6 Janvier 2014

"L'ignorant a des ailes d'aigle et des yeux de chouette"

(©George Herbert - Extrait de Jacula Prudentum).

Ben là pour le coup, Giraud lui a préféré des yeux de chat !

Photographie d'aigle extraite du National Geographic. Photographie d'aigle extraite du National Geographic.
Photographies extraites du National Geographic.

National Geographic selon Jean Giraud. National Geographic selon Jean Giraud.
Les yeux du chat de Mœbius et Jodorowsky (Planches 24 et 34).

Dans Les yeux du chat (Mœbius et Jodorowsky, Les humanoïdes associés) Jean Giraud alias Mœbius prend pour modèle des photographies d'aigles issues d'un numéro du magazine National Geographic.

(Si tu sais quel est le numéro du magazine, je suis preneur).

Introduction par Mœbius:

Le temps - Il y a dans cette histoire une espèce de temps un peu lyrique. On pourrait dire que le montage narratif d'une bande dessinée ressemble à l'emploi de la musique dans un film. C'est comme une partition dont les notes seraient des images. Et il est certain que pour répondre à cet aspect lyrique, déclamatoire, intemporel de l'histoire, j'ai usé d'artifices tels que l'alternance extrêmement régulière entre texte et image, au début.
L'univers - C'est une histoire assez hermétique mais, en même temps, elle donne à voir; elle montre un univers tout à fait fascinant. L'architecture est très soignée; je me suis efforcé de la représenter de manière crédible et monumentale. Du point de vue du style, chaque image possède une grande force ; je pense que c'est dû au fait que cette histoire correspond à une certaine bonne période de ma vie, durant laquelle j'étais précisément branché -architecture-! J'ai pu, en quelque sorte, excréter mon virus d'architecture rentré.
Le chat - J'ai toujours eu beaucoup de difficulté à dessiner les chats. Ici, à vrai dire, je n'ai même pas cherché à faire un chat anatomiquement exact. Au départ, je me suis documenté, et comme je possédais moi-même un chat, je l'ai pris comme modèle, mais ça n'a rien donné, ça ne marchait pas. Alors j'ai arrêté, et puis je me suis mis à dessiner un chat imaginaire, avec une certaine naïveté, mais en mettant beaucoup de soin à son exécution et surtout, sans avoir peur d'accentuer le côté étrange qui apparaissait. Bref, je vous ai fait le coup du chat égyptien, du chat hiératique. Là, c'était même le coup du chat-égyptien-hiératique-qui-marche !
L'absent - Le moteur de tout cela, c'était l'amusement, le jeu, un jeu à l'état pur; sans préoccupation commerciale d'aucune sorte. Tout reposait sur la communication avec un lecteur imaginaire, ou plutôt, avec un lecteur à la fois présent et absent, en même temps là et pas là. La présence de ce lecteur étant ressentie d'une manière beaucoup plus forte que s'il avait été vraiment là.
L'émerveillement - En dessinant, je me sentais en train de dialoguer avec le lecteur ; je me sentais en train de lui dire: "Tiens, regarde! Regarde ça! Regarde cal... Et puis regarde là ! Là ! La !... (Rires). Et puis, lui, je le voyais en train de se marrer ; de se marrer et puis de dire : "Non ? Il ne va pas le f... ? Il l'a fait !".
Aujourd'hui, il m'arrive encore de m'accorder cette liberté de jeu.

 

Pour avoir plus d'informations sur ce célèbre magazine est en voir une autre adaptation, va faire un tour »ici« où j'ai déjà traité le sujet.

Oxmo Puccino: "L'exception confirme l'aigle, alors j'ai pris mon envol ♪".

Publié par Chelmi à 08:00am
Avec les catégories : #reference , #bd-franco-belge , #photographie

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