Le bourreau est la pierre angulaire des sociétés.

Joseph de Maistre

Illustration The Executioner de Fank Frazetta (1967). Illustration The Executioner de Fank Frazetta pour la couverture du magazine Creepy #17 (1967).
Illustration The Executioner de Fank Frazetta pour la couverture du numéro 17 du magazine Creepy (1967).

The Executioner selon Promotora K.
El Conde Bartók #68 - Collectif (Couverture).

Dans le comics mexicain El Conde Bartók #68 - "Amaneger Sangriento" (Collectif • Promotora K) le cover artist parodie illustration The Executioner de Fank Frazetta peinte pour la Une du magazine Creepy #17 sur la couverture de la BD. Ici, The Executioner est remplacé par le bourreau d'une des histoires contées par le Comte Sergio de Bartók.

Comme beaucoup de BD de cette époque, les auteurs ne sont pas crédités dans l'album. Si quelqu'un connaît le ou les scénariste(s)/dessinateur(s), je suis preneur pour compléter l'article.

 

Frank Frazetta a peint The Executioner en 1967 pour servir de couverture au numéro 17 du célèbre magazine d'horreur américain Creepy.

Un exécuteur solitaire, capuchon rabattu, se découpe sur un ciel incandescent. Hache en main, prêt à en découdre. Chez Frazetta, chaque centimètre carré de toile déborde d'énergie. L'exécution, dans tous les sens du terme, est magistrale: pose dynamique, contraste de la silhouette sombre sur le fond lumineux, et cette ambiance quasi-mythologique qui donne envie d'inventer mille histoires à partir d'une simple image, car chez Frazetta l'impact visuel va bien au-delà du figuratif.

Frank Frazetta a toujours eu le chic pour fusionner des muscles hypertrophiés, des tons dramatiques et une lumière qui théâtralise la scène. Là, il combine violence suggérée et esthétisme affirmé: rien de gore, mais une tension palpable, un silence qui précède la tempête ou, ici, la décapitation. Si ce bourreau a la classe, c'est qu'il bénéficie de la fameuse "Frazetta touch": un coup de pinceau énergique, des couleurs qui claquent sans être criardes, une composition qui colle à la rétine.

Frazetta est un maître du clair-obscur. Regardez bien: la seule source de lumière semble venir de derrière. Elle ne sert qu'à sculpter les formes essentielles. Le visage du bourreau ? Totalement dans l'ombre. Et c'est brillant. En lui refusant un visage, Frazetta en fait non pas un homme, mais un symbole. Le symbole de la mort, de la justice aveugle ou de la pure brutalité. La composition est basée sur un triangle très stable. Cette forme géométrique simple ancre le personnage et lui donne un poids, une présence écrasante.

Frazetta ne peint pas des illustrations, il peint des histoires. Au final, The Executioner est bien plus qu'une simple illustration de fantasy. C'est une démonstration de force artistique. En une seule image, Frank Frazetta nous donne une leçon de composition, de narration et de création d'ambiance. Malgré ses aspects un peu clichés aujourd'hui, l'œuvre conserve une puissance d'évocation brute, presque primale, qui continue d'influencer des générations d'artistes. C'est sombre, c'est brutal, et c'est absolument magnifique.

La pitié du bourreau consiste à frapper d'un coup sûr.

Ernst Jünger

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