Et s'ils réapparaissaient ?

Dr. Scarlet Levy interprétée par Rose Byrne | 28 semaines plus tard

28 semaines plus tard de Juan Carlos Fresnadillo (2007).
28 semaines plus tard de Juan Carlos Fresnadillo (2007).

28 semaines plus tard selon Tony Fleecs.
Feral #4 Trish Forstner, Tone Rodriguez et Tony Fleecs (Couverture bis).

Dans le comic book Feral #4 - "Housebroken" (Forstner, Rodriguez et Fleecs • Image Comics) Tony Fleecs parodie l'affiche du film 28 semaines plus tard de Juan Carlos Fresnadillo sur une des couvertures alternatives de sa BD. Ici, la Dr. Scarlet Levy interprétée par Rose Byrne est remplacée par Elsie.

 

Sorti au Royaume-Uni le 11 mai 2007, 28 semaines plus tard relève le défi colossal de succéder au chef-d'œuvre de Danny Boyle qui, cinq ans plus tôt, avait redéfini les codes du film de zombies en transformant nos lents marcheurs décomposés en sprinteurs olympiques enragés. Loin de se contenter de copier son prédécesseur, Juan Carlos Fresnadillo nous livre une suite viscérale qui parvient à maintenir une pression artérielle dangereusement élevée pendant une heure et demie.

La genèse du projet est née d'une volonté de Danny Boyle et du scénariste Alex Garland de prolonger l'univers du premier volet, bien qu'ils fussent à l'époque trop occupés par le tournage de Sunshine pour s'y coller eux-mêmes. Ils sont restés producteurs exécutifs, mais ont cherché un regard neuf capable de capturer l'angoisse d'une reconstruction sociale condamnée à l'échec. Le choix s'est alors porté sur le réalisateur espagnol Juan Carlos Fresnadillo, remarqué pour son film Intacto. Fresnadillo a apporté avec lui une vision plus politique et familiale, transformant l'épidémie globale en une tragédie intime dévastatrice où les erreurs d'un seul homme condamnent une nation entière.

Il y a six mois, un terrible virus a décimé l'Angleterre et a transformé presque toute la population en monstres sanguinaires.
Les forces américaines d'occupation ayant déclaré que l'infection a été définitivement vaincue, la reconstruction du pays peut maintenant commencer.
Don (Robert Carlyle) a survécu à ces atroces événements, mais il n'a pas réussi à sauver sa femme et la culpabilité le ronge. Lorsqu'il retrouve ses enfants, Andy (Mackintosh Muggleton) et Tammy (Imogen Poots), qu'il n'avait pas revus depuis la catastrophe et qui reviennent à Londres avec la première vague de réfugiés, il leur apprend la mort de leur mère. Partagés entre la joie des retrouvailles et le chagrin, tous trois tentent de se reconstruire et de reprendre une vie normale dans la ville dirigée par l'armée américaine.
Pourtant, quelque part, un effroyable secret les attend. Tout n'est pas terminé...

AlloCiné | 28 semaines plus tard

Le film brille par sa cruauté narrative: le danger ne vient pas d'une invasion extérieure massive, mais d'une faille émotionnelle et d'une gestion militaire aussi rigide qu'inefficace.

Côté casting, le film a eu le nez creux en réunissant des acteurs qui, pour beaucoup, étaient encore au début de leur ascension fulgurante. Robert Carlyle livre une performance habitée et terrifiante dans le rôle de Don, tandis que Rose Byrne et Idris Elba apportent une autorité nécessaire au milieu du chaos. On y croise même un Jeremy Renner pré-Avengers dans le rôle d'un tireur d'élite au grand cœur. La direction d'acteurs de Fresnadillo mise sur le réalisme brut, privilégiant les réactions instinctives face à l'horreur plutôt que l'héroïsme hollywoodien classique, ce qui renforce l'immersion du spectateur dans ce cauchemar urbain.

Visuellement, le film est une claque sensorielle qui utilise une mise en scène nerveuse, parfois à la limite du supportable. La photographie d'Enrique Chediak privilégie des tons froids et granuleux, utilisant souvent des caméras à l'épaule pour accentuer l'urgence des poursuites. Le réalisateur joue habilement avec les contrastes, passant de plans larges sur un Londres désert et fantomatique à des gros plans oppressants lors des attaques. Cette approche quasi documentaire rend la célèbre scène d'ouverture, où Don fuit à travers les champs, absolument légendaire et sans doute plus terrifiante que n'importe quelle séquence du premier film.

La musique de John Murphy joue un rôle crucial dans cette atmosphère de fin du monde. En reprenant et en réarrangeant le thème iconique In the House, In a Heartbeat, il parvient à instaurer une tension graduelle qui explose en même temps que l'action à l'écran. Les compositions mélangent rock industriel et nappes mélancoliques, soulignant parfaitement le désespoir des personnages. Concernant les coulisses, le tournage ne fut pas de tout repos, notamment pour les scènes se déroulant dans un Londres vide. L'équipe devait bloquer des sections entières de la ville très tôt le matin, souvent pendant quelques minutes seulement, pour capturer cette sensation de solitude urbaine absolue avant que le trafic londonien ne reprenne ses droits.

A sa sortie, l'accueil critique fut globalement très positif, les spécialistes saluant la capacité du film à exister par lui-même sans dénaturer l'œuvre originale. Bien que certains aient critiqué l'usage parfois excessif de la caméra portée, la majorité a loué l'efficacité du suspense et la noirceur du propos. Le film a été un succès commercial solide, renforçant le statut de la franchise comme une référence incontournable du genre. Avec les années, 28 semaines plus tard a acquis un statut de film culte, souvent cité pour sa scène d'introduction magistrale et sa capacité à mélanger film d'horreur et commentaire social sur l'occupation militaire. Son influence se fait encore sentir aujourd'hui dans de nombreuses productions post-apocalyptiques qui tentent, souvent en vain, de retrouver cette urgence et cette sauvagerie qui ont fait de Londres le terrain de jeu le plus flippant de 2007.

Après des années de rumeurs et de faux espoirs, le retour aux affaires du duo originel Danny Boyle et Alex Garland avec 28 ans plus tard, sorti en 2025, a agi comme un véritable électrochoc pour les fans qui n'y croyaient plus. Et dans la foulée 2026, le quatrième opus: 28 ans plus tard: Le Temple des morts, réalisé par Nia DaCosta, est venu confirmer cette nouvelle vitalité en approfondissant les thématiques de reconstruction et de mémoire, prouvant que même vingt-huit ans après l'étincelle initiale, le virus de la Rage possède encore une résonance terrifiante avec notre propre réalité. Perso, j'ai été relativement déçu de ces deux suites qui sont pour moi bien en dessous du premier diptyque.

On a perdu le contrôle, tirez sur tout ce qui bouge, feu à volonté !

Le général Stone interprété par Idris Elba | 28 semaines plus tard

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