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Docteur Nietzsche interprété par Luigi Batzella | Le Massacre des vampires

Photographie du tournage du film Le Massacre des vampires de Roberto Mauri (1962). Le Massacre des vampires de Roberto Mauri (1962).
Le Massacre des vampires de Roberto Mauri (1962).

Le Massacre des vampires selon Leandro Biffi. Le Massacre des vampires selon Leandro Biffi.
Jacula - Tome 63 de Giolitti et Pederiali (Couverture de Leandro Biffi).

Dans le fumetti Jacula - Tome 63 - "Horreur sans fin" (Giolitti et Pederiali • Elvifrance) le cover artist Leandro Biffi parodie l'affiche du film Le Massacre des vampires de Roberto Mauri sur la couverture de la BD. Ici, le docteur Nietzsche interprété par Luigi Batzella est remplacé par Torlin Novak et Louise campée par Graziella Granata devient Jacula.

 

Si vous pensiez avoir tout vu en matière de capes noires et de châteaux embrumés, il est temps de vous pencher sur une curiosité sortie tout droit des studios italiens du début des années soixante. La Strage dei vampiri, ou Le Massacre des vampires en VF, débarque sur les écrans italiens le 6 février 1962. A cette époque, le cinéma gothique transalpin est en pleine ébullition, porté par le succès du Masque du Démon de Mario Bava. On cherche alors à reproduire la recette magique: une pincée d'érotisme suggéré, une louche de brouillard artificiel et beaucoup de grandiloquence.

La genèse du projet s'inscrit dans cette dynamique de production intensive. A l'origine, le film ne prétend pas révolutionner le genre mais plutôt surfer sur la vague des films de vampires qui cartonnent alors chez la Hammer en Angleterre. Le scénario, écrit par le réalisateur lui-même, nous transporte dans l'Autriche du XIXe siècle, où un mystérieux vampire s'invite à un bal et jette son dévolu sur la belle Louise. L'intrigue reste classique, presque archétypale, se concentrant sur la lutte désespérée d'un mari pour sauver sa femme de l'étreinte éternelle d'un non-mort un peu trop entreprenant.

Pour orchestrer cette danse macabre, Roberto Mauri, artisan touche-à-tout du cinéma de genre italien, qui n'a peut-être pas le génie visuel d'un Bava, mais qui possède un sens pratique certain. Côté casting, on mise sur une distribution internationale pour faciliter les ventes à l'exportation. On y retrouve l'acteur autrichien Walter Brandi, un habitué des rôles de victimes ou de héros tourmentés, et la charmante Graziella Granata. Le rôle du vampire est confié à Dieter Eppler, qui apporte une présence physique assez imposante, bien que son jeu puisse paraître aujourd'hui un brin rigide, voire caricatural.

Roberto Mauri livre une mise en scène honnête mais parfois inégale. La photographie en noir et blanc, signée Ugo Brunelli, est le véritable atout du film. Elle parvient à créer des ambiances nocturnes particulièrement réussies, jouant avec les ombres portées dans les couloirs du château. Cependant, la direction des acteurs souffre d'un mal récurrent dans le cinéma bis de l'époque: une tendance au surjeu théâtral. Les cris sont aigus, les regards sont fixes et les poses sont plastiques, ce qui confère au film un charme désuet mais indéniable pour les amateurs de nostalgie fantastique.

La musique du film mérite également que l'on s'y arrête. Composée par Aldo Piga, elle souligne chaque montée dramatique avec une insistance qui ne laisse aucune place au doute. Les cordes s'affolent dès qu'un vampire approche, participant activement à cette atmosphère de mélodrame horrifique. Le film est connu pour avoir dû composer avec un budget assez serré. On raconte que certains décors étaient recyclés d'autres productions de la même année, ce qui explique parfois cette impression de déjà-vu que peuvent ressentir les cinéphiles les plus aguerris.

L'accueil à la sortie du film en 1962 fut, sans grande surprise, assez tiède. Les critiques de l'époque y voyaient un sous-produit destiné aux salles de quartier, loin des ambitions artistiques du grand cinéma italien. Pourtant, avec le passage des années, Le Massacre des vampires a acquis un statut de film culte auprès des fans de fantastique. S'il n'a pas connu un succès commercial foudroyant à sa sortie, son influence se fait sentir dans la manière dont il a aidé à codifier le "gothique italien", mélangeant une certaine sensualité à l'horreur pure. Aujourd'hui, on le redécouvre avec plaisir pour sa poésie visuelle et pour cette naïveté touchante qui caractérisait un cinéma fait de bouts de ficelle mais avec une passion sincère.

Tu es si froid, tu me fais frissonner. Pourquoi es-tu venu ici ?

Louise interprétée par Graziella Granata | Le Massacre des vampires

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