretien Et Franquin créa la gaffe (Franquin & Sadoul, Distri BD), André Franquin croque l'affiche du film La montagne du dieu cannibale de Sergio Martino sur un crayonné de l'album. Il reproduit Ursula Andress à sa manière avec quelques erreurs de proportion. Pourtant, ce ne sont pas les plans de ce nanar aventuro-horrifique, où l'on voit l'héroïne dénudée, qui manquent... ^^

 

Pitch du film:

La région la plus reculée de la Nouvelle-Guinée. Malheur à qui s'y risque, tout particulièrement au coeur de la jungle hostile de Marabata, terrain de chasse privilégié des Pukas, une féroce tribu cannibale. Sur les traces de son mari disparu, Susan Stevenson (Ursula Andress) y pénètre cependant. Accompagnée de son frère Arthur (Antonio Marsina), de l'aventurier Edward Foster (Stacy Keach) et de quelques indigènes, elle affronte mille épreuves, mille dangers, avant que les Pukas ne se saisisse d'elle pour la donner en offrande à leur dieu affamé de chair humaine...

La fin des années 70 et le début des années 80 sont considérés comme l'âge d'or du cinéma gore. Pur produit d'une industrie d'exploitation, ce genre alors à l'époque très en vogue se déclinait en plusieurs ramifications thématiques. Et parmi celles-ci, les films de cannibales figuraient parmi les plus prisés par les fans de cinéma d'horreur extrême. Les scénarios de ces films étaient relativement basiques et suivaient presque tous la même trame, des blancs paumés dans la jungle agressés par une tribu d'anthropophages, et la même réalisation affichant une volonté de choquer via les plans les plus dégueulasses possibles, quitte à équarrir quelques animaux.

La montagne du dieu cannibale épouse ces choix. On y voit effectivement des sauvages déchirer de la chair crue avec leurs dents, des agressions aux effets bien gore, des massacres d'animaux, des danses tribales menées par des indigènes aux peintures effrayantes... Bref, tout l'attirail pour attirer les foudres de la censure. Cependant, bien que le fait qu'il soit composé de tous ces éléments narratifs et graphiques puisse le faire entrer sans peine dans le registre restrictif du film de cannibales, il est bon de signaler que le métrage de Sergio Martino s'en démarque par plusieurs de ses aspects: son scénario et ses personnages un temps soit peu plus développés, et un casting de star avec Stacy Keach et Ursula Andress.

La montagne du dieu cannibale ne se résume pas à Ursula Andress dans le plus simple appareil. Affirmer cela serait être injuste avec un Sergio Martino qui a tenté ici de mettre en forme une sorte de relecture moderne et horrifique des Mines du roi Salomon et de tous ces films de jungle qui ont probablement bercé son enfance. Pour ce faire, il n'a pas hésité à tourner dans des décors réels, en Malaisie principalement, afin d'apporter le plus de réalisme possible à son métrage, et cela malgré des conditions de tournage difficiles. D'ailleurs, au final, il parvient si bien à remplir ses objectifs que son film affiche les mêmes coquetteries, aujourd'hui bien démodées, que les vieux métrages de Tarzan avec cette multiplications d'inserts et plans de coupe animaliers qui nous donne parfois l'impression étrange de visiter un zoo ou de regarder un documentaire.

En ce qui concerne l'aspect horrifique, dans la version censurée de l'époque, le passage le plus marquant est certainement la découverte du docteur Stevenson, un cadavre momifié et crucifié, vénéré comme un dieu par les pukas et ayant un compteur geyger à la place du cœur. Un champ-contre-champ très efficace, alternant plan américain et gros plan, prenant comme point de vue sa femme. Dans la version intégrale, la prédominance de cette scène s'efface derrière une étrange séquence d'orgie montée un peu n'importe comment, avec la présence de plans totalement gratuits exposant des comportements zoophiles et une séquence d'onanisme féminin. La castration en gros plan d'un pukas accusé d'acte blasphématoire car il n'a pu résister aux charmes d'Ursula Andress, est aussi un moment de cinéma craspec assez saisissant. Mais même en considérant tous ces passages extrêmes, La Montagne du dieu cannibale est loin d'atteindre les niveaux horrifiques des modèles du genre que sont Cannibal Ferox ou Virus Cannibale.

PS: Merci Roger pour le complément d'information (voir commentaire).

Publié par Chelmi à 09:55am
Avec les catégories : #reference , #bd-franco-belge , #cinema-serie-tv

Commentaires

Roger 21/02/2010 12:13


Ca vient du recueil d'entretiens Et Franquin Créa la Gaffe :D


Chelmi 21/02/2010 19:11


Merci beaucoup, je complète ça de suite. :-)


David 14/04/2007 09:17

Chapeau! Il fallait le trouver, ce dessin (ou cette affiche)!

Chelmi 14/04/2007 10:14

Pour ne rien te cacher, tout amateur de BD surfant sur le net, a pu voir ce croquis sur différents forums BD. Je l'ai d'abord vu sur BulleDair.com puis sur Bdgest' ...Mes plus grandes sources jusqu'à présent sont mes lectures même si je ne peux pas prétendre à de l'inédit car il y aura toujours quelqu'un pour l'avoir vu avant moi. Mais il m'arrive aussi relativement souvent de piocher de ci de là tout en croisant les infos et en essayant de développer autour quand c'est possible.