The Gen13 Bunch
07 oct. 2026Je ne suis pas un moucharde; je raconte les choses telles qu'elles sont.
Cindy Brady interprétée par Susan Olsen | The Brady Bunch
Plan du générique de la série The Brady Bunch créée par Sherwood Schwartz (1969-1974).
Gen 13 #1 de J. Scott Campbell, Joe Benitez et Brandon Choi (Couverture bis).
Dans le comic book Gen 13 #1 - "Among Friends and Enemies" (Campbell, Benitez et Choi • Image Comics) J. Scott Campbell parodie le générique de la série The Brady Bunch créée par Sherwood Schwartz sur une des couvertures alternatives de la BD. Ici, les membres de la famille Brady: Marcia Brady (Maureen McCormick), Carol Brady (Florence Henderson), Greg Brady (Barry Williams), Jan Brady (Eve Plumb), Peterson 'Peter' Brady (Christopher Knight), Cynthia 'Cindy' Brady (Susan Olsen), Mike Brady (Robert Reed) et Bobby Brady (Mike Lookinland) sont remplacés par Caitlin Fairchild, Robert Lane alias Burnout, Sarah Rainmaker, Anna, Percival Edmund Chang alias Grunge, Roxanne Spaulding alias Freefall, John Lynch et Queelocke.
Si vous avez déjà vu un écran divisé en neuf cases où des visages souriants se regardent de haut en bas et de gauche à droite, vous connaissez déjà, sans doute sans le savoir, la signature visuelle de The Brady Bunch. Véritable monument de la pop culture américaine, cette sitcom créée par Sherwood Schwartz a marqué l'histoire de la télévision d'une empreinte indélébile. Diffusée pour la toute première fois le 26 septembre 1969 aux Etats-Unis sur le réseau ABC, la série s'est définitivement arrêtée le 8 mars 1974, après cinq saisons et un total de cent dix-sept épisodes.
L'histoire commence en 1966 lorsque le producteur Sherwood Schwartz tombe sur une brève statistique dans le Los Angeles Times indiquant que près de 30% des mariages aux Etats-Unis incluent des enfants issus d'un précédent mariage. Flairant le sujet de société parfait, il commence à développer un concept centré sur une famille recomposée élargie. Bien que les chaînes de télévision se montrent initialement frileuses face à cette idée, le carton au box-office du film Yours, Mine and Ours avec Lucille Ball et Henry Fonda en 1968 achève de convaincre ABC de donner son feu vert au projet. C'est ainsi que naît l'histoire de Mike Brady, un architecte veuf et père de trois garçons, qui décide d'unir sa vie à celle de Carol Martin, une mère célibataire élevant trois filles. Accompagnés de leur fidèle gouvernante Alice et de leur chien Tiger, cette joyeuse troupe s'installe dans une immense maison de banlieue conçue par Mike lui-même, posant ainsi les bases d'un quotidien rythmé par les disputes de salle de bains et les réconciliations morales à la fin de chaque demi-heure de programme.
Le processus de casting a donné lieu à des choix qui auraient pu radicalement changer le visage de la télévision. Pour le rôle du patriarche Mike Brady, Sherwood Schwartz voulait absolument un acteur de théâtre alors peu connu du grand public nommé Gene Hackman. Cependant, les dirigeants d'ABC ont opposé un veto catégorique, estimant que Hackman manquait de notoriété pour porter une sitcom de premier plan. Ils lui ont préféré Robert Reed, une valeur sûre du réseau grâce à son rôle précédent dans le drame judiciaire The Defenders. Ce choix s'est avéré à double tranchant, puisque Robert Reed passera cinq ans à détester la pauvreté intellectuelle des scripts de la série. Du côté de la matriarche, le rôle de Carol a failli revenir à l'actrice Joyce Bulifant, avant que la production ne jette son dévolu sur Florence Henderson, dont l'alchimie avec les enfants et le sérieux apportaient une stabilité essentielle au programme. Enfin, pour incarner l'incontournable Alice, la production a recruté Ann B. Davis, une actrice comique déjà doublement récompensée aux Emmy Awards, qui a su insuffler une dose indispensable d'autodérision et de dynamisme à cette cellule familiale très policée.
Sur le plan visuel, The Brady Bunch est un pur produit de la transition esthétique entre la fin des années soixante et le début des années soixante-dix. La mise en scène, bien que classique pour une sitcom multicaméras de l'époque, se distingue par son utilisation révolutionnaire du split-screen lors du générique d'ouverture. Conçu par Howard Anderson Jr., ce célèbre quadrillage permet de présenter visuellement l'union des deux familles et reste aujourd'hui l'un des génériques les plus parodiés de l'histoire des médias. La photographie de la série abuse volontairement de couleurs saturées, mettant en valeur des intérieurs orange et marron typiques de la décennie. Au milieu de ce décor acidulé, la direction des acteurs oscille constamment entre le jeu cartoon très expressif des enfants et la retenue presque théâtrale de Robert Reed. Ce décalage crée une tension permanente à l'écran, où l'on sent parfois que le père de famille se demande sincèrement ce qu'il fait au milieu de cette joyeuse pagaille pastorale.
Impossible d'évoquer la série sans parler de sa bande originale. La chanson du générique, coécrite par Sherwood Schwartz et le compositeur Frank De Vol, explique de manière extrêmement pédagogique et efficace le concept même de l'émission. Lors de la première saison, ce thème entraînant est interprété par un groupe de studio professionnel. Cependant, face à la popularité grandissante des jeunes acteurs, la production décide à partir de la deuxième saison de faire chanter le générique par les enfants de la famille eux-mêmes. Cette initiative transforme la fratrie fictive en un véritable groupe pop dans la vraie vie. Les enfants Brady enregistrent plusieurs albums sous l'égide de Paramount, partent en tournée à travers le pays et participent même à des émissions de variétés, brouillant ainsi définitivement la frontière entre la fiction réconfortante de la télévision et la réalité de l'industrie musicale des années soixante-dix.
A sa sortie, The Brady Bunch n'a absolument pas séduit la critique, qui reprochait à la série son ton excessivement mielleux, son optimisme béat et son détachement total face aux bouleversements politiques de l'époque, comme la guerre du Vietnam ou les mouvements pour les droits civiques. De plus, durant sa diffusion initiale, le programme n'a jamais réussi à intégrer le top trente des meilleures audiences américaines. Le véritable miracle s'est produit après l'annulation de la série grâce à la syndication, c'est-à-dire la rediffusion quotidienne des épisodes sur les chaînes locales en fin d'après-midi. C'est à ce moment-là qu'une génération entière d'enfants rentrant de l'école a adopté les Brady comme sa propre famille d'adoption. Ce succès tardif mais colossal a engendré de multiples téléfilms de réunion, des séries dérivées, et même des adaptations satiriques mémorables au cinéma dans les années quatre-vingt-dix.
##003221##- "Cher journal, je l'ai enfin rencontré, l'homme de mes rêves, c'était à l'épicerie fine et nous avons eu des picotements quand nous avons pris la même salade de pommes de terre".
- Je n'ai jamais écrit quelque chose de ridicule comme ça dans mon journal !Greg Brady (Barry Williams) et Marcia Brady (Maureen McCormick) | The Brady Bunch