L'instant est béni. Tout le reste est souvenir.

Jim Morrison | Wilderness

Strange Days de The Doors (1967).
Strange Days de The Doors (1967).

Strange Days selon Harold Sakuishi.
Beck - Tome 19 d'Harold Sakuishi (Planche 125).

Dans le manga Beck - Tome 19 (Sakuishi • Delcourt) Harold Sakuishi pastiche la pochette de l'album musical Strange Days de The Doors la page d'introduction du troisième chapitre de la BD planche 125. Ici, le nain devient Tanaka Yukio dit Koyuki, le géant est remplacé par Saitô Ken'ichi, le jongleur mue en Ryûsuke Minami alias Ray, le porteur est substitué par Chiba Tsunemi, le voltigeur se transforme en Yûji Sakurai alias Saku, et le trompettiste est converti en Taira Yoshiyuki.

 

Strange Days est le deuxième album du groupe américain The Doors, sorti le 25 septembre 1967 chez Elektra Records. Cet album fut un succès commercial, grimpant à la 3ème place des charts américains et raflant un Disque de Platine. Il contient deux singles ayant atteint le Top 30: People are strange et Love me two times.

Le critique musical Robert Christgau qualifie l'album de "musclé mais difforme" en mai 1968 dans un article pour Esquire mais reconnait que les Doors étaient "sortis de nulle part pour régner sur les groupes américains les plus hard". Le magazine RollingStone avoue aussi que l'album "possède toute la force et l'énergie du premier, mais demeure plus subtile, plus complexe, et bien plus efficace" et affirme que "l'album entier est construit en cinq actes comme une tragédie. Comme une tragédie grecque, tu sais quand la musique est finie car c'est une catharsis".


1. Strange Days
2. You're Lost Little Girl
3. Love Me Two Times
4. Unhappy Girl
5. Horse Latitudes
6. Moonlight Drive
7. People Are Strange
8. My Eyes Have Seen You
9. I Can't See Your Face in My Mind
10. When the Music's Over

The Doors | Strange Days

Cette pochette est l'œuvre de Joel Brodsky, photographe américain auteur de plus de 400 pochettes d'albums devenu célèbre pour sa photo de Jim Morrison torse nu, les bras en croix. Le visuel du deuxième album de la bande au poète maudit ne tombe pas dans la facilité et pour cause. En effet, au cours d'une des crises dont il était coutumier, Morrison refuse de se prêter à la séance photo sensée servir de base à l'édition de l'album à paraître fin 1967. Qu'à cela ne tienne ! Au retour d'un repérage, Brodsky, s'inspirant du film La Strada de Federico Fellini, propose de faire un cliché d'un groupe de saltimbanques dans les rues de New York City. Pour ce faire, deux acteurs sont embauchés: les nains jumeaux que l'on voit au recto et au verso. Le jongleur lui est l'un des assistants du photographe, le géant un portier de club, et le trompettiste un taxi recruté sur place pour 5 dollars. Une fois réunie, la petite troupe est amenée sur les lieux du shooting dans l'Est de Manhattan, dans une ruelle du nom de Sniffen Court. Mise en scène impeccable, le cliché donne vraiment l'impression d'avoir été pris sur le vif. L'ambiance mélodramatique associée à une incongrue étrangeté des lieux et des personnages colle parfaitement à la musique du groupe. Pour parfaire le décor et afin d'identifier clairement l'album, un poster des musiciens a été collé sur le mur de l'impasse.

L'album est un franc succès commercial, restant soixante-trois semaines dans les charts américains, jusqu'à novembre 1967, et atteignant même la troisième marche du podium. Son impact fut ironiquement atténué par le succès persistant du premier album qui resta dans le Top 10 durant dix mois.

Toute chose énoncée veut aussi dire son contraire et autre chose.

Jim Morrison | Wilderness

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