17 Novembre 2013

"En plein dans sa mouille !"

Perceval dans Kaamelott d'Alexandre Astier Livre I Tome 1 Episode 1).

Le lanceur de pavé de Gilles Caron.
Le lanceur de pavé de Caron exposé au Musée national d'Art moderne à Paris au Centre Georges Pompidou (1968).

Le lanceur de pavé selon Yslaire.
XXe ciel.com - Tome 1 d'Yslaire (Planche 22, case 2).

Dans XXe ciel.com - Tome 1 - "http://www.xxeciel.com/mémoires98" (Yslaire, Les Humanoïdes Associés) Yslaire rend hommage à une photographie de Gilles Caron, Le lanceur de pavé, sur une planche de sa BD.

 

Ce clichée de Gilles Caron (1939-1970) est pris le 6 mai 1968 dans la rue Saint-Jacques à Paris lors des Manifestations de Mai 68. Ce photographe de génie est incontestablement celui qui a immortalisé en images la révoltes des soixante-huitards avec: la fameuse cavale d'un C.R.S. en position de cogner au train d'un manifestant, les deux femmes accrochées l'une à l'autre et qui s'effondrent sous les gaz, la femme frappée à terre, les têtes romaines des C.R.S., les doigts enlacés de Debré et Malraux, le sourire jubilatoire de Cohn-Bendit à la mentonnière d'un flic, et le fameux Lanceur de pavé qui nous intéresse aujourd'hui.

-Le lanceur- chez Caron est une figure rémanente. Lors des émeutes irlandaises, tchèques ou parisiennes, il se concentre sur ces personnages, qu'il a découvert à l'occasion de manifestations paysannes en Bretagne. Il accorde beaucoup d'attention à ces acteurs emblématiques: les lanceurs de pavés ou de cocktails Molotov, incarnations de la guérilla urbaine. Le geste se répète, bras tendu en avant, corps en équilibre, caillou, pavé, ou bouteilles dans les airs. Il dessine une chorégraphie de la révolte, que l'on retrouvera jusqu'aux Intifadas ou aux révolutions arabes.

Cette photographie est une épreuve gélatino-argentique noire et blanche appartenant à la Fondation Gilles Caron. Elle est cédée au Musée national d'Art moderne du Centre Georges Pompidou en 2009 par Marie-Anne Caron-Montely, la veuve de l'artiste.

PS: Gilles Caron a couvert, durant sa courte mais prolifique carrière, la plupart des événements dramatiques de son temps, révoltes, famines et guerres. Il est resté proche, entre deux voyages, du milieu du spectacle, et en particulier du cinéma, photographiant acteurs, scènes de tournage ou vedettes du show-business. Mémoire visuelle d'une époque, il disparaît le 5 avril 1970 au Cambodge, avec deux de ses confrères, sur la route qui relie Phnom Penh à Saigon.

Publié par Chelmi à 08:00am
Avec les catégories : #reference , #bd-franco-belge , #photographie , #journalisme

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