Articles avec #politique catégorie

14 Décembre 2014

Citizen Hearst

"Sortir un journal sans promotion, c'est comme faire un clin d'œil à une fille dans le noir. Bien intentionnés, mais inefficaces".

Caricature de William Randolph Hearst (Laurent Verron).

Dans Odilon Verjus - Tome 6 - "Vade Retro Hollywood !" (Verron et Yann, Le Lombard) Laurent Verron caricature William Randolph Hearst et lui fait jouer son propre rôle de magnat de la presse écrite.
(L'image est tirée de la planche 28, case 11).

 

William Randolph Hearst (1863-1951) était un homme d'affaires américain, magnat de la presse écrite. Son père, sénateur de Californie, est un industriel multimillionnaire dans le secteur minier, et sa mère est institutrice. A l'âge de dix ans, William fait le tour de l'Europe avec sa mère. Il entre à l'école St. Paul's dans le New Hampshire, à l'âge de seize ans. Entre 1882 et 1885, William étudie à l'Université Harvard, mais il est expulsé pour avoir envoyé des pots de chambre contenant la photo du destinataire à des membres de l'institution.

Il prend la tête du quotidien San Francisco Examiner, que son père reçoit en guise de paiement pour une dette de jeu. Hearst donne au journal le surnom de -Monarch of the Dailies-, acquiert le meilleur matériel disponible et recrute des journalistes talentueux. Le journal publie des révélations d'affaires de corruption et des articles sensationnalistes.

Patron de presse avisé, il crée en 1895 à New York le Journal, premier quotidien américain à un cent et devint propriétaire d'une chaîne de journaux à sensation de tendances conservatrice et isolationniste.

Hearst est membre de la Chambre des représentants entre 1903 et 1907, mais est battu aux élections de la mairie de New York en 1905 et 1909, et au poste de gouverneur de l'Etat en 1906.

Orson Welles représente la vie de Hearst dans un portrait à peine voilé dans son film épique Citizen Kane. Hearst est au courant de la production du film et met tout en œuvre pour le stopper, en partie parce qu'il considère que le film est insultant vis-à-vis de Marion Davies, représentée dans la fiction comme une chanteuse ivrogne et sans talent. Welles et son studio de production résistent à la pression, mais le conflit nuit à la sortie du film, causant de piètres résultats au box-office, et met en péril la carrière de Welles. Toutefois, les efforts de Hearst se révèlent inutiles à long terme puisque, après sa mort, la popularité de Citizen Kane augmente au point que le film est souvent considéré comme un des plus grands films de tous les temps, et qu'il est devenu indissociable de la vie de Hearst.

PS: Le 19 novembre 1924, le producteur de cinéma muet Thomas Harper Ince meurt d'un infarctus du myocarde alors qu'il participe à une croisière avec Hearst, et plusieurs autres personnalités notables d'Hollywood. Des rumeurs selon lesquelles Hearst aurait tiré sur Ince et utilisé son influence pour couvrir l'affaire circulent à l'époque. Le film Un parfum de meurtre, sorti en 2001, raconte une histoire inspirée par ces rumeurs. Toutefois, la théorie voulant que Hearst ait tué Ince est généralement jugée très improbable.

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4 Novembre 2014

The British Bulldog

"Le vice inhérent au capitalisme consiste en une répartition inégale des richesses. La vertu inhérente au socialisme consiste en une égale répartition de la misère".

Caricature de Winston Churchill (Yves Ferri).

Dans De Gaulle à la plage (Ferri, Dargaud) Jean-Yves Ferri croque Winston Churchill, et lui fait jouer son propre rôle d'homme d'état anglais, croisant le général De Gaulle durant ses vacances le temps de quelques strips.
(L'image est tirée de la page 23, case 7).

 

Winston Churchill (1874-1965) était un homme politique anglais. D'origine aristocratique, il entame une carrière politique en 1900. D'abord député conservateur puis libéral, plusieurs fois ministre de 1906 à 1929, il est élu aux communes en 1924.

