Autoportrait d'une boule de Bowling
05 juin 2010Merci à Pasukare de BDthèque pour ce clin d'œil. 😃
Main tenant un miroir sphérique de M.C. Escher exposé Musée des beaux-arts du Canada (1935).
Katsuhiro Otomo Anthology de Katsuhiro Otomo (Page 177).
Dans le manga Katsuhiro Otomo Anthology (Otomo • Kana) Katsuhiro Otomo parodie la lithographie Main tenant un miroir sphérique de Maurits Cornelis Escher sur la page d'introduction de la Nouvelle Fireball de son recueil. Ici, la main et l'autoportrait de M.C. Escher sont remplacés par ceux d'un robot.
A noter que cette Nouvelle, Fireball, peut être considérée comme un prélude à sa célèbre série Akira.
Au cœur de la collection du Musée des beaux-arts du Canada se trouve une œuvre lithographique emblématique de l'artiste néerlandais Maurits Cornelis Escher, réalisée en 1935: Main tenant un miroir sphérique. Cette image, à la fois simple dans sa composition et vertigineuse par sa conception, demeure l'une des explorations les plus célèbres de l'autoportrait dans l'histoire de l'art du XXe siècle. Cette lithographie sur papier vélin avec couche argentée est aussi connue en dehors de nos frontières sous le nom de Hand with Reflecting Sphere.
Dans cette œuvre, Escher ne cherche pas à se représenter de manière naturaliste. Au lieu de cela, il saisit une sphère réfléchissante dans sa main, plaçant ainsi son propre visage au centre de la composition. Le résultat est une distorsion sphérique qui embrasse non seulement ses traits, mais aussi tout l'espace environnant. Avec cette image remarquable, Escher expose le procédé par lequel tous les autoportraits doivent être exécutés: il fait du miroir et de tout ce qu'il reflète le sujet de l'estampe. Il s'intéresse non pas aux traits de son visage, mais à la manière dont l'espace est déformé par une surface convexe réfléchissante. Il se représente dans son atelier, juste au-dessus de son appartement de Rome, la dernière année de son séjour. L'effet visuel est saisissant. La courbure du miroir comprime la réalité, forçant le spectateur à examiner minutieusement les détails minuscules et déformés de la scène. Ce n'est pas seulement le portrait de l'artiste, mais le portrait de l'artiste dans son monde.
M.C. Escher était un maître des illusions optiques et de la géométrie complexe. Main tenant un miroir sphérique témoigne de son obsession pour la manière dont nous percevons la tridimensionnalité sur une surface bidimensionnelle. En choisissant une sphère, Escher explore les lois de la physique de la réflexion. Chaque ligne droite dans la pièce réelle devient courbe dans le reflet, créant un espace qui semble infini tout en étant contenu dans les limites étroites d'un objet que l'artiste tient dans sa main. C'est une réflexion philosophique sur la place de l'homme dans l'univers: une entité minuscule, mais dont la conscience englobe tout ce qui l'entoure.
La présence de cette lithographie au Musée des beaux-arts du Canada permet aux visiteurs de confronter directement le génie mathématique d'Escher. Contrairement à ses travaux ultérieurs sur les pavages ou les escaliers impossibles, cette pièce de 1935 est ancrée dans le réel, tout en soulignant la fragilité et la subjectivité de notre vision.
En observant cette main qui semble sortir de la page pour nous présenter le monde, le spectateur est invité à une réflexion profonde: que voyons-nous réellement lorsque nous regardons le monde ? Escher nous suggère que notre perception est toujours courbée, déformée et filtrée par notre propre présence. Main tenant un miroir sphérique reste une invitation intemporelle à regarder au-delà de la surface des choses, un rappel que dans le reflet d'un simple objet se cache souvent l'univers tout entier.
##000604##Les idées qui sont à la base montrent surtout mon étonnement et mon admiration devant l'harmonie du monde qui nous entoure. Celui qui s'étonne se rend compte d'un miracle.
M.C. Escher