14 Septembre 2013

Napalmée vive !

"Vous voyez, l'amour est toujours plus fort que le napalm !"

Phan Thi Kim Phuc screams in plain de Nick Ut.
Phan Thi Kim Phuc screams in plain de Ut (1972).

Phan Thi Kim Phuc screams in plain selon Yslaire.
XXe ciel.com - Tome 1 d'Yslaire (Planche 13, case 3).

Dans XXe ciel.com - Tome 1 - "http://www.xxeciel.com/mémoires98" (Yslaire, Les Humanoïdes Associés) Yslaire rend hommage à la célèbre photographie de Nick Ut, Phan Thi Kim Phuc screams in plain, sur une planche de sa BD.

 

Le village de Trang Bang, soupçonné d'héberger des soldats Viet Cong, est la cible d'une attaque aérienne le 8 juin 1972, attaque qui a laissé plusieurs victimes et a changé pour toujours la vie de Phan Thị Kim Phuc. Kim Phuc, une petite fille, nue, tout vêtement brûlé par une bombe de napalm, qui court pour s'évader de son village en flammes, en criant de douleur, les bras étendus dans un geste de terreur.

Pour beaucoup, cette photographie, lauréate d'un Prix Pulitzer pour le photographe Nick Ut de l'Associated Press, est devenue le symbole de la tragédie qu'était la guerre de Vietnam. La parution de la photographie est d'abord retardée jusqu'au 12 juin 1972 au motif qu'elle met en scène la nudité frontale d'enfants, nudité absolument taboue pour la presse américaine. Après un débat au sein de l'agence de presse, il est finalement décidé de la publier en raison de son intérêt journalistique exceptionnel, mais en évitant de faire un gros plan sur l'enfant brûlée. Et en quelques jours, la photo de Nick Ut fait la Une des journaux du monde entier, suscitant l'indignation et la colère des opposants à la guerre, et l'embarras désolé de ses partisans.

La véracité de ces événements et l'authenticité de la photographie, souvent présentée comme celle d'une petite fille hurlant simplement de terreur alors qu'elle hurlait de douleur, après avoir été brûlée vive, est mise en doute dès le 12 juin 1972, en particulier par le président américain Richard Nixon, obsédé par cette image qu'il soupçonne d'être truquée. Obligeant Nick Ut à se défendre: "La photographie était aussi authentique que la guerre du Viêt Nam elle-même".

Ce film, beaucoup moins diffusé, tourné par le cameraman britannique Alan Downes d'Independent Television News, montre les événements juste avant et juste après la prise de cette photographie.

Bien que très grièvement brûlée, Kim a survécu à cette épreuve. Nick Ut l'a pris avec lui en voiture pour l'amener d'urgence à l'hôpital. Kim a enduré, 17 interventions chirurgicales, et 14 mois de réhabilitation pénible pour les brûlures de troisième degré qui couvraient plus de la moitié de son corps.

Mise sous étroite surveillance par le gouvernement vietnamien, elle fuit son pays pour le Canada sa nouvelle patrie d'adoption. A Washington, à l'occasion d'une cérémonie commémorative de la guerre du Vietnam, alors qu'elle fait un discours devant des vétérans, elle pardonne publiquement à l'officier qui a ordonné le bombardement de son village.

Kim Phuc est Ambassadrice de bonne volonté de l'UNESCO depuis 1994. Ayant décidé de consacrer sa vie à promouvoir la paix, elle crée à cette fin la Fondation Kim Phuc qui aide les enfants victimes de guerre en leur offrant un soutien médical et psychologique.

Kim Phuc: "J'ai longtemps voulu fuir cette petite fille plongée dans le chaos de la guerre du Vietnam. Mais la photo m'a toujours rattrapée. De partout des gens surgissaient en disant: C'est bien vous ? Quelle horreur ! Et j'avais l'impression d'être doublement victime. Et puis j'ai décidé que ce qui m'apparaissait comme une malédiction avait aussi été ma chance. Et qu'il me revenait de choisir le sens à donner à cette photo. Elle illustrait l'épouvante de la guerre. Je deviendrai une ambassadrice de la paix. Elle montrait la barbarie. Je parlerai d'amour et incarnerai le pardon. Elle évoquait la mort. Je montrerai la vie [qui] m'a guère épargnée, mais c'est elle qui triomphe. La tragédie n'a jamais anéanti l'espoir. Des anges gardiens sont sans cesse apparus sur mon chemin. Et c'est bien cela le miracle !".

Publié par Chelmi à 07:00am
Avec les catégories : #reference , #bd-franco-belge , #photographie , #militaire , #journalisme

Commentaires

Zaitchick 15/09/2013 23:16

Pas "mortellement" brûlée... Grièvement.
Sinon, la pauvre aurait succombé.

Chelmi 16/09/2013 13:14

Effectivement, c'est un abus de langage de ma part.