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Comte Dracula interprété par Béla Lugosi | Dracula


Dans le fumetti Série Jaune Hors série - Tome 13 - "Un héritage sanglant" (Morricone • Elvifrance) Edoardo Morricone alias Morrik croque Béla Lugosi et lui donne le rôle du vampire Dracula.
(L'image est tirée de la Couverture).

Ce n'est pas anodin si Morricone le dessine en comte Dracula, vu que Béla Lugosi a immortalisé le personnage en incarnant le vampire dans le classique du film d'horreur Dracula (1931) de Tod Browning.

Photographie de Béla Lugosi sur le tournage du film Dracula de Tod Browning (1931). Béla Lugosi selon Edoardo Morricone. Photographie de Béla Lugosi et Helen Chandler sur le tournage du film Dracula de Tod Browning (1931).
Série Jaune Hors série - Tome 13 d'Edoardo Morricone (Couverture)
et
Photographies du tournage du film Dracula de Tod Browning (1931).

Pour réaliser cette couverture, Edoardo Morricone alias Morrik a plagié les deux photographies ci-dessus du tournage du film Dracula où Béla Lugosi campe le rôle titre et Mina Seward interprète Helen Chandler.

 

Béla Ferenc Dezső Blaskó, dit Béla Lugosi (1882-1956) était un acteur hongro-américain. Il est le plus jeune des quatre enfants d'un père magyar István Blaskó, banquier, et de sa mère serbe Paula Vojnić. Quand on pense à Dracula, un visage vient immédiatement à l'esprit: celui, anguleux et hypnotique, de Béla Lugosi. Avec sa cape, son accent d'Europe de l'Est et son regard pénétrant, il a créé l'archétype du vampire aristocratique qui a terrifié et séduit des générations de spectateurs. Mais réduire cet acteur à un seul rôle, aussi iconique soit-il, serait passer à côté d'une vie et d'une carrière aussi tragiques que fascinantes. Accrochez-vous, on remonte le cercueil du temps.

Avant d'être le plus célèbre buveur de sang du cinéma, Béla Ferenc Dezső Blaskó était un acteur de théâtre respecté dans sa Hongrie natale. Né en 1882 à Lugoj, il se forme aux grands classiques et devient un membre reconnu de la scène théâtrale de Budapest. Mais l'Histoire, avec un grand H, frappe à sa porte. Suite à son activisme politique de gauche après la Première Guerre mondiale, il est forcé de fuir son pays. Après un détour par l'Allemagne, il embarque pour l'Amérique, sans parler un mot d'anglais. C'est là que la légende commence, apprenant ses premiers rôles phonétiquement. Un sacré CV avant même de penser à enfiler des canines en plastique.

En 1931, Universal Pictures adapte la pièce de théâtre Dracula, dans laquelle Lugosi triomphait déjà à Broadway. Le studio voulait initialement un autre acteur, mais le destin (et un salaire bien plus bas) a mis Béla sur le devant de la scène. Et quel coup de génie ! Son Dracula n'est pas une simple brute. C'est un prédateur élégant, un noble au charme vénéneux. Chaque geste est calculé, chaque intonation de sa voix, avec ce fameux accent qu'il gardera toute sa vie, est une mélodie étrange. Il n'a pas besoin de se transformer en chauve-souris en carton-pâte pour être effrayant; son regard fixe et sa présence suffisent. Le film est un succès colossal et propulse Lugosi au rang de star. Le problème ? Le rôle lui colle à la peau comme une sangsue. Hollywood, qui adore mettre les gens dans des cases, ne voit plus en lui que le monstre exotique. Lugosi est devenu Dracula et Dracula est devenu Lugosi.

C'est là que la critique de son œuvre devient intéressante. Prisonnier de son image, Lugosi a tourné dans un nombre incalculable de films d'horreur de seconde zone. Mais même dans les productions les plus fauchées, son professionnalisme et sa présence magnétique transparaissent souvent. White Zombie (1932): Considéré comme le premier film de zombies, il y incarne un maître vaudou hypnotique, tout aussi charismatique et inquiétant que son Dracula. Le Chat Noir (1934): Sa première collaboration avec son "rival" de l'horreur, Boris Karloff. Un film à l'ambiance gothique et malsaine où Lugosi livre une performance intense et torturée. Le Fils de Frankenstein (1939): Il y joue Ygor, un personnage tordu et inquiétant, prouvant qu'il pouvait être brillant sans sa cape de vampire.

A la fin de sa vie, malade, dépendant à la morphine (suite à des blessures de guerre) et oublié par les grands studios, il croise la route d'Ed Wood, souvent qualifié de "plus mauvais réalisateur de tous les temps". Ensemble, ils tournent des films comme Glen ou Glenda et le tristement célèbre Plan 9. On pourrait voir cette période comme le fond du trou. Et d'une certaine manière, ça l'était. Mais il y a une étrange poésie dans cette collaboration. Ed Wood admirait sincèrement Lugosi, et ces films, bien que ratés, lui ont permis de continuer à faire ce qu'il aimait: jouer. Les quelques scènes de Lugosi dans Plan 9, tournées juste avant sa mort et intégrées au film de manière posthume, sont un adieu involontaire et poignant au cinéma.

Béla Lugosi était un homme fier, conscient de son talent, mais brisé par un système qui l'a exploité avant de le jeter. L'un de ses actes les plus courageux fut de rendre publique sa lutte contre la toxicomanie en 1955, devenant l'une des premières stars à s'inscrire volontairement en cure de désintoxication. Un geste impensable à l'époque.

Il est décédé en 1956, et selon la légende, a été enterré avec l'une de ses capes de Dracula. Un dernier clin d'œil à ce rôle qui fut à la fois sa gloire et sa prison. Mais, soyons justes, tous les Dracula, de Christopher Lee à Gary Oldman, lui doivent un bout de croc. C'est lui qui a défini le mythe du vampire "cool", à la fois effrayant et irrésistiblement kitsch. Alors, la prochaine fois que vous verrez une image de Dracula, ayez une pensée pour Béla Lugosi. Un acteur talentueux qui a donné un visage immortel à nos cauchemars, mais dont la propre histoire, pleine de hauts et de bas, est tout aussi captivante que n'importe laquelle de ses fictions.

L'araignée tisse sa toile pour la mouche imprudente... Le sang est la vie, M. Renfield.

Comte Dracula interprété par Béla Lugosi | Dracula

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