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24 Juillet 2011

La mère de l'anthropologie féministe

"La connaissance d'une autre culture devrait accroître notre capacité à évaluer plus précisément, à apprécier plus tendrement la nôtre".

Caricature de Margaret Mead (Laurent Verron).

Dans Odilon Verjus - Tome 1 - "Papous" (Verron et Yann, Le Lombard) Laurent Verron croque Margaret Mead, et lui fait jouer son propre rôle d'ethnologue au caractère bien affirmé, faisant des recherches en Nouvelle Guinée.
(L'image est tirée de la page 30, case 7).

 

Margaret Mead (1901-1978) est une anthropologue américaine. Fille d'une sociologue et d'un professeur d'économie, elle reçoit une éducation entièrement tournée vers les autres. Elle fait ses études à l'université de Colombia. En 1925, Margaret part en Samoa pour faire une étude sur le terrain. Sa recherche anthropologique est basée sur l'étude et l'interrogation de 50 filles, et son livre Coming of age in Samoa est un best-seller.

Elle part ensuite pour la Nouvelle Guinée afin d'étudier la façon divergente dont d'autres cultures donnent corps aux différences biologiques des sexes. Avec cette recherche et dans le livre Sex and Temperament in Three Primitive Societies, elle prouve que ce qui chez nous est considéré comme typiquement masculin ou féminin, ne l'est pas du tout dans d'autres cultures. Plus tard on l'appellera la -mère de l'anthropologie féministe-, parce qu'elle est une des premières anthropologues féminines à s'intéresser à la position d'infériorité des femmes et de certains groupes ethniques en Amérique.

Son fort tempérament, lui vaut quelques mariages suivit de divorces. A partir de 1955 jusqu'à la fin de sa vie, elle habite avec une consœur. En 1974 elle écrit que la société idéale est homosexuel pendant sa jeunesse et pendant sa vieillesse, mais hétérosexuel au milieu de sa vie.

Mead est une bosseuse et sa devise est -Be lazy, go crazy-. Pendant son travail sur le terrain qu'elle continue à faire régulièrement, elle attrape une fièvre paludéenne dont elle souffrira le reste de sa vie. Cela ne l'empêche pas d'exercer les fonctions de conservatrice au Musée Américain d'Histoire Naturelle et de professeur a la Columbia University. Le matin elle se lève à 5 heures et écrit 3000 mots avant de partir travailler. En plus elle participe à des conférences, elle est présidente de plusieurs organisations scientifiques, et est invitée pour des débats où elle défend vigoureusement ses points de vue. Au début des années 70, la très corporatiste Fédération américaine des artistes de l'audiovisuel la somme: "Vos passages à la télévision deviennent si fréquents que vous devez adhérer à notre syndicat". Elle s'acquitte de la cotisation, reconnaissant ainsi sa qualité de professionnelle du petit écran.

Quand elle meurt le 15 novembre 1978 d'un cancer du pancréas, son œuvre consiste en 39 livres, 1397 articles, 43 morceaux filmés ou enregistrés et 15 études sur le terrain. Il est possible d'introduire l'œuvre de Margaret Mead en affirmant que nul anthropologue n'a exercé autant d'influence sur sa société d'origine, qu'aucune anthropologue n'a suscité autant de polémiques. Les deux phénomènes étant probablement liés. Ses débuts sur le terrain furent marqués par cette volonté particulière d'interroger une autre culture afin de répondre à des questions intrinsèques à la société américaine. Et cette confrontation entre mondes différents s'est poursuivie tout au long de sa vie, s'accentuant à mesure que l'expérience lui permettait d'accumuler des connaissances sur des sociétés de plus en plus nombreuses et diversifiées, à des périodes distinctes et dans des contextes historiques et politiques contrastés.

Margaret Mead: "Les femmes veulent des hommes médiocres et les hommes s'efforcent de l'être le plus possible".

Publié par Chelmi à 07:00am - Voir les commentaires ()
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5 Janvier 2009

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"Les OVNI sont des hallucinations collectives provoquées par des extraterrestres". ^^

Caricature de Jacques Bergier (Franquin).

Dans Les aventures de Spirou et Fantasio - Tome 13 - "Le voyageur du Mésozoïque" (Franquin, Dupuis) Franquin s'inspire de Jacques Bergier pour le rôle du savant atomiste Sprtschk.
(L'image est tirée de la planche 5, case 5).

J'imagine qu'en l'affublant du nom imprononçable de Sprtschk, l'auteur fait référence à son accent dut aux origines Ukrainienne de Bergier.

