Chimpers
09 févr. 2026Garde ta chemise, connard !
Charlie McFadden interprété par Don Keith Opper | Critters
Critters de Stephen Herek (1986).
DCeased #6 d'Edwards, Hairsine et Taylor (Couverture bis de Yasmine Putri).
Dans le comic book DCeased #6 - "End of the World" (Edwards, Hairsine et Taylor • DC Comics) la cover artist Yasmine Putri parodie l'affiche du film Critters de Stephen Herek sur une des couvertures alternatives de la BD. Ici, le Krite est remplacé par Bobo T. Chimpanzee alias Detective Chimp.
En 1986, au milieu de l'âge d'or du cinéma d'horreur et de science-fiction, un petit film décomplexé débarquait sur les écrans pour offrir une alternative velue et carnivore aux Gremlins de Joe Dante. Ce film, c'est Critters, réalisé par un certain Stephen Herek. Sorti aux Etats-Unis le 11 avril 1986, il a rapidement conquis le public par son mélange astucieux de terreur rurale et d'humour décalé. Bien loin des superproductions, Critters s'est imposé comme un classique culte de la série B.
Il est impossible d'évoquer Critters sans parler de sa ressemblance, souvent jugée opportuniste, avec Gremlins. Pourtant, le scénariste originel, Domonic Muir, a toujours insisté sur le fait que son projet était en développement bien avant la sortie du film de Dante. L'idée serait même inspirée d'un événement réel et folklorique: l'incident de Kelly-Hopkinsville en 1955, où une famille de fermiers aurait affirmé avoir été agressée par des créatures extraterrestres. C'est en rencontrant Stephen Herek, monteur chez New World Pictures, que le projet prend forme. Ils élaborent ensemble le scénario, le proposant finalement à New Line Cinema, studio qui venait de connaître un succès retentissant avec Les Griffes de la nuit.
Une flopée de créatures toutes en fourrure venues d'un autre monde s'avancent dans une petite ville suivies par des chasseurs de primes intergalactiques. Ces terribles boules de poils ne rencontrent aucun obstacle sinon des villageois militants.
AlloCiné | Critters
Critters marque les grands débuts de Stephen Herek derrière la caméra. Il a su insuffler au film une énergie particulière, préférant l'atmosphère décontractée à l'horreur pure. Côté style, la mise en scène est directe, allant à l'essentiel, mais jamais paresseuse. Tim Suhrstedt, le directeur de la photographie, apporte une touche de sérieux visuel aux décors rustiques de la ferme et du village, contrastant habilement avec le grotesque des marionnettes. Herek est d'ailleurs parvenu à diriger ses acteurs avec une légèreté bienvenue, évitant que le film ne sombre dans la parodie totale.
Le casting est un autre atout du film. On y retrouve l'excellente Dee Wallace, l'archétype de la mère courage, déjà célèbre pour avoir fait face à une autre créature dans E.T. de Spielberg. Ce choix d'actrice est un clin d'œil malicieux que le film s'amuse à faire. A ses côtés, on découvre un certain Billy Zane, dans un de ses tout premiers rôles, celui du petit ami d'April, qui sera confronté aux bestioles avant de connaître la gloire dans Titanic. Scott Grimes, qui joue le jeune héros Brad Brown, est également à ses débuts. Mais la vraie star humaine du film est sans doute Don Opper dans le rôle de Charlie McFadden, l'ivrogne local qui devient un chasseur de Krites par accident, apportant une touche d'humour burlesque indispensable. Sans oublier Terrence Mann, qui excelle en chasseur de primes polymorphe.
La musique, composée par David Newman, joue un rôle crucial dans l'ambiance du film. Newman, qui signait là une de ses premières bandes originales notables, a opté pour des morceaux qui mélangent les tonalités angoissantes de l'horreur des années 80 avec des accents plus légers et aventureux, accentuant le côté série B amusante de l'ensemble. La séquence d'ouverture, notamment, installe une atmosphère de science-fiction prenante avant que le chaos n'arrive sur Terre.
Concernant le tournage, qui s'est déroulé en seulement six semaines pour un budget modeste d'environ 3 millions de dollars, une anecdote est révélatrice de l'esprit du film. L'un des Critters, à un moment, se retrouve face à une peluche d'E.T., référence directe au film qui a rendu Dee Wallace célèbre. C'était une façon pour Herek de désamorcer les comparaisons constantes avec Gremlins en faisant un clin d'œil à un autre géant du genre. Les Critters eux-mêmes sont des marionnettes conçues par les frères Chiodo, des maîtres des effets spéciaux qui ont donné aux Krites leur look inoubliable: de petites boules de fourrure qui roulent comme Sonic, mais qui cachent une gueule terrifiante tapissée de dents acérées.
A sa sortie, Critters a été un succès commercial modeste au box-office nord-américain, rapportant un peu plus de 13 millions de dollars. Les critiques de l'époque étaient partagées, mais beaucoup ont salué son rythme effréné et son humour. Le célèbre critique Roger Ebert a par exemple noté que le film était plus qu'une simple copie grâce à son "humour et son sens du style".
Cependant, c'est au fil des années que le film a véritablement acquis son statut. Dans l'ombre des Gremlins, Critters a développé sa propre base de fans fidèles, séduits par son côté série B assumée, ses chasseurs de primes géniaux et son absence de prétention. Son succès culte a naturellement donné naissance à une franchise de quatre films et une série télévisée. L'influence de Critters réside dans sa capacité à avoir prouvé qu'un concept simple, réalisé avec cœur et avec de bonnes marionnettes, pouvait survivre et prospérer dans le paysage cinématographique des petits monstres, laissant une marque indélébile dans le cœur des amateurs de comédie horrifique des années 80.
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Jay Brown interprété par Billy Green Bush | Critters