Le temps que passe un roi à gouverner ressemble à la course du soleil. Un jour viendra où le soleil éteindra sur moi sa lumière et se lèvera pour faire de toi le nouveau roi.

Mufassa doublé par James Earl Jones | Le Roi Lion

Plan du film Le Roi Lion de Roger Allers et Rob Minkoff (1994).
Plan du film Le Roi Lion de Roger Allers et Rob Minkoff (1994).

Le Roi Lion selon Lapuss'.
Ma vie de papa de Lapuss' (Couverture).

Dans Ma vie de papa (Lapuss' • Monsieur Pop Corn) Lapuss' parodie un plan du dessin animé Le Roi Lion de Roger Allers et Rob Minkoff sur la couverture de sa BD. Ici, le sage Rafiki doublé par Robert Guillaume et Simba doublé par Jonathan Taylor Thomas sont remplacés par un papa et son bébé.

 

Il y a des films qui marquent une génération. Et puis il y a Le Roi Lion (The Lion King en VO). Sorti dans les salles obscures le 24 juin 1994, le 32e classique d'animation des Studios Disney n'était pas juste un film, c'était un phénomène. Un tremblement de terre cinématographique qui a secoué la savane et nos cœurs de spectateurs. Près de 30 ans plus tard, la crinière de Simba brille toujours autant. Mais comment ce film, au départ considéré comme un projet secondaire, est-il devenu un chef-d'œuvre intemporel ? Accrochez-vous, on remonte le cercle de la vie.

Au début des années 90, Disney est en pleine renaissance. La Petite Sirène, La Belle et la Bête, Aladdin... les succès s'enchaînent. Quand l'idée d'un film sur des lions en Afrique est lancée, elle est surnommée en interne "Bambi in Africa". Autant dire que ça ne faisait pas rêver tout le monde. A l'époque, le studio développait en parallèle Pocahontas, un projet jugé bien plus prestigieux et prometteur. La crème des animateurs s'est donc ruée sur l'histoire de la princesse amérindienne, laissant Le Roi Lion à une équipe "B". Ironie du sort, c'est ce projet "secondaire", sans humains et aux thèmes sombres, qui allait exploser tous les records.

Sur les Hautes terres d'Afrique règne un lion tout-puissant, le roi Mufasa (James Earl Jones), que tous les hôtes de la jungle respectent et admirent pour sa sagesse et sa générosité. Son jeune fils Simba (Jonathan Taylor Thomas/Jason Weaver) sait qu'un jour il lui succédera, conformément aux lois universelles du cycle de la vie, mais il est loin de deviner les épreuves et les sacrifices que lui imposera l'exercice du pouvoir. Espiègle, naïf et turbulent, le lionceau passe le plus clair de son temps à jouer avec sa petite copine Nala (Niketa Calame) et à taquiner Zazu (Rowan Atkinson), son digne précepteur. Son futur royaume lui apparaît en songe comme un lieu enchanté où il fera bon vivre, s'amuser et donner des ordres. Cependant, l'univers de Simba n'est pas aussi sûr qu'il le croit. Scar (Jeremy Irons), le frère de Mufasa, aspire en effet depuis toujours au trône. Maladivement jaloux de son aîné, il intrigue pour l'éliminer en même temps que son successeur. Misant sur la curiosité enfantine et le tempérament aventureux de Simba, il révèle à celui-ci l'existence d'un mystérieux et dangereux cimetière d'éléphants. Simba, oubliant les avertissements répétés de son père, s'y rend aussitôt en secret avec Nala et se fait attaquer par 3 hyènes féroces. Par chance, Mufasa arrive à temps pour sauver l'imprudent lionceau et sa petite compagne. Mais Scar ne renonce pas à ses sinistres projets. Aidé des 3 hyènes, il attire Simba dans un ravin et lance à sa poursuite un troupeau de gnous. N'écoutant que son courage, Mufasa sauve à nouveau son fils et tente de se mettre à l'abri en gravissant la falaise. Repoussé par son frère félon, il périt sous les sabots des gnous affolés. Scar blâme alors l'innocent Simba pour la mort du Roi et le persuade de quitter pour toujours les Hautes terres. Simba se retrouve pour la première fois seul et démuni face à un monde hostile. C'est alors que le destin place sur sa route un curieux tandem d'amis...

