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17 févr. 2026Il dit que la mort attend tous ceux qui perturbent le lieu de repos de Kah-to-Bey.
Sir Basil Walden interprété par André Morell |Dans les griffes de la Momie
Dans les griffes de la Momie de John Gilling (1967).
Jacula - Tome 3 de Giolitti et Pederiali (Couverture de Leandro Biffi).
Dans le fumetti Jacula - Tome 3 - "Le baiser de la Momie" (Giolitti et Pederiali • Elvifrance) le cover artist Leandro Biffi pastiche l'affiche du film Dans les griffes de la Momie de John Gilling sur la couverture de la BD. Ici, Claire de Sangre campée par Maggie Kimberly est remplacée par Jacula Velenska, la reine des vampires.
Le 18 juin 1967, alors que le monde s'apprête à vivre le "Summer of Love", les spectateurs britanniques s'enferment dans l'obscurité pour découvrir The Mummy's Shroud connu chez nous sous le titre Dans les griffes de la Momie. Troisième incursion du studio Hammer dans les bandelettes sacrées après le chef-d'œuvre de Terence Fisher en 1959, ce film marque un tournant. C'est la fin d'une époque, celle des tournages dans les mythiques studios de Bray, et le début d'une approche plus brutale, presque pré-slasher, du mythe de la malédiction égyptienne.
La genèse du projet s'inscrit dans une logique de production très "Hammer": rentabiliser les décors et les équipes. Le film a été tourné dans la foulée de Femme de Satan et Plus féroce que les mâles, utilisant souvent les mêmes plateaux de tournage. L'idée n'était pas de révolutionner le genre, mais de livrer une solide série B pour compléter des programmes doubles en salle. Le scénario, écrit par Anthony Hinds sous son pseudonyme habituel de John Elder, ne cherche pas l'originalité absolue. On y retrouve le canevas classique de l'expédition archéologique de 1920 qui réveille le gardien d'un tombeau royal, en l'occurrence celui du jeune prince Kah-to-Bey.
1920, à Mezzera, Egypte, un lieu entouré de mystère et de magie ancienne. Une expédition archéologique est sur le point de virer au carnage, elle doit faire face à une violence meurtrière à laquelle très peu vont échapper. L'archéologue Sir Basil Walden (André Morell) et son équipe sont en route pour retrouver la tombe perdue du pharaon Kah-to-Bey. Ayant ignoré les avertissements concernant une malédiction de mort, l'expédition découvre la sépulture du pharaon, avec des conséquences terribles. Un esprit vengeur a été libéré, et il a soif de chair et de vengeance...
AlloCiné | Dans les griffes de la Momie
Le choix du réalisateur s'est porté sur John Gilling, un artisan chevronné à qui l'on doit le magnifique L'Invasion des morts-vivants. Gilling n'était pas un homme facile sur un plateau, mais il avait un œil technique indéniable. Côté casting, on note l'absence de Christopher Lee ou Peter Cushing, les piliers du studio. A la place, nous avons droit à une troupe de solides acteurs de genre, dont André Morell dans le rôle de l'archéologue intègre et Maggie Kimberly. Le rôle de la créature est confié à l'imposant cascadeur Eddie Powell, qui apporte une dimension physique et menaçante à cette momie particulièrement hargneuse.
Sur le plan du style, la mise en scène de Gilling privilégie l'efficacité à la poésie. La photographie d'Arthur Grant, bien que moins flamboyante que les technicolors des débuts, utilise habilement les ombres pour masquer les limites du budget. On sent une volonté de durcir le ton: les meurtres sont plus graphiques que d'habitude. La direction d'acteurs est sobre, presque théâtrale, ce qui renforce le sentiment de fatalité qui pèse sur les personnages. La momie elle-même, avec son maquillage craquelé et ses yeux fixes, est visuellement très réussie, même si elle semble parfois un peu trop lente pour ses victimes.
La musique de Tristram Cary mérite une mention spéciale. Contrairement aux partitions grandiloquentes d'un James Bernard, Cary propose quelque chose de plus sec, de plus dissonant, qui colle parfaitement à l'ambiance poussiéreuse et étouffante du désert reconstitué en studio. Pour la petite histoire, le tournage ne fut pas de tout repos. Les acteurs devaient supporter une chaleur accablante sous les projecteurs, et Eddie Powell, coincé dans son costume de mousse et de latex, risquait la déshydratation à chaque prise. On raconte que l'ambiance était parfois tendue à cause du caractère volcanique de John Gilling, qui ne supportait pas le moindre retard.
A sa sortie, le film a reçu un accueil critique plutôt mitigé. Les journalistes de l'époque commençaient à se lasser de la formule Hammer et trouvaient que le sujet tournait en rond. Pourtant, le film a trouvé son public dans les salles de quartier. Avec le temps, la perception a changé. Les fans de la Hammer redécouvrent aujourd'hui ce film comme un témoignage précieux d'un artisanat cinématographique disparu. Bien qu'il ne soit pas considéré comme un sommet du genre, son influence se fait sentir dans la manière dont il traite la violence, préfigurant les codes du film de traque des années 70.
##002989##Quelqu'un ou quelque chose essaie de le détruire. Je crois qu'il nous trouvera où que nous allions.
Paul Preston interprété par David Buck | Dans les griffes de la Momie