Dans les années 1930, il multiplie les avertissements contre l'Allemagne hitlérienne. Premier ministre de l'Angleterre en 1940, il incarne la résistance face au nazisme. Véritable chef de guerre fermement décidé à mener son pays à la victoire, il se rapproche des Etats-Unis et signe avec Roosevelt la Charte de l'Atlantique en août 1941. Il conclut également un accord avec Staline tout en restant vigilant à l'égard des communistes. Leader du Parti conservateur, il est l'un des protagonistes de la victoire alliée sur l'Axe.

Battu aux élections de 1945, il reste un personnage politique influent en dénonçant Le rideau de fer et l'expansionnisme soviétique. Réélu en 1951, il restera au pouvoir jusqu'en 1954 avant de se retirer de la vie politique. Prix Nobel de littérature en 1953, il meurt à Londres en 1965.

Winston Churchill:

"Je suis toujours prêt à apprendre, bien que je n'aime pas toujours qu'on me donne des leçons".

"C'est une belle chose d'être honnête, mais il est également important d'avoir raison".

"Pour s'améliorer, il faut changer. Donc, pour être parfait, il faut avoir changé souvent".

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9 Septembre 2014

Le général en strip et non en string !

"A Londres, j'étais comme un roc qui venait battre les vagues. Je me retrouve aujourd'hui dans la même situation mais, en face de moi, je n'ai plus que des vaguelettes".

Caricature de Charles De Gaulle (Jean-Yves Ferri).

Dans De Gaulle à la plage (Ferri, Dargaud) Jean-Yves Ferri caricature le général Charles De Gaulle, et lui fait jouer son propre rôle.
(L'image est tirée de la page 20, case 10).

Le pitch des stips de cette BD est simple: "Eté 1956: Lassé de l'ingratitude des Français et de la médiocrité de leurs dirigeants, le libérateur de la France décide de prendre quelques vacances bien mérité...".

Ferri nous replonge dans la France du milieu des années 50, De Gaulle s'est retiré de la vie politique pour rédiger ses Mémoires de guerre dans l'attente d'un retour en grâce. C'est dans ce contexte historique que l'auteur nous fait partager les vacances à la plage du Général et de son proche entourage. Les sketches alternent entre références historiques et gags absurdes. C'est vraiment très drôle et fin. Souvent ironique mais pas caustique. Moqueur mais tendre. Cet album ne voue pas une vénération à ce grand homme, mais disons plutôt une véritable affection, avec un scénario qui brille d'originalité dans un genre difficile, le -strip-, qui en est bien souvent dépourvu.

 

Pour avoir plus d'information sur De Gaulle est en voir une autre caricature, va faire un tour »ici« où j'ai déjà traité le sujet. ;-)

Rappelons le contexte de cet été 1956, à cette époque, le général est boudé par la classe politique métropolitaine, et il décide de faire un voyage Outremer, un tour du monde en 43 jours qui le conduit successivement en Guyane, Guadeloupe, Martinique, Polynésie, et Nouvelle-Calédonie. Il s'agit d'un voyage privé, en compagnie de Mme de Gaulle et de trois fidèles compagnons : le colonel de Bonneval, Jacques Foccart et Olivier Guichard. Un seul journaliste est autorisé à suivre de Gaulle : Jean Mauriac de l'Agence Française de Presse.

Alors en pleine traversée du désert, Charles de Gaulle est un homme seul, oublié des Français, isolé sur le plan politique, ignoré par la presse nationale et internationale. Ce sont les associations de Français Libres d'Outremer, ses compagnons de guerre, qui l'ont invité. Il est heureux de sortir de sa retraite de Colombey-les-deux-églises pour aller saluer les dissidents, les volontaires, ces jeunes hommes qui n'ont pas hésité, aux heures les plus sombres de la République, de le rejoindre pour combattre l'Allemagne nazie et libérer la France.

Pendant cette grande tournée, du 8 août au 18 septembre 1956, le Général de Gaulle est reçu comme un chef d'état par les autorités civiles et militaires. Mais ce qui frappe dans ce périple, c'est la liesse populaire. Les habitants se déplacent, souvent à pied et de loin, pour venir le voir et pour essayer de lui serrer la main. Des élus insistent pour qu'il s'arrête dans leur commune.

