Miss Maverick entre en piste
20 janv. 2026A nous l'ivresse, l'ivresse de la vitesse !
Maverick interprété par Tom Cruise | Top Gun
Grimm Fairy Tales: 2023 May the 4th Cosplay Special #1 de Reyes et Franchini (Couverture bis de Sun Khamunaki).
Dans le comic book Grimm Fairy Tales: 2023 May the 4th Cosplay Special #1 - "Red Agent: The Case of What Lies Beyond" (Reyes et Franchini • Zenescope) la cover artist Sun Khamunaki parodie l'affiche du film Top Gun de Tony Scott sur une des couvertures alternatives de la BD. Ici, le lieutenant Peter Mitchell alias Maverick interprété par Tom Cruise est remplacé par Anabelle DiMarco alias Belle.
Trente-cinq ans après sa sortie, Top Gun n'a rien perdu de son pouvoir d'attraction. Entre séquences aériennes hallucinantes, répliques cultes et le blouson de cuir de Tom Cruise, le film de Tony Scott est une machine à fantasmes qui a défini toute une décennie. Alors, attachez vos ceintures, on décolle pour décortiquer ce classique du cinéma américain sorti en salle le 16 mai 1986.
L'idée de Top Gun est née d'un article de 1983 publié dans le magazine California et intitulé "Top Guns". Ecrit par Ehud Yonay, il racontait le quotidien des pilotes d'élite s'entraînant à la United States Navy Fighter Weapons School, surnommée "Topgun", située à Miramar, en Californie. Les producteurs Jerry Bruckheimer et Don Simpson ont flairé le potentiel. Un monde de compétition intense, de haute technologie militaire et de jeunes héros arrogants. C'était la recette parfaite pour un blockbuster. La Marine américaine a d'ailleurs étroitement collaboré au projet, y voyant une occasion en or pour le recrutement. Et soyons honnêtes, vu la vague de candidatures qu'ils ont reçue après 1986, on peut dire que la mission fut un succès total !
Le scénario est d'une simplicité désarmante, mais terriblement efficace. Pete 'Maverick' Mitchell (Tom Cruise), un pilote d'exception, aussi talentueux qu'insubordonné, est envoyé à l'école Topgun avec son navigateur, Goose (Anthony Edwards). Là, il doit affronter l'élite de l'aviation, notamment son rival, le très sérieux 'Iceman' (Val Kilmer). Entre les entraînements en vol à la limite du G-Loc, une romance sulfureuse avec son instructrice civile Charlie (Kelly McGillis), et le drame personnel qui le rattrape, le film coche toutes les cases du récit initiatique. Certes, les dialogues ne sont pas du Shakespeare, et l'histoire d'amour est assez stéréotypée, mais l'essentiel est ailleurs: l'immersion totale dans un monde de vitesse et de pression. Le scénario est avant tout un prétexte pour nous envoyer dans les airs.
Le tandem formé par l'acteur principal et le réalisateur fut un choix gagnant. Tom Cruise, à l'époque auréolé du succès de Risky Business, n'était pas encore la méga-star planétaire que l'on connaît. Il a été choisi pour son intensité, son sourire capable de faire fondre la banquise, et sa volonté de réaliser ses propres cascades. Il a défini le rôle de Maverick: jeune, beau, fougueux, et incapable de faire ses lacets correctement. Le choix de Tony Scott à la réalisation est un coup de génie des producteurs. Frère de Ridley Scott, Tony venait de l'univers de la publicité et des clips musicaux. Il n'avait qu'un seul long-métrage à son actif (Les Prédateurs), mais il possédait le sens de l'image léchée, du montage nerveux, et du ralenti esthétisant. Il était l'homme de la situation pour transformer une histoire militaire en un spectacle visuel pop et moderne.
Le casting secondaire est tout aussi marquant. Val Kilmer, dans le rôle d'Iceman, avec son air froid et son assurance, a créé un contraste parfait avec l'énergie bouillonnante de Cruise. Kelly McGillis interprète Charlie, l'instructrice civile qui remet Maverick à sa place. Sa présence a ancré la partie romantique et intellectuelle du film. Enfin, Anthony Edwards incarne Goose, le meilleur ami et coéquipier loyal qui représente l'ancrage émotionnel du film et... on sait ce qui lui arrive ! (Et tout le monde s'en fout mais je viens de me rendre compte que Goose c'est aussi le Dr. Mark Greene d'Urgence ! ^^)
Le style de Top Gun est sa véritable marque de fabrique. Tony Scott a créé une esthétique ultradynamique, souvent copiée depuis, mais jamais égalée. Pour la mise en scène et la photographie, Scott utilise des couleurs chaudes et saturées, des éclairages en contre-jour permanents (les lens flare sont omniprésents) et des plans hyper-serrés. Cela donne un aspect brillant, presque irréel, aux pilotes, faisant ressembler le film à une publicité de luxe d'une heure et cinquante minutes. Les séquences aériennes, filmées avec le concours de vrais pilotes de l'US Navy, sont d'une virtuosité technique exceptionnelle, nous faisant ressentir la vitesse, le danger, et nous offrant un ballet aérien à couper le souffle. Concernant la direction d'acteurs, Scott privilégie l'attitude. Les acteurs ne jouent pas tant leurs personnages qu'ils incarnent une posture, une cool-attitude. Tom Cruise est l'incarnation de la confiance en soi, Val Kilmer, de la discipline.
