9 Juillet 2011

L'absinthe

"L'art n'est pas un amour légitime ; on ne l'épouse pas, on le viole".

L'absinthe d'Edgar Degas.
Dans un café de Degas exposé au musée d'Orsay de Paris.

L'absinthe selon Christophe Gautier.
Le cirque aléatoire - Tome 1 de Gaultier et Ricard (Page 25, case 7).

Dans Le cirque aléatoire - Tome 1 - "Privates Jauques" (Gaultier et Ricard, Glénat) Christophe Gautier rend hommage à un tableau d'Edgar Degas, Dans un café dit aussi L'absinthe, en l'insérant dans une case de sa BD. Ici, Le bar l'Estaminet du bourg Jauques prend les traits du café La nouvelle Athènes de la place Pigalle, Ellen André est remplacée par Hyphigénia, et Marcellin Desboutin par Eleuthère Sombre.

 

Extrait de la fiche du musée d'Orsay:

"[Edgar Degas (1834-1917) peint cette toile en 1873]. Dans un café, lieu de rencontre à la mode, une femme et un homme, bien qu'assis côte à côte, sont murés chacun dans son isolement silencieux, le regard vide et triste, les traits défaits, l'air accablé. L'œuvre peut être vue comme une dénonciation des fléaux de l'absinthe, cet alcool violent et nocif qui sera interdit par la suite. [...]

La dimension réaliste est flagrante : le café est identifié, il s'agit de "La Nouvelle Athènes", place Pigalle, lieu de réunion des artistes modernes, foyer intellectuel de la bohême. Le cadrage donne le sentiment d'un instantané pris sur le vif par un témoin assis à une table voisine. Mais cette impression est trompeuse car l'effet de réel est le résultat d'une minutieuse élaboration. Le tableau a été peint en atelier, et non sur place.

Degas a puisé dans ses relations pour tenir les rôles dont il fait des portraits : Ellen André est une comédienne, également modèle pour artistes ; Marcellin Desboutin est peintre-graveur. Le tableau entachant leur réputation, Degas devra préciser publiquement qu'ils ne sont pas alcooliques. Le cadrage décentré, ménageant des vides et sectionnant la pipe et la main de l'homme, est inspiré des estampes japonaises, mais Degas l'utilise ici pour produire un certain déséquilibre éthylique. Expressive et signifiante aussi la présence de l'ombre des deux personnages, en silhouette reflétée par le vaste miroir dans leur dos. [...]".

Edgar Degas: "Quand quelqu'un paye un tableau 3000 francs, c'est qu'il lui plaît. Quand il le paye 300000 francs, c'est qu'il plaît aux autres".

Publié par Chelmi à 07:00am
Avec les catégories : #reference , #bd-franco-belge , #peinture-gravure

Commentaires

Zaïtchick 09/07/2011 11:25



C'est pas pour faire mon grincheux, mais je trouve que le dessin des jeunes "auteurs" commence vraiment à obéir à un "formatage" nouvelle BD.



Chelmi 10/07/2011 10:17



C'es vrai qu'on voit de plus en plus ce style de dessin comment dire ... "brouillonneux" (enfin le contraire de la ligne claire), mais de là à en faire une généralisation... pour un Gautier ou un
Larcenenet, je peux te citer facilement dix autres jeunes auteurs au styles bien lécché. :-)