Tuez-les tous, que Dieu fasse le tri.

Sarge interprété par Dwayne Johnson | Doom

Illustration de Don Ivan Punchatz pour la pochette du jeu vidéo Doom (1993).
Illustration de Don Ivan Punchatz pour la pochette du jeu vidéo Doom d'id Software (1993).

Doom selon Franck Uzan.
Planet Death #1 de Giorello, Venditti et Kolstad (Couverture bis de Franck Uzan).

Dans le comic book Planet Death #1 (Giorello, Venditti et Kolstad • Bad Idea Comics) le cover artist Franck Uzan pastiche la jaquette du jeu video Doom (id Software) dessinée par Don Ivan Punchatz sur une des couvertures alternatives de la BD. Ici, le marine Doomguy est remplacé par le caporal Scott dans son armure.

 

Le 10 décembre 1993, le monde de l'informatique a basculé dans une nouvelle dimension, ou plutôt dans une version très pixélisée de l'Enfer. En débarquant sur les PC de l'époque, Doom n'a pas seulement bousculé les codes du jeu d'action, il a littéralement redéfini ce que signifiait "immersion". Près de trente ans plus tard, le titre d'id Software reste une référence absolue, prouvant qu'un bon fusil à pompe et une horde de démons sont des plaisirs universels et intemporels.

La genèse du projet est indissociable d'un petit groupe de génies un brin provocateurs basés au Texas. Après le succès de Wolfenstein 3D, l'équipe d'id Software cherchait à franchir une étape technique majeure. John Carmack, le cerveau de la bande, a développé un moteur capable de gérer des hauteurs de plafond variables, des jeux de lumière et des textures sur toutes les surfaces, une révolution pour l'époque. L'idée originale devait initialement s'inspirer du film Aliens, mais les créateurs ont préféré se tourner vers un mélange plus détonnant entre Evil Dead II et une esthétique heavy metal assumée. Le nom du jeu, lui, vient d'une réplique de Tom Cruise dans le film La Couleur de l'argent, où il sort une queue de billard d'une mallette en annonçant qu'elle contient du "Doom" (le destin ou la ruine).

Au cœur de cette révolution, on retrouve un quatuor de légendes. John Carmack s'occupait de la magie mathématique du code, tandis que John Romero insufflait au titre son énergie, son level design labyrinthique et son attitude "rock'n'roll". Adrian Carmack (sans lien de parenté avec John) et Kevin Cloud ont sculpté l'esthétique du jeu en utilisant des techniques artisanales étonnantes, comme la numérisation de modèles en argile ou de jouets pour enfants afin de créer les démons. Cette alchimie entre rigueur technique et créativité débridée a permis de donner naissance à une œuvre cohérente où chaque élément, du bruitage du Pinky Demon à la musique midifiée de Bobby Prince, servait une seule cause: l'adrénaline.

Le scénario de Doom tient sur un timbre-poste. Le joueur incarne un Marine spatial, envoyé en pénitence sur Mars suite à une insubordination. Les expériences de téléportation de l'Union Aerospace Corporation sur les lunes de Phobos et Deimos tournent mal, ouvrant un portail vers l'Enfer. Seul survivant face à une invasion démoniaque, notre héros doit traverser des installations high-tech dévastées avant de s'enfoncer dans les entrailles de la géhenne pour refermer la brèche à grands coups de BFG 9000.

L'un des éléments les plus iconiques du jeu est sans conteste sa pochette, une illustration qui a marqué l'imaginaire collectif. Elle est l'œuvre de Don Ivan Punchatz, un illustrateur de renom qui a su capturer l'essence même du "Doomguy" en pleine lutte désespérée contre les démons. Pour la petite histoire, lors de la séance photo servant de référence pour l'illustration, John Romero lui-même a dû tomber la chemise et poser en tant que modèle pour le Marine, car le modèle professionnel recruté ne parvenait pas à trouver la pose de combat assez agressive. C'est donc le corps du créateur du jeu que l'on voit sur cette image devenue légendaire, symbolisant parfaitement la sueur et la passion investies dans le projet.

A sa sortie, l'accueil critique a été dithyrambique, bien que teinté d'une certaine inquiétude face à la violence graphique du titre. Les critiques de l'époque ont immédiatement salué la fluidité du moteur et l'aspect viscéral des combats, tout en notant que le jeu allait probablement causer des pertes de productivité massives dans les entreprises du monde entier. Le jeu s'est répandu comme une traînée de poudre via le système du shareware, au point d'être installé sur plus de machines que le système d'exploitation Windows 95 à son lancement.

Au fil des années, Doom est passé du statut de simple hit à celui de religion numérique. Son influence sur le genre du FPS (First Person Shooter) est incalculable, ayant imposé des standards de navigation et de rythme que l'on retrouve encore aujourd'hui.

Sois sobre, sois vigilant, car ton adversaire, le diable, rôde, cherchant qui dévorer.

Goat interprété par Ben Daniels | Doom

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