Ces jeunes, ils sont tous les mêmes, on ne peut rien leur dire.

Chef doublé par Pat Buttram | Rox et Rouky

Rox et Rouky de Ted Berman, Richard Rich et Art Stevens (1981).
Rox et Rouky de Ted Berman, Richard Rich et Art Stevens (1981).

Rox et Rouky selon Tony Fleecs.
Stray Dogs: Dog Days #1 de Trish Forstner et Tony Fleecs (Couverture bis).

Dans le comic book Stray Dogs: Dog Days #1 (Forstner et Fleecs • Image Comics) Tony Fleecs pastiche l'affiche du dessin animé Rox et Rouky de Ted Berman, Richard Rich et Art Stevens sur une des nombreuses couvertures alternatives de sa BD. Ici, Rox doublé par Mickey Rooney (Morvan Salez en VF) et Rouky doublé par sont remplacés par Kurt Russell (Marc François en VF) sont remplacés par Sophie et Rusty. En arrière-plan, le grizzly se transforme en The Master .

 

Sorti sur les écrans américains le 10 juillet 1981, Rox et Rouky (The Fox and the Hound en VO) occupe une place très particulière, presque mélancolique, dans la filmographie de VO. Ce vingt-quatrième long-métrage d'animation arrive à une période où le studio cherche son second souffle, coincé entre l'héritage pesant de Walt Disney et l'émergence d'une nouvelle génération d'artistes prêts à tout bousculer. Le résultat est un film d'une tendresse infinie, mais qui cache derrière son esthétique champêtre une production pour le moins mouvementée.

La genèse du projet remonte à la fin des années soixante-dix, lorsque le studio décide d'adapter le roman éponyme de Daniel P. Mannix. Si le livre original est une œuvre naturaliste assez cruelle et sombre, les scénaristes de Disney ont pris le parti de transformer cette traque sauvage en une fable sur l'innocence perdue. L'idée de départ est simple mais redoutablement efficace: faire grandir ensemble deux prédateurs que tout oppose, un renard et un chien de chasse, pour mieux interroger la force du conditionnement social face à la pureté des sentiments. Ce scénario, bien que linéaire, parvient à toucher une corde sensible en refusant le manichéisme habituel des productions de l'époque.

Un fougueux petit renard appelé Rox grandit aux côtés de Rouky, un adorable chiot de chasse. Les deux se promettent une amitié éternelle. Mais lorsque Rouky atteint l'âge de la chasse, leur entente non conventionnelle est mise à l'épreuve.

TMDB | Rox et Rouky

Le choix des réalisateurs reflète parfaitement la transition interne que vivait le studio à l'époque. Ted Berman, Richard Rich et Art Stevens se sont retrouvés aux commandes d'un navire en pleine tempête. En effet, c'est durant la production de ce film qu'une grande partie des jeunes animateurs, menée par un certain Don Bluth, a claqué la porte pour fonder son propre studio. Cette défection massive a obligé les vétérans, les fameux "Nine Old Men" comme Frank Thomas ou Ollie Johnston, à superviser une équipe réduite et parfois inexpérimentée pour terminer le projet. Du côté du casting vocal original, on retrouve des figures solides comme Mickey Rooney pour Rox et Kurt Russell pour Rouky, qui parviennent à insuffler une véritable humanité à ces personnages animaux.

Sur le plan du style et de la mise en scène, Rox et Rouky brille par sa sobriété et son atmosphère organique. Le film privilégie des tons terreux, des verts profonds et des lumières d'automne qui renforcent le sentiment de nostalgie. La mise en scène s'attarde sur des moments de vie quotidienne, comme les jeux dans les hautes herbes ou la découverte de la forêt, créant un contraste saisissant avec la tension des scènes de chasse finales. La direction des ""acteurs"" animés est remarquable de subtilité, notamment dans le regard de Rouky qui doit naviguer entre sa loyauté envers son maître et son affection pour son ami d'enfance.

La musique et les chansons, composées par Buddy Baker avec des textes de Richard Johnston, Stan Fidel et Jeffrey Patch, ne cherchent pas à devenir des tubes radiophoniques mais servent de liant émotionnel. Le titre Deux bons copains (Best of Friends) résume à lui seul le cœur du film: une simplicité désarmante qui souligne le drame à venir. C'est une partition qui sait se faire discrète lors des moments de contemplation pour mieux exploser lors de la célèbre séquence de l'attaque de l'ours, l'une des plus impressionnantes de l'animation de cette décennie.

Le tournage, ou plutôt la production, regorge d'anecdotes qui illustrent la tension entre tradition et modernité. C'est sur ce film que de futurs géants du cinéma comme Tim Burton, John Lasseter ou Brad Bird ont fait leurs premières armes, souvent dans la frustration face à un style qu'ils jugeaient alors trop conservateur. Tim Burton s'est d'ailleurs souvent amusé à raconter qu'il passait son temps à dessiner des renards qui ressemblaient à des cadavres, ce qui ne plaisait guère à la direction. Malgré ces frictions, le film reste le dernier grand projet supervisé par les animateurs historiques de Walt, rendant le passage de relais définitif.

A sa sortie, Rox et Rouky reçoit un accueil critique globalement positif, saluant son émotion et son message sur l'amitié, même si certains observateurs pointent un manque d'originalité ou un rythme inégal. Sur le plan commercial, le film connaît un succès honorable et devient l'un des films d'animation les plus rentables de l'année lors de sa sortie initiale. Avec le temps, il gagne une réputation de classique discret, souvent cité pour son intensité émotionnelle. Beaucoup de spectateurs se souviennent d'ailleurs d'un film particulièrement touchant, parfois même bouleversant, preuve que son impact émotionnel a marqué durablement le public.

- Pourquoi tu es attaché ?
- Bah c'est ça une vie de chien, pas le droit d'aller où on a envie.

Rox (Mickey Rooney) et Rouky (Kurt Russell) | Rox et Rouky

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