En 1956, c'était la première fois que De Gaulle se rendait dans ces territoires d'Outremer. Il y reviendra plus tard comme Président de la République et sa politique suscitera parfois de fortes oppositions suivies de répressions.

Charles de Gaulle: "Les choses capitales qui ont été dites à l'humanité ont toujours été des choses simples".

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19 Juin 2014

Bulot

"La nature dit toujours quelque chose".

Caricature de Nicolas Hulot (Simon Léturgie).

Dans Spoon & White - Tome 8 - "Neverland" (Léturgie Père et fils, Vents d'Ouest) Simon Léturgie (le fils) croque Nicolas Hulot et lui fait jouer le rôle de Bulot, un écolo végétarien, rescapé du crash du vol 815.
(L'image est tirée de la page 6, case 4).

 

Pour avoir plus d'informations sur la biographie de ce reporter et en voir une autre carricature, va faire un tour »ici« où j'ai déjà traité le sujet. ;-)

Nicolas Hulot: "La société dans laquelle on est, ressemble à une espèce d'avion de ligne, où tous les voyants seraient au rouge dans le cockpit, et qu'à l'arrière on continue, soit à boire le champagne, soit éventuellement à se quereller".

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20 Avril 2014

Hope bas mot !

Barack Obama: "Je veux vous [Shepard Fairey] remercier d'avoir utilisé votre talent au service de ma campagne. Vos messages politiques ont encouragé les Américains à croire qu'ils pouvaient changer le statu quo. Vos images ont un effet profond sur les gens, qu'elles soient vues dans une galerie ou sur un panneau indicateur. C'est un privilège pour moi d'avoir été l'objet de votre travail d'artiste et une fierté d'avoir eu votre soutien".

The Barack Obama Hope poster de Shepard Fairey.
The Barack Obama "Hope" poster de Fairey (2008).

The Barack Obama Hope poster selon David Hutchison.
President Evil #4 de Hutchison (Couverture).

Dans le comics book President Evil #4 - "Yes we cannibal" (Hutchison, Antarctic Press) David Hutchison pastiche l'affiche de propagande The Barack Obama "Hope" poster de Shepard Fairey sur la couverture de sa BD. Ici, le visage de Barack Obama est détourné à la sauce zombie.

Le slogan "Hope" est remplacé par "Yes we Cannibal" faisant bien sûr référence à la fameuse anaphore "Yes we can" prononcé en 2008 par le, alors, sénateur Obama dans son discours de défaite après la perte du New Hampshire dans la course à la primaire. Ce slogan "Oui, nous pouvons" a ensuite été repris de nombreuses fois lors de la campagne des primaires, puis présidentielle, et enfin en 2009 lors de du discours d'investiture du président Obama. Mais le vrai slogan de sa campagne présidentielle était "Change we can believe in" (=Nous pouvons croire au changement).

 

L'artiste de rue, Shepard Fairey, crée une série d'affiches en soutien à la candidature de Barack Obama à l'élection présidentielle de 2008. Cette sérigraphie du portrait de Barack Obama est constituée d'aplats de trois couleurs empruntées à la bannière étoilée: du bleu décliné en deux tons, du rouge et du blanc. Le rendu est Warholien, et l'image devient rapidement une icône. Shepard distribue à ses frais 300 000 autocollants et 500 000 affiches pendant la campagne, se finançant par la vente d'affiches et de dérivés.

Shepard Fairey: "Parfois, on croit que j'ai été engagé par son équipe de campagne, mais non. Je l'ai fait parce que j'ai trois filles, que je fais de mon mieux pour leur donner une vie décente. Obama était simplement celui qui me semblait le mieux défendre mes valeurs".

A l'origine le slogan sur le poster est "Progess" (=Progrès) mais suite au succès et à l'impact grandissant de cette propagande sauvage, l'équipe de campagne d'Obama contacte l'illustrateur freelance, et lui demande si il veut bien remplacer son texte par "Hope" (=Espoir), message plus en phase avec celui de la campagne d'Obama. Fairey accepte et en imprime même d'autres séries avec "Change" (=Changement), et "Vote".

