Toute théorie est un peu un autoportrait.

André Leroi-Gourhan | Les racines du monde

Triple self-portrait de Norman Rockwell pour la couverture du Saturday Evening Post (1960).
Triple Self-Portrait de Norman Rockwell pour la couverture du Saturday Evening Post (1960).

Triple self-portrait selon Dale Eaglesham.
Justice Society of America #26 de Dale Eaglesham et Geoff Johns (Dernière planche).

Dans le comics book Justice Society of America #26 - "Black Adam Ruined My Birthday !" (Eaglesham et Johns • DC Comics) Dale Eaglesham rend hommage au Triple self-portrait de Norman Rockwell qui faisait la Une du The Saturday Evening Post du 13 février 1960 sur la dernière planche de la BD. Ici, on retrouve bien Norman Rockwell entrain de peindre, mais là, ce n'est à son portrait qu'il s'attelle mais à la JSA au complet.

 

Triple self-portrait est une illustration de couverture de magazine de Norman Rockwell, peinte à l'huile sur toile pour le numéro du Saturday Evening Post du 13 février 1960, à l'occasion de la parution de son autobiographie dont le magazine publiait les premières pages. L'artiste utilise ici une mise en abyme, qui consiste à incruster dans une image cette image elle-même. Cette œuvre est comparée au tableau de Johannes Gumpp (1646), autre exemple notable de triple autoportrait. Le tableau original fait partie des collections du Norman Rockwell Museum de Stockbridge.

Photographie de Norman Rockwell.
Photographie de Norman Rockwell.

Avant de commencer à peindre, Rockwell utilise toujours des modèles photographiques qu'il met en scène lui-même. Ci-dessus, le cliché de son autoportrait qui lui a servi de prototype.

La peinture représente l'artiste en train de se regarder dans un miroir et de réaliser son autoportrait. C'est une mise en abyme. On voit l'artiste de dos, assis sur un tabouret, se penchant pour se regarder dans un miroir posé sur une chaise, miroir où nous voyons son reflet presque comme il doit le voir lui-même, tandis que sa main reste levée avec le pinceau sur la toile qui est devant lui et où commence à apparaître son autoportrait.

Le peintre et son image dans le miroir se correspondent parfaitement: même taille, le peintre de dos en entier, l'image de face et seulement en plan rapproché, mêmes lunettes qui nous cachent le regard... L'autoportrait sur la toile est, lui, beaucoup plus grand que nature et sans lunettes. Le peintre semble plus jeune, son visage est plus rond. La pipe qu'il fume est horizontale, et non pas tombante comme dans la réalité.

Il y a donc trois portraits sur cette toile d'où son titre. Le premier autoportrait, de face, dans le miroir. Le second autoportrait, sur la toile, aussi de face représente uniquement son visage, plus jeune. Sur le troisième autoportrait, on voit le peintre en entier mais de dos, dans une posture peu flatteuse: large postérieur amplifié par le coussin rouge, pieds légèrement en dedans.

A gauche, il a punaisé sur sa toile un dessin au fusain. Il s'agit de cinq études pour son autoportrait. A droite, des reproductions de tableaux anciens sont également punaisées: il s'agit des autoportraits de Dürer, Picasso, Rembrandt, et Van Gogh.

Je n'ai jamais connu aucun peintre capable de faire un autoportrait absolument véridique; quelle que soit l'exactitude avec laquelle on reproduit les détails que vous renvoie le miroir, la personnalité représentée approche rarement de la vérité que d'autres, en revanche, verraient.

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