La bande originale est un monument à elle seule, composée par Harold Faltermeyer, et dominée par des synthétiseurs agressifs typiques des années 80. Deux titres sont emblématiques: d'une part, Take My Breath Away de Berlin est la balade romantique par excellence, synonyme de scènes d'amour passionnées et d'ascenseur émotionnel, qui a d'ailleurs remporté l'Oscar de la meilleure chanson originale. D'autre part, il est impossible de rater Danger Zone de Kenny Loggins, l'hymne de la vitesse et de l'adrénaline qui accompagne chaque décollage avec une efficacité déconcertante. Cette BO n'est pas juste un accompagnement, elle est le moteur émotionnel du film.
Le tournage a été riche en péripéties. Une anecdote amusante concerne la Véritable Iceman: le pilote qui a servi de modèle pour le personnage était en fait le lieutenant Pete 'Viper' Pettigrew, un ancien instructeur de Topgun qui a également servi de conseiller technique sur le film et qui fait une apparition en tant que Perry dans la scène du bar ! Pour la scène sans soleil, la célèbre séquence de romance entre Maverick et Charlie a posé problème. Le soleil s'était couché. Scott, paniqué par la perte de lumière, a eu l'idée de génie de filmer les acteurs en contre-jour en utilisant la lumière des phares de sa voiture. L'effet est devenu iconique. Enfin, concernant la sueur d'Iceman: Val Kilmer a failli ne pas jouer dans le film, n'étant pas très enthousiaste à l'idée de faire un film militaire. Il a heureusement accepté et racontera plus tard qu'il passait son temps à transpirer dans la chaleur des plateaux, ce qui rendait, par contraste avec le Maverick de Cruise, son personnage d'Iceman encore plus "froid".
A sa sortie, la critique professionnelle a été tiède, voire glaciale. On reprochait à Top Gun son scénario mince, sa glorification de l'armée et de l'ère Reagan, et son esthétique tape-à-l'œil jugée superficielle. Le film était considéré comme une pub géante. Cependant, le public a massivement adhéré. Avec plus de 350 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget de 15 millions, Top Gun fut le plus gros succès de l'année 1986. L'amour des fans est resté intact au fil des décennies. Pour le grand public, ce film est une expérience purement jouissive: c'est un spectacle aérien sans précédent, porté par une icône au sommet de sa forme. Il est devenu le mètre étalon du film d'action moderne et l'archétype du blockbuster de l'ère MTV.
L'influence de Top Gun est d'abord notable au niveau du cinéma: il a popularisé l'esthétique du lens flare, et du montage rapide, pavant la voie à des films d'action intenses et visuellement audacieux. Au niveau de la mode, il a remis au goût du jour les lunettes aviateur Ray-Ban et le blouson de cuir G-1. Enfin, dans la culture pop, le film a cimenté le statut de Tom Cruise en tant que superstar bankable et a créé des répliques qui résonnent encore aujourd'hui.
Si Top Gun n'est peut-être pas un chef-d'œuvre de subtilité narrative, c'est indéniablement un chef-d'œuvre d'énergie, de style et d'efficacité pure. Il vous attrape dès le premier décollage et ne vous lâche pas avant le générique de fin. C'est le film parfait pour se rappeler pourquoi on aime le cinéma spectaculaire: pour la vitesse et l'adrénaline.
Pour les fans qui pensaient que l'histoire était bouclée, Tom Cruise avait un dernier tour de piste dans son sac. Trente-six ans plus tard, la suite tant attendue, Top Gun: Maverick (2022), a non seulement été un succès critique et commercial phénoménal, mais a surtout réussi à honorer l'héritage de l'original. Réalisé par Joseph Kosinski, ce film a remis le paquet sur la technique, avec des scènes aériennes encore plus impressionnantes et, surtout, un respect profond pour l'esprit de compétition et d'amitié qui faisait le charme du premier opus. L'attente valait clairement le coup !
##002961##Maverick, bête de sexe, fais-moi l'amour ou je ne réponds plus de mon corps.
Charlotte 'Charlie' Blackwood interprétée par Kelly McGillis | Top Gun