Shepard Fairey: "J'ai créé le premier, le portrait Hope, la deuxième semaine de janvier 2008 et dans les deux semaines suivantes, j'ai réalisé que cela avait un impact, car c'était partout sur Internet. J'en avais fait des affiches que j'avais accrochées dans Los Angeles et j'en ai distribué plusieurs milliers à un meeting mené par Oprah Winfrey. Et je les ai retrouvées sur les sites d'informations, les blogs, les pages Facebook et Myspace des gens... Pour moi, cela vient de deux choses: premièrement, il n'y avait pas d'image iconographique d'Obama et les supporters veulent avoir un symbole qui puisse être représentatif tout en ayant un caractère humain. Le logo d'Obama était un bon logo mais cela ne touchait pas les gens comme un portrait peut le faire. Comme aucun portrait n'existait, cela satisfaisait un besoin. Deuxièmement, avec mon statut d'artiste urbain et le fait que je me sois prononcé publiquement contre la guerre en Irak et contre la politique de George W. Bush, cela a pu faire comprendre qu'il y avait une dimension de plus que l'image elle-même".

Photographie de George Clooney et Barack Obama par Mannie Garcia pour Associated Press.
Photographie de Clooney et Obama par Garcia pour Associated Press (2006).

La photographie à l'origine du travail de Fairey, est un cliché datant du 27 avril 2006, de Mannie Garcia, photographe indépendant. Garcia, travaillant ce jour là en freelance pour le compte d'Associated Press, doit photographier George Clooney, de retour de visite des camps de réfugiés au Darfour. Obama, alors sénateur de l'Illinois, accompagne l'acteur à la conférence de presse et il se retrouve ainsi sur plusieurs clichés du photographe. Plus d'un an après, cette photo attire l'attention de Shepard Fairey alors qu'il cherche sur Google un portrait d'Obama pour réaliser son fameux poster. L'affichiste a d'ailleurs, par la suite, été ennuyé par l'agence de presse AP détenteur des droits d'auteur de ce cliché, mais les deux parties ont fini par s'entendre à l'amiable.

En janvier 2009, l'US National Portrait Gallery achète l'image originale Hope pour sa collection permanente.

PS: Time Magazine a commandé à Fairey le portrait d'Obama utilisé en couverture du numéro consacré à la personnalité de l'année 2008. Cette nouvelle image a aussi été utilisée en couverture du numéro de février 2009 d'Esquire Magazine. GQ Magazine a désigné Fairey parmi ses hommes de l'année, pour l'influence qu'il a eue sur l'élection.

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23 Mars 2014

Le Mr Bean espagnol

"Les Espagnols ont toujours montré une grande maturité et beaucoup de bon sens quand il s'agit de voter".

Caricature de José Luis Rodríguez Zapatero (Salvador Larroca).

Dans le comics book Invincible Iron Man #8 - "World's most wanted - Part 1" (Larroca et Fraction, Marvel) Salvador Larroca croque José Luis Rodríguez Zapatero, et lui donne le rôle de Norman Osborn.
(L'image est tirée de la planche 18, case 8).

En fait le Norman Osborn de Larroca est très changeant d'une planche à l'autre, il passe par tous les stades entre une espèce de faux Tommy Lee Jones raté à Zapatero.

 

José Luis Rodríguez Zapatero (1960) est un homme politique espagnol. Membre du Parti socialiste ouvrier espagnol, il est élu député de la province de León en 1986 et entre à la direction du parti en 1997. Trois ans plus tard, à la suite de la défaite aux élections générales, il devient Secrétaire général du parti et le conduit à la victoire aux élections générales de 2004, puis de 2008.

Il annonce, en avril 2011, sa volonté de ne pas être candidat à un troisième mandat, puis convoque des élections générales anticipées le 20 novembre. Le scrutin étant remporté par le Parti populaire, il cède le pouvoir, un mois plus tard, à Mariano Rajoy.

José Luis Rodríguez Zapatero: "Vous ne pouvez pas bombarder un peuple juste au cas où".

