Je voudrais te louer ? Tu fais croire que je te plais. Nous sortons ensemble juste quelques semaines...

Ronald Miller interprété par Patrick Dempsey |L'amour ne s'achète

Photographie prmotionnelle du film L'amour ne s'achète pas de Steve Rash (1987). L'amour ne s'achète pas de Steve Rash (1987).
L'amour ne s'achète pas de Steve Rash (1987).

L'amour ne s'achète selon Rafael Loureiro. L'amour ne s'achète selon Rafael Loureiro.
The Mall #6 de Rafael Loureiro, James Haick III et Don Handfield (Couverture).

Dans le comic book The Mall #6 (Loureiro, Haick III et Handfield • Scout Comics) Rafael Loureiro parodie l'affiche du film L'amour ne s'achète pas de Steve Rash sur la couverture de sa BD. Ici, Ronald Miller campé par Patrick Dempsey est remplacé par Dallas, Cindy Mancini interprétée par Amanda Peterson devient Lena et Diego se tape l'incruste.

 

Sorti sur les écrans américains le 14 août 1987, L'amour ne s'achète pas (Can't Buy Me Love en VO) s'est rapidement imposé comme un classique du catalogue adolescent de la fin des années quatre-vingt. Réalisé par Steve Rash, le film capture cette essence si particulière de l'époque où le statut social au lycée semblait être une question de vie ou de mort.

La genèse du projet repose sur une volonté de revisiter le mythe de Cendrillon, mais avec un twist résolument moderne et masculin pour l'époque. Le scénario de Michael Swerdlick ne se contente pas d'aligner les gags; il s'appuie sur une structure de comédie de mœurs qui explore la vanité et l'hypocrisie des cercles sociaux. Initialement intitulé Boy Rents Girl, le titre a finalement été changé pour faire écho à la célèbre chanson des Beatles, renforçant ainsi l'idée que les sentiments et la reconnaissance ne sont pas des marchandises comme les autres. Ce changement de titre a d'ailleurs grandement aidé à ancrer le film dans la culture populaire dès sa promotion.

Ronald Miller (Patrick Dempsey), un jeune adolescent moyen, ne supporte plus d'être considéré comme un "looser" et décide de devenir au plus vite un garçon branché. Pour cela, il s'attache les "services" de Cindy Mancini (Amanda Peterson), l'une des filles les plus populaires du lycée en même temps que son amour secret, afin qu'elle lui permette de devenir enfin à la mode. Pour une poignée de dollars et pour un mois, il se fait passer pour son petit ami et commence, peu à peu, à être -enfin- une star dans le campus. Mais rien ne va se passer comme prévu...

AlloCiné | L'amour ne s'achète

Le choix de Steve Rash à la réalisation était particulièrement pertinent. Connu pour avoir dirigé The Buddy Holly Story, Rash apportait une certaine rigueur technique et une sensibilité musicale au projet. Pour le casting, le film a eu la main heureuse en misant sur un tout jeune Patrick Dempsey. Avant de devenir le "Docteur Mamour" que le monde entier connaît, Dempsey incarnait ici parfaitement l'évolution de Ronald, passant du geek maladroit au jeune homme arrogant transformé par sa nouvelle célébrité. Face à lui, la regrettée Amanda Peterson apportait une profondeur inattendue à Cindy Mancini, transformant ce qui aurait pu être un cliché de "pom-pom girl" en un personnage nuancé, conscient des limites de son propre monde.

Sur le plan stylistique, la mise en scène de Steve Rash reste sobre, privilégiant la clarté du récit et l'évolution des personnages sur les artifices visuels. La photographie de Peter Lyons Collister utilise une palette de couleurs vives et saturées qui définit parfaitement l'esthétique des années quatre-vingt, tout en soulignant le contraste entre les zones d'ombre du garage de Ronald et l'éclat solaire des lieux de rassemblement des élèves populaires. La direction d'acteurs est l'un des points forts du film, car elle parvient à rendre crédible cette transition sociale fulgurante. On sent une réelle alchimie entre les interprètes, ce qui permet au spectateur de s'attacher à leur dilemme moral malgré l'absurdité de leur accord initial.

La musique occupe une place centrale, non seulement à travers son titre iconique, mais aussi par sa bande-son qui respire l'air du temps. Au-delà des morceaux pop, le film s'amuse avec les codes de la danse, notamment lors de la fameuse séquence de la "danse africaine" improvisée par Ronald lors d'une fête, un moment aussi hilarant que pédagogique sur le pouvoir de la confiance en soi, même lorsqu'elle est totalement déplacée. C'est dans ces détails que le film puise sa force ludique, transformant le malaise adolescent en un spectacle divertissant.

La plupart des scènes ont été filmées à Tucson, en Arizona, notamment au lycée Tucson High Magnet School. Pendant les pauses, Patrick Dempsey s'entraînait réellement à jongler, une compétence qu'il possédait déjà et que le réalisateur a décidé d'intégrer au personnage pour renforcer son côté original et décalé. Cette authenticité dans les détails contribue à la sympathie immédiate que l'on éprouve pour le protagoniste, malgré ses choix discutables.

A sa sortie, l'accueil critique a été plutôt mitigé, certains reprochant au film sa fin prévisible ou son message moralisateur un peu simpliste. Cependant, le public ne s'y est pas trompé et a fait du film un succès commercial solide, rapportant plus de trente millions de dollars pour un budget très restreint. Avec les années, le film a acquis un statut culte, devenant une référence incontournable pour les fans de "teen movies". Son influence est encore visible aujourd'hui, le film ayant même fait l'objet d'un remake en 2003 intitulé Love Don't Cost a Thing. Pour les critiques contemporains, L'amour ne s'achète pas demeure un témoignage fascinant sur les obsessions sociales d'une décennie et un rappel que, malgré le passage du temps, la quête d'appartenance reste un sujet universellement touchant.

Ronald est avec les grands prédateurs et il est encore en vie ?!

Lester interprété par Max Perlich |L'amour ne s'achète

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