Nous sommes tous des œuvres d'art en cours de réalisation.

Carmen Dell'Orefice

Photographie de Carmen Dell'Orefice prise par Cecil Beaton pour le magazine Vogue de juillet 1946.
Photographie de Carmen Dell'Orefice par Cecil Beaton pour Vogue (1946).

Carmen Dell'Orefice selon Pino D'Angelico. Carmen Dell'Orefice selon Pino D'Angelico.
Série Jaune - Tome 58 de Morricone (Couverture de Pino D'Angelico).

Dans le fumetti Série Jaune - Tome 58 - "Ma Maîtresse la Mort" (Morricone • Elvifrance) le cover artist Giuseppe Dangelico Daeni dit Pino D'Angelico (ou Pino Daeni) plagie une photographie de Carmen Dell'Orefice prise par Cecil Beaton pour le numéro du juillet 1946 du magazine Vogue sur la couverture de la BD. Ici, la model Carmen Dell'Orefice est remplacée par Emma Krammer.

 

Pour avoir plus d'informations sur ce magazine et en voir d'autres pastiches, rends-toi »ici« où j'ai déjà traité le sujet plusieurs fois. 😉

 

Le numéro de juillet 1946 du magazine Vogue se distingue par la richesse de ses contenus, alliant analyse littéraire, exploration artistique et photographies d'exception. Parmi les temps forts de ce numéro figurent plusieurs articles de grands auteurs tels que Rumer Godden, Daphne Du Maurier ou Albert Camus, qui signent des contributions autour de la lecture estivale et des enjeux humains de l'après-guerre.

Mais ce sont les pages de mode qui nous interesse aujourd'hui, tout particulièrement l'article "Summer Beauties". Ce portfolio emblématique réunit plusieurs photographies où le talent de Cecil Beaton éclate dans toute sa modernité et sa finesse d'observation. Dans cette série, Beaton célèbre la beauté féminine estivale à travers des compositions proches de la peinture: il y insuffle une touche artistique inspirée de la période impressionniste, recréant des scènes à la manière de Mary Cassatt, tout en soulignant la fraîcheur et l'élégance des mannequins. Et parmi ces models, on trouve la toute jeune Carmen Dell'Orefice, alors âgée de 15 ans, au seuil d'une carrière qui allait devenir l'une des plus longues et des plus remarquables de l'histoire du mannequinat.

Pour l'occasion, elle porte une délicate robe bleue en broderie anglaise signée Sophie Gimbel de la Saks Fifth Avenue. Assise dans un fauteuil en osier, elle est coiffée d'un chapeau de Tatiana du Plessix et tient une ombrelle assortie. Le décor, une profusion de fougères et de fleurs, n'est pas un simple arrière-plan, mais un véritable écrin qui renforce le caractère romantique et presque surréaliste de la scène. La composition est dense, riche en textures, rappelant une toile de grand maître impressionniste.

Le cliché, à la fois onirique et sophistiqué, est caractérisé par l'attention portée aux jeux de lumière, à l'environnement bucolique et à la scénographie raffinée. Beaton, fidèle à son style, réussit à magnifier non seulement la mode, mais aussi l'attitude et la personnalité de ses modèles. Ce reportage photographique illustre la capacité de Vogue à capter l'air du temps tout en offrant un regard artistique unique sur la féminité de l'après-guerre.

 

Carmen Dell'Orefice (1931) est une icône du mannequinat international, célèbre pour être la plus âgée des mannequins en activité au monde. Découverte à l'âge de 13 ans alors qu'elle prenait le bus, elle signe son premier contrat avec le magazine Vogue deux ans plus tard, apparaissant rapidement en couverture et devenant la muse de grands photographes comme Erwin Blumenfeld, Richard Avedon ou Irving Penn.

Son enfance fut marquée par la pauvreté: les revenus du mannequinat ne suffisaient pas à subvenir aux besoins de sa famille, la poussant à compléter ses gains en travaillant comme couturière avec sa mère. Malgré les défis, Carmen s'impose dès les années 1950 comme une figure incontournable de la mode et devient l'une des rares muses féminines du peintre Salvador Dalí.

Sa carrière s'étend sur plus de 70 ans, un record: elle a posé pour les plus grandes maisons et continue de défiler et de figurer sur les couvertures des magazines au-delà de 90 ans. Elle a également mené une vie personnelle complexe, marquée par plusieurs mariages et des périodes difficiles, mais elle affirme n'avoir jamais voulu abandonner son métier, voyant dans la mode une façon d'incarner toutes les époques.

Véritable légende vivante, Carmen Dell'Orefice incarne la longévité, la résilience et l'élégance intemporelle, défiant les normes de l'industrie de la mode en prouvant que la beauté n'a pas d'âge.

J'ai fait plus de couvertures de magazines au cours des 25 dernières années que durant toute ma longue carrière. [...] Aujourd'hui, je me trouve sur un terrain que le monde des affaires considère comme invendable: l'âge et les cheveux blancs. Pourtant, petit à petit, j'ai commencé à m'approprier ce territoire, parce que j'ai choisi de défendre l'âge.

Carmen Dell'Orefice

##002843##
Retour à l'accueil