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7 Décembre 2013

Mal embouffé !

"Globalisons les luttes pour globaliser l'espoir !".

Caricature de José Bové (Laurent Verron).

Dans Odilon Verjus - Tome 5 - "Breiz Atao" (Verron et Yann, Le Lombard) Laurent Verron croque José Bové, et lui fait jouer un des invités du bal costumé organisé par Soizik. Il est déguisé en gaulois et il se moque du cousin de l'hôtesse de la soirée, l'anglo-saxon Mac Donald déguisé en clown qui a des problèmes gastrique. ^^
(L'image est tirée de la page 34, case 5).

 

Pour en savoir un peu plus sur cette personnalité et en voir une autre caricature, va faire un tour »ici« où j'ai déjà évoqué le sujet. ;-)

José Bové: "Si l'on ne construit pas un monde de partage des richesses, c'est un monde de conflits multilatéraux qui nous attend".

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20 Octobre 2013

Mongénéral

"La guerre, c'est comme la chasse, sauf qu'à la guerre les lapins tirent".

Caricature de Charles de Gaulle (Laurent Verron).

Dans Odilon Verjus - Tome 5 - "Breiz Atao" (Verron et Yann, Le Lombard) Laurent Verron croque Charles de Gaulle, et lui fait jouer d'un de ces aïeuls breton, l'archidruide Charlez A Vro C'Hall, "célèbre pour son appel à un renouveau de la culture bretonne [... et] à la langue celtique". ^^
(L'image est tirée de la page 19, case 7).

Il est aussi dit à la fin de l'album que "des années plus tard, son petit neveu Charles récupéra l'idée de l'appel et sut habilement l'exploiter un certain 18 juin 1940". ^^

 

Charles de Gaulle (1890-1970) était un militaire et un homme politique français. Issu d'un milieu traditionaliste et catholique, Charles est admis à Saint-Cyr, puis débute sa carrière militaire sous les ordres de Pétain. Blessé durant la Première Guerre, il est envoyé en Pologne, en Allemagne, et au Liban.

La Seconde Guerre éclate: Sous-secrétaire à la Défense nationale dans le gouvernement Raynaud, il s'oppose à l'armistice et rejoint Londres. De là, il lance le fameux appel du 18 juin 1940 en faveur de la poursuite de la lutte armée, et organise la Résistance. Paris fête son retour en août 1944. Il forme alors un gouvernement provisoire, dont il démissionne deux ans plus tard.

Commence une -traversée du désert-, qui s'interrompt lorsque René Coty le rappelle au pouvoir en 1958, en pleine Guerre d'Algérie. Président du Conseil disposant des -pleins pouvoirs-, il fait approuver la nouvelle constitution et est élu premier Président de la Ve République en décembre.

Durant les négociations des Accords d'Evian, il échappe à un attentat de l'OAS. Réélu en 1965, son pouvoir est affaibli par la Crise de Mai 68. L'échec du référendum sur la réforme du Sénat le décide à se retirer du jeu politique un an après.

Charles de Gaulle: "Délibérer est le fait de plusieurs. Agir est le fait d'un seul".

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13 Juin 2013

Que Nenni

"Le vrai politique, c’est celui qui sait garder son idéal tout en perdant ses illusions".

Dans Pin-Up - Tome 6 - "Gladys" (Berthet et Yann, Dargaud) Philippe Berthet croque John Fitzgerald Kennedy et lui fait jouer son propre rôle de président des Etats-Unis d'Amérique.
(L'image est tirée de la planche 38, case 2).

 

Pour avoir un plus de détails sur cet homme pilitique et en voir une autre caricature, va faire un tour »ici« où j'ai déjà brièvement traité le sujet. ;-)

Le 22 novembre 1977, le Concorde, premier avion civil supersonique, réussit son premier voyage entre les aéroports Paris-Charles-de-Gaulle et JFK de New York. Cette date est aussi l'anniversaire de la naissance des deux anciens chefs d'Etat français et américain disparus aujourd'hui.

John F. Kennedy: "Trop souvent nous nous contentons du confort de l’opinion sans faire l’effort de penser".

