T'es un marrant Sully, j't'aime bien. C'est pour ça que je te tuerai le dernier.

John Matrix interprété par Arnold Schwarzenegger | Commando

Photographie d'Arnold Schwarzenegger pour le film Commando de Mark L. Lester (1985). Commando de Mark L. Lester (1985).
Commando de Mark L. Lester (1985).

Commando selon Sun Khamunaki. Commando selon Sun Khamunaki.
Grimm Fairy Tales #72 de Kourtis et Franchini (Couverture bis de Sun Khamunaki).

Dans le comic book Grimm Fairy Tales #72 - "Doom in the Darkness" (Kourtis et Franchini • Zenescope) la cover artist Sun Khamunaki pastiche l'affiche du film Commando de Mark L. Lester sur une des nombreuses couvertures alternatives de la BD. Ici, le colonel John Matrix interprété par Arnold Schwarzenegger est remplacé par Mary Medina alias Mystere.

 

Sorti dans les salles obscures le 4 octobre 1985, Commando est un long métrage d'action américain réalisé par Mark L. Lester. Le film incarne l'essence même du film bourrin des années 80: rythme effréné, explosions, répliques cultes et un Arnold Schwarzenegger en mode machine à punchlines... "Et si on allait faire du shopping ?"

Au milieu des années 80, Arnold Schwarzenegger sort à peine du carton de Terminator et son statut de superstar ne fait que grossir. Producteur aguerri, Joel Silver sent le filon juteux du film d'action décomplexé. Au scénario, on retrouve Jeph Loeb, Matthew Weisman et Steven E. de Souza (scénariste aussi du futur Piège de Cristal), qui étoffent la trame autour d'un ancien commando prêt à tout pour récupérer sa fille enlevée. Les origines du projet s'inscrivent pile dans la mode des commandes testostéronées dominée cette année-là par Stallone et Van Damme.

Après avoir mené de nombreuses missions périlleuses, le colonel John Matrix (Arnold Schwarzenegger), un ancien combattant d'élite, coule des jours heureux avec sa fille Jenny (Alyssa Milano), âgée de 12 ans. Mais le général Arius (Dan Hedaya), dictateur déchu, fait kidnapper celle-ci et charge Matrix d'assassiner l'actuel Président du Val Verde. Ce qui n'est pas dans les plans de notre héros...

AlloCiné | Commando

Le rôle de John Matrix a d'abord été proposé à Nick Nolte et même à Gene Simmons (oui, le bassiste de Kiss)... avant qu'Arnold ne s'impose. L'histoire ne dit pas si Nolte aurait pu porter un tronc d'arbre d'une main, mais j'ai des doutes.

Commando devait à l'origine s'intituler Matrix en référence au personnage principal. Finalement, ce titre n'a pas été retenu par Joel Silver, mais il connaîtra son heure de gloire douze ans plus tard...

Mark L. Lester, spécialiste du film de genre à petit budget, est choisi pour orchestrer la danse des explosions. Silver l'a repéré pour son efficacité. C'est ce qu'on demande avant tout pour gérer un Arnold en pleine forme. Au casting, on retrouve une équipe taillée sur mesure: Rae Dawn Chong (Cindy, la complice hôtesse de l'air), Alyssa Milano (Jenny, l'enfant à sauver), Vernon Wells (Bennett, le méchant moustachu qui veut la peau de Matrix), Dan Hedaya et Bill Duke (l'inénarrable Cooke)

Ici, point de subtilité: Lester va droit au but, avec une mise en scène qui privilégie l'efficacité au réalisme. Les décors en carton-pâte de la villa du dictateur et les fusillades à la "une balle = trois morts" relèvent presque du cartoon. La photographie, signée Matthew F. Leonetti, baigne l'ensemble dans des couleurs saturées, de lumières vives et des ombres marquées. Côté direction d'acteurs, on ne s'embarrasse pas de psychologie: Schwarzenegger varie peu ses expressions, mais brille par sa présence physique; Vernon Wells cabotine avec un grand plaisir, rendant ce Bennett quasi culte.

Le célèbre combat final devait à l'origine se dérouler sur une plage après une poursuite en bateau... mais le budget étant épuisé, la production a tout rapatrié dans un sous-sol de fortune du studio. Economie de moyens, efficacité maximum. La maison où se déroule la fin du film avait été utilisée l'année précédente pour servir de cadre à la fusillade (un peu moins dévastatrice) entre Axel Foley et les hommes de Victor Maitland dans Le flic de Beverly Hills. Arnold aurait enchaîné 102 morts à l'écran pendant le film, un chiffre record qui a fait entrer Commando dans l'histoire du cinéma d'action. Parmi les cascadeurs touchés (souvent plusieurs fois dans le même plan), certains sont facilement reconnaissables sous différentes perruques.

Le pays fictif "Val Verde" a été inventé pour éviter tout souci diplomatique. Il a été réutilisé plus tard dans d'autres productions du même producteur: Predator (1987) et 58 minutes pour vivre (1990).

James Horner signe une bande originale typique de l'époque, en mixant synthés électroniques et percussions, relevées de quelques notes de steel drum pour une ambiance action exotique. Ce son, parfois critiqué, est devenu iconique, à la fois kitsch et euphorisant. Il accompagne à merveille les courses-poursuites et les explosions façon feu d'artifice.

A sa sortie, Commando cartonne en salles: 57,5 millions de dollars pour un budget d'à peine 9 millions. La critique est plus partagée: certains voient un sommet de bourrinage jouissif et assumé, d'autres regrettent l'absence totale de subtilité. Les aficionados, eux, en font tout de suite un film-culte, érigé au rang d'archétype de la série B américaine dopée à la testostérone.

Commando, c'est un peu la synthèse du cinéma d'action eighties: exagéré, drôle, improbable, mais tellement réjouissant. Désormais, il trône fièrement parmi les classiques incontournables du genre, à condition de ne pas le prendre trop au sérieux et d'accepter (voire de savourer !!!) ses excès décomplexés. Alors, prêt pour une leçon de punchlines et de tirs de grenades ?!

- Tu te souviens, Sully, je t'avais dit que je te tuerais le dernier.
- C'est vrai Matrix, c'est ce que t'as dit.
- J't'ai menti.

John Matrix (Arnold Schwarzenegger) et Sully (David Patrick Kelly) | Commando

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