Dans toutes les cases où il apparaît, le savant est plongé dans ses formules mathématiques. Formules, qui, au passage, s'avèrent être de véritables formules de physique nucléaire telle qu'on les concevait à l'époque, c'est-à-dire dans les années 50. Les seuls mots de Sprtschk durant tout l'album sont: "J'ai trouvé ! C'est effroyable ! Ha ! Ha ! Ha !" Juste avant de se faire bouffer par erreur par le dinosaure du Mésozoïque. Ses collègues scientifiques ne sont pas vraiment attristés de sa disparition sachant que ce dernier mettait au point une super bombe à l'hydrogène.

La petite histoire dans l'histoire qui met le doigt sur le côté engagé de Franquin vis-à-vis de la bombe H et de la recherche militaire en général. Sujet encore plus attaqués dans sa BD Idées noires parue aux éditions Fluide Glacial.

 

Pour lire la biographie de Jacques Bergier et découvrir une autre caricature du scientifique, rends-toi »ici« où j'ai déjà traité le sujet.

Jacques Bergier: "Les Chinois ne pourront jamais avoir la bombe H, parce qu'ils n'ont pas le même alphabet que nous." Ah ouais logique !! ^^

Publié par Chelmi à 09:00am - Voir les commentaires ()
Avec les catégories : #caricature , #bd-franco-belge , #scientifique , #litterature , #journalisme

15 Mai 2008

Amateur d'insolite et Scribe des Miracles

(Formule écrite au bas de son nom sur ses cartes de visites).

Caricature de Jacques Bergier (Hergé).

Dans Les aventures de Tintin - Tome 22 - "Vol 714 pour Sidney" (Hergé, Casterman) Hergé caricature Jacques Bergier et lui donne le rôle de Mik Ezdanitoff, écrivain de la revue Comète, mais aussi télépathe et agent de liaison avec les extraterrestres.
(L'image est tirée de la page 45, case 7).

En lui donnant ce rôle, Hergé fait référence: à son amour de la Science-Fiction (qui pour lui, n'etait pas seulement un loisir, mais une manière de penser et de comprendre le monde, une préfiguration de ce qui attendait l'humanité) ; mais aussi à ses croyance assez farfelues sur la divination, et les petits hommes verts entre autre (Dans Le Matin des magiciens et dans la plupart de ses autres ouvrages, Bergier suppose l'existence d'extraterrestres. Il cite plusieurs phénomènes comme preuve de leur réalité, notamment la présence de traces de ventouses sur les montagnes). La revue "Comète" citée dans BD fait allusion au véritable magazine Planète dans il est le créateur. Son nom dans l'album, -Ezdanitoff-, est une expression contractée tirée du patois marollien -Is dat niet tof ?-, qui peut se traduire par -C'est pas beau ça ?-.

 

Jacques Bergier (1912-1978) était un ingénieur chimiste, alchimiste, espion, journaliste et écrivain franco/polonais d'origine Ukrainienne. De famille juive, c'est un enfant surdoué qui se signale très tôt (2 ans) par une capacité de lecture gargantuesque dans plusieurs langues (Il a lu de 4 à 10 livres par jours tout du long de sa vie). En 1920, la Russie connaît la guerre civile, la famille décide d'émigrer vers la Pologne puis la France. A Paris, il passe les baccalauréats section sciences et philo en 1930, et réussit le concours d'entrée à l'Institut de Chimie. Il s'inscrit en même temps à la Sorbonne pour divers certificats de mathématique et de chimie. Et il continue d'alimenter sa boulimie de lecture avec les plus grands noms du fantastique et de la SF américaines.

En 1936, un ami ingénieur chimiste, finance la mise sur pied de leur laboratoire où ils travaillent sur des produits pour le tissage. Parallèlement, Bergier s'intègre à l'équipe de chimie-physique d'Hellbronner pour des travaux de physique nucléaire. Il découvre l'utilisation de l'eau lourde pour le freinage des neutrons et réalise la première synthèse d'un élément radioactif naturel, le polonium.

Antinazie militant, il soutient le parti communiste allemand. Pendant la Seconde guerre mondiale, il transmettait également des rapports sur l'utilisation de l'énergie atomique aux gouvernements américains et français, ce qui l'engage progressivement au sein des services secrets alliés. Ses activités de résistant en France sont multiples: laboratoires clandestins pour la fabrication de bombes, d'émetteurs radio, de dispositifs d'écoute téléphonique, de fausses monnaies et faux papiers... Il fait éditer à Londres un Manuel du parfait saboteur, traduit en 38 langues. En 1944 il est déporter et subit de nombreuses tortures. Après la guerre, il reçoit les plus hautes distinctions militaires russes, anglaises, des américaines et des françaises.

Dans les premiers temps, il s'occupe d'organiser la DGER, de la poursuite des criminels de guerre, d'espionnage et de contre-espionnage, de la recherche de secrets militaires. Il demande à de Gaulle de créer le Commissariat à l'Energie Atomique.