AlloCiné | Le Roi Lion

Le Roi Lion, ce n'est pas qu'une histoire de mignon petit lionceau qui doit devenir roi. C'est une épopée sur le deuil, la culpabilité, la responsabilité et la rédemption. Le scénario puise son inspiration dans des sources aussi nobles que... Hamlet de Shakespeare ! Un oncle perfide (Scar/Claudius) qui assassine le roi (Mufasa/le Roi Hamlet) pour prendre le trône et force le jeune prince (Simba/Hamlet) à l'exil... Ça vous rappelle quelque chose ? Cette trame narrative d'une puissance rare pour un dessin animé est ce qui lui donne sa profondeur. Le film n'a pas peur d'être sombre. La mort de Mufasa, orchestrée par son propre frère dans une scène d'une brutalité psychologique inouïe, a traumatisé des millions d'enfants et a prouvé que l'animation pouvait aborder des thèmes universels et adultes.

Pour donner vie à ces personnages, Disney a réuni un casting cinq étoiles. En version originale, James Earl Jones (la voix de Dark Vador !) prête sa voix grave et paternelle à Mufasa, tandis que le génial Jeremy Irons offre à Scar un ton shakespearien, à la fois mielleux et menaçant. Le duo comique Timon et Pumbaa, incarné par Nathan Lane et Ernie Sabella, a volé la vedette grâce à une alchimie parfaite, trouvée par hasard lors des auditions.

A la réalisation, Roger Allers et Rob Minkoff, deux vétérans de l'animation Disney, ont su insuffler une ampleur visuelle inédite. Pour s'imprégner de l'atmosphère, l'équipe du film s'est rendue au parc national de Hell's Gate au Kenya. Le résultat est à l'écran: des paysages grandioses, une lumière sublime et une faune plus vraie que nature. La scène d'ouverture sur "L'Histoire de la Vie" reste l'une des introductions les plus iconiques de l'histoire du cinéma, une véritable démonstration de force visuelle et musicale.

Comment parler du Roi Lion sans fredonner sa musique ? La partition de Hans Zimmer est un chef-d'œuvre. Il a su mélanger les chœurs africains (avec l'aide du musicien sud-africain Lebo M) à la puissance d'un orchestre symphonique pour créer une ambiance sonore épique et émouvante. Et que dire des chansons ? Confiées au duo de choc Elton John (pour la musique) et Tim Rice (pour les paroles), elles sont toutes devenues des classiques: L'Histoire de la Vie une ouverture magistrale, Je voudrais déjà être roi une explosion de couleurs et de joie enfantine, Soyez prêtes un hymne de méchant digne d'un film de propagande sombre et grandiose, Hakuna Matata l'hymne à la philosophie décontractée qui a marqué une génération, et L'amour brille sous les étoiles la ballade romantique par excellence.

A sa sortie, Le Roi Lion a reçu un accueil critique dithyrambique et un succès public phénoménal, devenant le plus gros succès au box-office de l'année 1994. Il a remporté deux Oscars (Meilleure musique et Meilleure chanson originale) et a consolidé la place de Disney au sommet de l'animation.

Plus qu'un succès, le film est devenu un monument culturel. Il a donné naissance à l'une des comédies musicales les plus populaires de tous les temps à Broadway, à des suites et des séries animées, et même à un remake en live-action (ou plutôt en CGI) en 2019 qui, bien que moins apprécié par la critique, a lui aussi, cartonné au box-office. Pour moi, ce remake est inutile, le rendu des animaux est vraiment réaliste, belle prouesse technique, mais les expressions des animaux sont inexistantes par rapport au dessin animé !

Aujourd'hui encore, Le Roi Lion fascine par la perfection de son animation, la puissance de son histoire et la beauté de sa musique. Il est la preuve que l'on peut créer une œuvre à la fois grand public et profondément mature. Un film qui, comme le cercle de la vie, se transmet de génération en génération, sans jamais perdre de sa force. Longue vie au Roi !

Non mais t'es malade ! Un lion, c'est pas un jouet ! Un jour ou l'autre, il va nous manger tout cru !

Timon doublé par Nathan Lane | Le Roi Lion

##002887##
Retour à l'accueil