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26 Avril 2013

Вильгельм Генрихович Фишер

Quand la réalité dépasse de loin, la fiction...

Caricature de William Fischer (Philippe Berthet).

Dans le second cycle de la série Pin-Up (Berthet et Yann, Dargaud) Philippe Berthet croque William Fischer et lui fait jouer son propre rôle d'espion russe infiltré aux Etats-Unis. Dans la BD, les auteurs le nomme Rudolf Abel qui est dans la réalité une fausse identité usurpée à un des ces collègues mort, mais Berthet et Yann n'en font pas mention car ça compliquerait trop l'intrigue.
(L'image est tirée du Tome 6, planche 40, case 7).

Dans cette fiction et dans la réalité William Fischer alias Rudolf Abel sert de monnaie d'échange aux Etats-Unis pour libérer le pilote américain Gary Powers alias le mari de Dottie. Echange qui clôture le second cycle de cette excellente série.

 

William Guenrikhowitsch Fischer (1903-1971) a été le chef d'un réseau clandestin d'espions soviétiques aux États-Unis sous les noms de code Frank puis Marc, ainsi que sous les identités usurpées d'Andrew Kayotis, de Martin Collins et d'Emil Robert Goldfus. Lors de son arrestation par le FBI et de son procès aux Etats-Unis en 1957, Fischer a usurpé l'identité d'un autre collègue du KGB, le lieutenant-colonel Rudolf Ivanowitsch Abel mort en 1955, la gardant pour le restant de sa vie.

En effet, trahi par son opérateur radio Hayhanen, Fischer est arrêté en 1957 par le FBI. Durant son interrogatoire, après avoir essayé diverse tactique pour se disculper et échapper à la chaise électrique, il admet finalement être un ressortissant soviétique mais donne l'identité usurpée d'un autre collègue tchékiste, le lieutenant-colonel à la retraite Rudolf Abel, mort à Moscou en 1955. Les preuves contre Fischer/Abel ne sont pas directes et irréfutables. Certes, Hayhanen l'a dénoncé, mais la personnalité de ce témoin est trouble. Certes, le FBI a trouvé du matériel d'espionnage dans son studio, mais ne l'a jamais pris en flagrant délit d'espionnage, ni arrêté ses contacts, ni trouvé ses sources secrètes. Finalement, Fischer/Abel est condamné à 30 ans de prison et échappe à la peine de mort.

Le 10 février 1962 Fischer/Abel est échangé sur le pont de Glienicke, à la frontière entre Potsdam et Berlin-Ouest, contre un agent de la CIA, le capitaine Francis Gary Powers, pilote américain abattu au-dessus du territoire de l'URSS en 1960. Cet échange a fait connaître dans le monde entier l'identité de Rudolf Abel usurpée par le colonel du KGB William Fischer qui, de son côté, est resté dans l'anonymat total pendant des décennies encore.

Après un très court séjour en RDA, William Fischer est parti en URSS pour y passer le reste de sa vie. L'ironie du sort a voulu que jusqu'à la fin de sa vie, William Fischer soit connu uniquement sous le nom usurpé de Rudolf Abel. En 1990 un timbre soviétique commémoratif est émis où le portrait de Fischer figure encore sous le nom de Rudolf Abel. Même actuellement il est toujours classé par le SVR sous cette fausse identité. La gloire, même amère, n'a jamais vraiment rattrapé William Fischer et est allée pour toujours à Rudolf Abel. Même sur la tombe de William Fischer au cimetière du monastère Donskoï à Moscou est inscrit également le nom usurpé de Rudolf Abel, faisant croire que les deux sont enterrés ensemble.

PS: On dit que les agents du contre-espionnage du KGB se relevaient pendant les derniers mois près du lit de Fischer mourant du cancer dans l'espoir d'entendre une confession éventuelle de son recrutement comme agent double par le FBI entre 1957 et 1962. Sa fille Evelyn a rapporté que les derniers mots du colonel du KGB William Fischer étaient en anglais: "N'oublie pas que nous sommes des Allemands avant tout…", l'Allemagne étant le pays d'origine du vrai Abel.

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