Il dit avoir ramené deux pouvoirs paranormaux des camps. Le premier dont il se débarrassera rapidement est de pouvoir deviner de quoi les gens ont faim. Le second est de savoir avec certitude quand il est suivi (il jouit également d'un don olfaction exacerbée).

Bergier est également connu pour ses positions sur l'alchimie. Dans le milieu des années 50, il rencontre Louis Pauwels. Une grande amitié naît entre eux, ce qui conduit à la rédaction du fameux Matin des Magiciens, publié chez Gallimard en 1960. Dans la foulée de ce livre, Pauwels et Bergier lancent la revue Planète afin de combler l'attente des milliers de lecteurs.

Jacques Bergier meurt seul, pour la seconde fois, le 23 novembre 1978. Comme il l'avait dit lui-même, il était mort une première fois le 23 novembre 1943, jour de son arrestation à Lyon: "En voyant la Gestapo arriver, j'ai cru ma vie finie. Elle ne faisait en fait que débuter. Je devais sacrifier au rite du passage, mourir et renaître comme dans la légende. Telle l'âme nouvellement libérée qui commence son lent voyage à la rencontre du Visage juste, j'avais encore beaucoup à apprendre.".

PS: En 2002 a été créé le Prix Jacques Bergier qui récompense des ouvrages de science-fiction et de fantastique.

Publié par Chelmi à 08:00am - Voir les commentaires ()
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27 Mars 2008

De haut en bas !

"Si vous le dites, je veux bien l'accepter. Mais d'abord, dites-moi donc à quoi ça sert tous ces sacrés records du monde ?"

Caricature d'Auguste Piccard (Hergé).

Dans Les aventures de Tintin (Hergé, Casterman) Hergé s'inspire d'Auguste Piccard pour le personnage du professeur Tryphon Tournesol.
(L'image est tirée du Tome 23, page 13, case 8).

Outre la ressemblance physique, l'auteur fait aussi référence au Trieste, le submersible inventé par le professeur Piccard, avec le sous-marin en forme de requin créé par Tournesol dans "Le Trésor de Rackham le Rouge", album où le professeur fait sa première apparition. Je ne sais pas si c'est voulu, mais quand on découpe le prénom Tryphon, le -Try- rappelle le -Tri- de Trieste, et le -phon- sonne comme le fond (profondeur, fond marin). Et si Tournesol est sourd comme un pot, c'est peut être parce qu'il a les tympans flingués à force d'aller si profond. ^^

 

Auguste Piccard (1884-1962) était un physicien suisse. Etudiant les sciences naturelles à la faculté de Philosophie II de l'Université de Bâle. Il y publie en 1904 son premier travail scientifique Nouveaux essais sur la sensibilité géotropique des extrémités des racines. En 1910, ingénieur diplômé, il obtient son doctorat, à la veille de la Première Guerre mondiale.

Nommé professeur de physique en 1922 à la Faculté des sciences appliquées de l'Ecole Polytechnique de Bruxelles, il réalise les premiers essais de vols stratosphériques en ballon libre. A cette occasion il est le premier à utiliser un aéronef pressurisé. Et le 27 mai 1931 à Augsbourg, il s'élève en ballon libre dans la stratosphère, et atteint l'altitude de 15781 mètres, qui est homologuée comme record du monde. A cette occasion, il est le premier à voir la courbure terrestre.

Il retourne en Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale, puis reprend son poste à Bruxelles. Dès 1945, il conçoit le premier vaisseau des profondeurs, le bathyscaphe et réalise la première descente en profondeur en 1948, au large de Dakar. En septembre 1953, avec son troisième bathyscaphe, le Trieste, piloté par son fils Jacques Piccard, il bat le premier record de plongée en profondeur : 3150 mètres, au large de l'Italie.

Le Trieste est un petit sous-marin sous lequel se trouve fixée une sphère détachable, en acier très épais, de 2 mètres de diamètre, munie d'un hublot et de deux projecteurs: le bathyscaphe, alimenté par batteries.

Avec le même submersible, à la demande de la marine américaine, le 22 janvier 1960, au large des Iles Mariannes du pacifique, accompagné de son fils et du lieutenant Don Walsh, il établie un record de plongée imbattable, puisque la fosse Challenger est la plus profonde sur terre, environ 11000 mètres.

A noter aussi qu'il est le découvreur de l'uranium 237.

En 1954, Auguste Piccard s'installe à Chexbres, où il s'éteint en 1962.

PS: Son fils Jacques, océanographe, a collaboré à ses recherches et ses records dans le domaine de la plongée, et son petit fils Bertrand, aéronaute, détient plusieurs records en ballon. Une sacré dynastie de -savanturiers-.

Publié par Chelmi à 09:00am - Voir les commentaires ()
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