Dans la toile de Frazetta
05 janv. 2026A notre époque, lorsqu'une mite s'attaque à un maillot de bain féminin, c'est sûrement qu'elle est au régime.
Anonyme
Dessin Vampirella de Frank Frazetta pour le numéro 29 du magazine Creepy (1969).
El Sorprendente Hombre Arana #148 de Jose Luis Duran et Raul Martinez Gonzalez (Couverture).
Dans le comic book mexicain El Sorprendente Hombre Arana #148 (Duran et Gonzalez • La Pensa) Jose Luis Duran plagie un des premiers dessins de Vampirella de Frank Frazetta pour le numéro 29 du magazine Creepy sur la couverture de sa BD. Ici, Vampirella est rhabillée en jaune, et n'apparaît même pas dans le comics.
Les comics El Sorprendente Hombre Arana sont une version non canon d'Amazing Spider-Man au Mexique.
Pour avoir plus d'informations sur le magazine Creepy et en voir d'autres pastiches, rends-toi »ici« où j'ai déjà traité le sujet. 😉
Aujourd'hui, on va parler d'une icône qui a défini le genre Sword & Sorcery et l'esthétique du vampire sexy: Vampirella. Et plus précisément, on va se pencher sur l'œuvre fondatrice, un des premiers dessins préparatoires de la création du personnage réalisé à la fin des années soixante, signée du maître incontesté de la fantasy, j'ai nommé Frank Frazetta.
Imaginez: nous sommes en 1969. Les hippies fleurissent, la guerre du Vietnam fait rage, et l'Amérique est en pleine mutation culturelle. Dans le monde de la bande dessinée, le Comics Code Authority (la censure américaine post-années 50) est encore bien présent. C'est là qu'intervient James Warren, l'éditeur génial et un peu trash de Warren Publishing, qui contourne astucieusement la censure. Comment ? En publiant ses magazines, comme Creepy et Eerie, au format "magazine noir et blanc", ce qui les exemptait du code. C'est dans ce contexte de liberté relative et de soif de sensations fortes que Warren décide de lancer une nouvelle héroïne: Vampirella, la comtesse extraterrestre de la planète Drakulon.
Pour créer ce personnage sulfureux, il fait appel à Frank Frazetta. Warren, inspiré par le film Barbarella (1968), voulait une figure féminine puissante et érotique.
L'œuvre de Frazetta sur Vampirella existe sous plusieurs formes, du croquis au crayon à la couverture peinte (qui fera l'objet d'un autre article). Le dessin à l'encre comme celui du jour est emblématique des travaux initiaux, créés pour le format noir et blanc des magazines Warren. Encre de Chine et lavis: c'est le Frazetta du comic book et du pulp, un travail de ligne pur. Purement bicolore, noir sur blanc, cette simplicité renforce l'impact dramatique. Toute la puissance réside dans les contrastes extrêmes et le travail de la ligne et de la texture. La composition est ici souvent plus épurée que dans ses peintures à l'huile. Le focus est mis sur la figure elle-même, avec une utilisation magistrale du vide pour accentuer sa présence.
Le corps de Vampirella est dessiné avec une assurance rare, les lignes sont épaisses, souvent hachurées, et extrêmement dynamiques. En utilisant très peu d'encre sur sa brosse, il crée des textures grises et granuleuses. C'est ce qui simule les ombres, donnant à l'œuvre une profondeur intense sans avoir besoin de couleur. Même sans couleur, chaque muscle et chaque courbe sont palpables. Frazetta ne dessine pas seulement un corps, il exprime une force primitive et une énergie indéniable.
Ce dessin a été publié en 1969 dans le magazine Creepy pour faire la promotion du premier numéro de Vampirella à paraître.
L'impact de Frazetta sur Vampirella est tel qu'il a défini le personnage pour tous les artistes qui ont suivi, notamment le grand José González. Même après 50 ans d'existence, l'image que l'on se fait de Vampirella reste celle du corps en tension, des cheveux de jais et du maillot rouge écarlate que Frazetta a gravé dans l'imaginaire collectif. Il a réussi à injecter son style brut et primal dans une figure qui aurait pu être un simple gadget de l'horreur. Un vrai tour de force.
L'illustration de Vampirella par Frank Frazetta n'est pas juste une belle image: c'est un moment charnière où l'art de la fantasy a croisé le chemin du féminin puissant et dangereux. Qu'elle soit en couleur ou, comme ici, en noir et blanc féroce, Frazetta a signé une œuvre viscérale, dynamique, et incroyablement efficace, qui continue de nous hanter (dans le bon sens du terme, évidemment !).
##002946##- Quoi ? Tu portes un maillot de bain toute la journée et tu sais pas nager ?
- Bah quoi ?! T'as bien des cheveux et t'es pas coiffeur !Jean-Pierre (Richard Anconina) et Patrick (Franck Dubosc) | Camping 2