Case Lu(e)
21 juil. 2026Les cinéastes sont les conteurs d'aujourd'hui.
George Lucas
Dans Meurtres fatals - Tome 2 - "Meurtres fatals 002" (Maëster • Fluide Glacial) Maëster croque George Lucas au détour d'une planche de son histoire "STAR WART La verrue des étoiles".
(L'image est tirée de la page 31, case 1).
George Lucas (1944) est un réalisateur, producteur et scénariste américain. Elevé dans un ranch à Modesto, en Californie, il se destine initialement à une carrière de pilote automobile. Cependant, un grave accident change radicalement sa trajectoire. S'il abandonne la compétition, il conserve une passion pour la mécanique et la vitesse, une influence que l'on retrouvera plus tard dans American Graffiti. Il intègre alors l'Université de Californie du Sud pour y étudier le cinéma, tout en se passionnant pour l'anthropologie, les contes et les mythologies comparées.
Fasciné par le montage et le format documentaire, le jeune cinéaste se fait remarquer avec son court-métrage de science-fiction expérimental, THX-1138 : 4EB (Electronic Labyrinth). En 1970, il l'adapte en long-métrage. Produit par son ami Francis Ford Coppola. THX 1138 est un échec commercial, bien qu'il devienne plus tard une œuvre culte. Trois ans plus tard, Lucas délaisse la science-fiction pour la nostalgie avec American Graffiti, une comédie dramatique portée par de jeunes talents: Ron Howard, Richard Dreyfuss et Harrison Ford. Le film est un immense succès critique et public.
Parallèlement, après avoir échoué à obtenir les droits de Flash Gordon, il commence à concevoir sa propre saga intergalactique. Mêlant quête initiatique, mondes merveilleux et combats spatiaux, ce projet est un hommage aux serials de son enfance. Conçue à l'origine comme une fresque en neuf épisodes, l'œuvre devient Star Wars, racontant le destin d'Anakin Skywalker et de son fils Luke au cœur d'une galaxie en proie à la guerre civile. Malgré le succès d'American Graffiti, aucun studio ne souhaite investir dans ce projet spatial jugé trop étrange. Seule la 20th Century Fox, encouragée par les cinq nominations aux Oscars de son précédent film, accepte de lui confier un budget (modeste pour l'ambition du projet) de 8 millions de dollars. Le tournage, partagé entre la Tunisie et l'Angleterre, s'apparente à un marathon éprouvant. Lucas doit faire face au scepticisme d'une équipe technique peu convaincue par ce "film pour enfants" et à la pression constante du studio, inquiet des dépassements budgétaires et des délais. Pour réaliser ses ambitions visuelles, Lucas fonde en 1975 sa propre société d'effets spéciaux, Industrial Light & Magic. Les techniciens y travaillent jour et nuit. Malgré le pessimisme des producteurs de la Fox, La Guerre des étoiles sort le 25 mai 1977 sur quelques écrans américains. C'est un raz de marée sans précédent. En moins d'un an, le film devient le plus gros succès de l'histoire du cinéma, révolutionnant l'industrie tant sur le plan technologique que marketing. Anticipant le phénomène, Lucas avait négocié les droits des suites et des produits dérivés, lui permettant de bâtir un véritable empire via sa société Lucasfilm Ltd.
Epuisé par la réalisation du premier opus, George Lucas confie la mise en scène de L'Empire contre-attaque (1980) à Irvin Kershner, puis celle du Retour du Jedi (1983) à Richard Marquand. Il reste toutefois le superviseur absolu de son univers. Durant cette période, il s'impose comme un producteur majeur en lançant, avec son complice Steven Spielberg, la saga Indiana Jones. Toujours à la pointe de la technologie, il développe via ILM des innovations majeures: le système sonore THX, les caméras assistées par ordinateur et les prémices de l'imagerie de synthèse.
En 1994, impressionné par le réalisme des dinosaures de Jurassic Park, Lucas décide de revenir à l'univers Star Wars pour raconter les origines de la saga. En 1997, vingt-deux ans après sa dernière réalisation, il lance la Prélogie avec La Menace fantôme (1999), suivie de L'Attaque des clones (2002) et de La Revanche des Sith (2005).
Parallèlement, au grand dam de certains puristes, il continue de retoucher ses films originaux pour les faire correspondre à sa vision technologique du moment, remplaçant par exemple des acteurs ou ajoutant des effets numériques dans les versions DVD. Tout en étendant l'univers via la série animée The Clone Wars, George Lucas exprime, après la sortie de l'Episode III, son souhait de s'éloigner des blockbusters pour revenir au cinéma expérimental et indépendant qui l'animait à ses débuts.
En octobre 2012, George Lucas crée la surprise mondiale en vendant sa société Lucasfilm à Disney pour plus de 4 milliards de dollars. Ce choix marque son retrait de la gestion active de ses franchises, laissant à une nouvelle génération de cinéastes le soin de poursuivre l'épopée Skywalker et les aventures d'Indiana Jones. Bien qu'il conserve un rôle de consultant créatif informel sur certains projets, il s'éloigne progressivement des plateaux pour se consacrer à la philanthropie, notamment via la fondation du Lucas Museum of Narrative Art à Los Angeles.
Aujourd'hui, alors que l'univers Star Wars continue de s'étendre à travers de nombreuses séries et films, l'influence de George Lucas sur le cinéma contemporain reste inégalée. En recevant une Palme d'Or d'honneur au Festival de Cannes 2024, il a été célébré non seulement comme un pionnier des effets visuels et du son numérique, mais surtout comme un visionnaire ayant su créer une mythologie moderne universelle, capable de traverser les époques et les générations.
##003143##Le secret du cinéma, c'est que c'est une illusion.
George Lucas