La Brigade des Monstres en herbe
01 sept. 2025Bientôt, les créatures de la nuit régneront sur le monde.
Dracula interprété par Duncan Regehr | The Monster Squad
The Monster Squad de Fred Dekker (1987).
The Mall #1 de Loureiro, Haick, et Handfield (Couvertures bis de Brian Silverbax).
Dans le comic book The Mall #1 (Loureiro, Haick, et Handfield • Scout Comics) le cover artist Brian Silverbax parodie l'affiche du film The Monster Squad de Fred Dekker sur une des couvertures alternatives de la BD. Ici, la Moster Squad composée d'Eugene (Michael Faustino), Andre Gower (Sean Crenshaw), Horace alias Grassouille (Brent Chalem), Patrick Rhodes (Robby Kiger) et Rudy Halloran (Ryan Lambert) sont remplacés par Diego, Lena et Dallas. Et en arrière-plan, on reconnaît la créature de Frankenstein (Tom Noonan), La Momie (Michael Reid MacKay), Dracula (Duncan Regehr), Le Loup-Garou (Carl Thibault) et La créature du lac Noir (Tom Woodruff Jr.).
Le 14 août 1987, un ovni débarquait dans les salles obscures américaines: The Monster Squad, un film qui allait trouver une voie singulière entre comédie horrifique, aventure fantastique et pur hommage aux monstres classiques du cinéma. Paré au décollage ? Enfilez votre cape, ressortez votre carnet de Van Helsing, on revisite ce petit bijou un brin cabossé, mais ô combien culte...
Dracula (Duncan Regehr) est en vie et il veut dominer le monde. Pour cela il demande l'aide d'autres monstres légendaires. Cependant, un groupe d'adolescents fans de monstres et considérés comme des loosers, déjouent son plan machiavélique et préparent une contre-attaque.
AlloCiné | The Monster Squad
Imaginez Fred Dekker, jeune cinéphile recalé par les deux plus grandes écoles de cinéma du pays: USC et UCLA, rien que ça. Pas rancunier, il se lance quand même dans le septième art, mais via la porte dérobée d'un diplôme anglais. Pendant qu'il ronge son frein, Dekker planche sur l'idée de The Monster Squad, avec son complice Shane Black, futur scénariste star de L'Arme fatale et The Nice Guys. Leur ambition ? Faire tomber la poussière sur les monstres d'Universal, tout en injectant l'énergie d'un Goonies qu'ils n'avaient d'ailleurs pas vu, juré craché.
Le pitch ? On commence par Van Helsing qui rate sa chasse au Dracula en 1887. Un bond de 100 ans et hop, nous voilà auprès d'une bande de nerds mordus de créatures et de films d'horreur, confrontés à une invasion de monstres bien réels (Dracula, Frankenstein, le Loup-Garou, la Momie et le Gillman ou la créature du lac Noir - oui oui, la totale !). Leur mission: sauver la ville (et le monde, rien que ça) munis de leur ingéniosité d'ados et d'un amour immodéré du cinéma d'épouvante. Le scénario a le bon goût d'associer l'effroi jubilatoire à la camaraderie, même si on y trouve quelques écarts de langage d'époque et une tonalité pas toujours très politiquement correcte au regard des standards actuels.
Fred Dekker est choisi pour réaliser son propre bébé, épaulé par Shane Black. Le casting mise résolument sur la fraîcheur: Andre Gower campe Sean, chef de la petite troupe, Robby Kiger, Brent Chalem, Ryan Lambert, Ashley Bank et Michael Faustino complètent la bande dynamique. Côté monstres: Duncan Regehr impose un Dracula maléfique (et pas du tout nanardesque) tandis que Tom Noonan incarnant la créature de Frankenstein, émeut par sa douceur inattendue sous des tonnes de latex.
Avec un budget modeste et des contraintes de tournage (des acteurs mineurs à gérer, des journées courtes), Dekker imprime une mise en scène rapide: il sait exactement ce dont il a besoin pour le montage. La photographie plonge dans des teintes nocturnes avec une esthétique de films de monstres à l'ancienne, et les effets spéciaux signés Stan Winston (excusez du peu !) font toujours mouche.
La direction des jeunes acteurs fonctionne: ils sonnent juste, naturels, crédibles dans leur nervosité et leur humour. Mention spéciale aux monstres, la composition de Noonan (Frankenstein) et de Duncan Regehr (Dracula) apporte profondeur et menace, tandis que Leonardo Cimino (Scary German Guy) réserve un moment touchant et inattendu.
Sa sortie en août 1987 en pleine vague Goonies et Ghostbusters n'a pas vraiment porté chance au film. Le public visé était trop large ou mal ciblé. Trop "horrifique" pour les petits, trop gentillet pour les ados. Résultat: à peine 3,7 millions de dollars en salles, pour un budget de 12.
Le film est vite retiré des écrans, mais l'histoire ne s'arrête pas là: redécouvert par une génération passée aux VHS et aux rediffusions TV, The Monster Squad entre peu à peu au panthéon des films cultes des années 80. Les rééditions, les bonus DVD, les conventions de fans et une passion intacte chez ses créateurs ont achevé d'asseoir son statut. Aujourd'hui, il fait figure d'incontournable pour tout amateur de monstres, de cinéma bis... ou simplement de bonne humeur nostalgique.
The Monster Squad, c'est un arc-en-ciel pop entre héritage cinéphile, humour potache et effusions gothiques. Certes, il y a des maladresses, des effets qui datent, mais son énergie, sa sincérité et sa galerie de personnages en font un régal pour petits (pas trop petits quand même) et grands enfants. Si vous ne l'avez jamais vu, c'est le moment d'entrer dans la brigade des monstres !
##002820##Il y a quelque chose dehors qui tue les gens. Et ce sont des monstres. Personne d'autre que nous ne va s'en occuper.
Sean Crenshaw interprété par Andre Gower | The Monster Squad