Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa.

Genèse, I, 27 de La Bible

La Création d'Adam de Michel-Ange (~1511).
La Création d'Adam de Michel-Ange à la chapelle Sixtine de Rome (~1511).

La création d'Adam selon Jean-Claude Mézières.
Valérian et Laureline- Tome 18 de Jean-Claude Mézières et Pierre Christin (Page 53, case 1).

Dans Valérian et Laureline - Tome 18 - "Par des temps incertains" (Mézières et Christin • Dargaud) Jean-Claude Mézières rend hommage à la fresque La Création d'Adam de Michel-Ange en la transposant dans une case de sa BD. Ici, Adam est remplacé par un clone sur le point de prendre vie, et Dieu par son alter-ego version Valérian.

 

La Création d'Adam, fresque majeure de Michel-Ange (1475-1564) peinte entre 1508 et 1512 au plafond de la Chapelle Sixtine au Vatican, synthétise le génie de la Renaissance italienne autant par sa force plastique que par ses innovations iconographiques. Commandée par le pape Jules II, cette œuvre propose un programme iconographique complexe, d'inspiration néoplatonicienne, composé de neuf épisodes de la Genèse: six épisodes de la Création et trois épisodes de la vie de Noé. Le quatrième tableau, le point central de l'épisode sur la Création de l'homme, est le contact qui s'établit entre le doigt du Créateur et celui d'Adam, contact à travers lequel sera transmis le souffle de vie.

Sur un fond nu, Adam, représenté comme un jeune homme nu à la musculature parfaite, allongé sur la terre, lève le bras vers Dieu. A droite, Dieu, incarné comme un vieil homme à la barbe blanche, flotte dans une nuée d'anges enveloppé d'un grand manteau. Ils tendent chacun l'index, dans le geste devenu emblématique où la main du Créateur s'approche de celle d'Adam, mais sans que les doigts ne se touchent vraiment. Ce détail dramatise l'instant précis où le souffle de la vie divine va être transmis à l'humanité.

Michel-Ange innove en montrant un Dieu porté par des anges, dynamique, plein d'énergie, loin de la représentation traditionnelle du père statique sur un trône. La symétrie entre Adam et Dieu exprime puissamment le verset biblique "Dieu créa l'homme à son image": ils se ressemblent physiquement, Dieu étant ici figuré presque comme un miroir d'Adam. La composition met en valeur le corps humain dans sa beauté idéale, rappelant l'étude approfondie de l'anatomie par l'artiste.

La portée de la fresque dépasse la pure illustration religieuse. Elle incarne la dignité de l'homme, sommet de la création divine et foyer de la vie spirituelle selon la pensée humaniste de la Renaissance. Le geste des mains, qui ne se touchent pas, est interprété comme symbole de la connexion possible entre le divin et l'humain, mais aussi de la fragilité de cette relation.

Certains historiens de l'art voient des significations cachées: le manteau entourant Dieu ressemble à une coupe du cerveau humain ou, selon d'autres, à un utérus, interprétant l'ensemble comme une évocation de la naissance de l'humanité et de la conscience, au carrefour du spirituel et du charnel.

La Création d'Adam est considérée comme l'un des sommets de l'art occidental. Son image, notamment les mains tendues presque jointes, est devenue un véritable symbole universel, réinterprété à l'infini dans la culture populaire autant que dans l'art contemporain.

Au-delà de sa prouesse technique, la fresque impressionne par sa puissance narrative et philosophique. Elle incite à méditer sur la nature humaine, la place de l'homme dans l'univers et son lien intime avec le divin. Autant de thèmes qui assurent à l'œuvre une portée intemporelle.

PS: Michel-Ange a dû peindre cette fresque monumentale sur un plafond situé à plus de 20 mètres de hauteur, souvent dans des positions très inconfortables, allongé sur le dos avec la tête tournée en arrière. Pour cela, il a lui-même conçu un échafaudage spécial permettant de réaliser cet exploit technique qui ajoute à la légende de cette œuvre devenue un symbole universel de la création et de la beauté humaine.

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