On meurt tous un jour, petit, qu'on soit mendiant ou empereur.

Jiko doublé par Kaoru Kobayashi | Princesse Mononoké

Princesse Mononoké de Hayao Miyazaki (1997). Princesse Mononoké de Hayao Miyazaki (1997).
Princesse Mononoké de Hayao Miyazaki (1997).


Shanda the Panda #41 de Loomis, Maranda, Curtis, et Crusoe (Couverture de Carla Speed McNeil).

Dans le comic book Shanda the Panda #41 (Loomis, Maranda, Curtis, et Crusoe • Antarctic Press) le cover artist Carla Speed McNeil parodie l'affiche du film d'animation Princesse Mononoké de Hayao Miyazaki sur la couverture de la BD. Ici, San doublée par Yuriko Ishida (Yuriko Ishida en VF) est remplacée par Shanda Bruin et Moro doublée par Akihiro Miwa (Catherine Sola en VF) devient Richard Sabatier alias Double R.

 

Princesse Mononoké de l'illustre Hayao Miyazaki est un monument de l'animation japonaise qui a marqué des générations. Sorti le 12 juillet 1997 au Japon et le 12 janvier 2000 en France, le film est bien plus qu'un simple dessin animé, c'est une épopée époustouflante qui nous pousse à réfléchir sur notre rapport au monde.

Japon, XVe siècle. Jadis protégée par des animaux géants, la forêt se dépeuple à cause de l'homme. Blessé par un sanglier rendu fou par les démons, le jeune guerrier Ashitaka (Yōji Matsuda) quitte les siens et part à la recherche du dieu-cerf qui seul pourra défaire le sortilège qui lui gangrène le bras. Au cours de son voyage, Ashitaka rencontre Lady Eboshi (Yūko Tanaka), à la tête d'une communauté de forgerons, qui doit se défendre contre ceux qui lui reprochent de détruire la forêt pour alimenter ses forges. Parmi ses pires ennemis se trouve San (Yuriko Ishida), une jeune fille sauvage élevée par des loups, aussi appelée "Princesse Mononoké", la princesse des spectres...

AlloCiné | Princesse Mononoké

Princesse Mononoké était un projet de longue date pour Miyazaki. Dès la fin des années 70, il avait déjà esquissé l'idée d'une princesse vivant en forêt aux côtés d'une bête sauvage, s'inspirant à la fois du folklore japonais et du conte occidental La Belle et la Bête. Cependant, l'histoire de la version de Miyazaki s'en est considérablement éloignée. La production du film a été un véritable marathon de trois ans pour l'équipe du Studio Ghibli. Miyazaki a commencé l'écriture détaillée du scénario en août 1994. En avril 1995, le projet prenait forme et l'animation a pu débuter en juillet 1995 pour s'achever juste avant la première en juin 1997. Petite anecdote croustillante: Miyazaki dessinait les storyboards au fur et à mesure, ce qui fait que personne, pas même son équipe, ne savait comment le film allait se terminer avant le tout dernier moment.

Ce qui frappe dans Princesse Mononoké, c'est l'absence de manichéisme. Ici, pas de gentils tout blancs ni de méchants tout noirs. Chaque camp, qu'il s'agisse des humains ou des esprits de la forêt, défend ses propres intérêts et se bat pour sa survie. Le conflit naît de l'incompréhension et non d'une lutte simpliste entre le bien et le mal. Cette complexité scénaristique a d'ailleurs pu dérouter certains spectateurs peu habitués à l'animation japonaise. Mais c'est justement là toute la richesse du récit: il nous invite à remettre en question notre vision du monde et à appréhender les nuances.

Quand on parle de Princesse Mononoké, impossible de ne pas s'extasier devant son esthétique visuelle. La qualité de l'animation est incroyable et la beauté des décors stupéfiante. Miyazaki et son équipe se sont inspirés des forêts denses et des montagnes escarpées de l'île de Yakushima pour créer des paysages d'une richesse et d'une inventivité visuelles extraordinaires. Mention spéciale pour le travail sur l'eau, un élément particulièrement difficile à représenter en animation, qui est ici rendu avec une finesse remarquable.

Au départ, je n'étais pas satisfait de l'image que donnaient les studios Ghibli de l'homme face à son environnement. En particulier la manière douce, idyllique, dont nous avons montré le rapport à la nature. Je pense que dans la relation entre l'homme et la nature, il y a un aspect terrible, quelque chose de beaucoup plus vaste...

Hayao Miyazaki

Côté technique, Princesse Mononoké a été le premier film du Studio Ghibli à intégrer l'outil informatique de manière significative, mais toujours au service de l'animation traditionnelle. Seulement 100 des 1600 plans du film ont été réalisés à l'aide d'un ordinateur, et les images numériques se fondent parfaitement avec les dessins à la main et la colorisation sur cellulo. On retrouve l'utilisation de la 3D pour des éléments précis comme les tentacules du Tatarigami ou la monture d'Ashitaka, le mapping pour simuler la profondeur des décors en mouvement, le morphing pour illustrer les transformations, et les particules pour animer des éléments lumineux comme les globules du Didarabocchi. Une vraie prouesse technique !

Et que dire de la bande-son ? Encore une fois, Joe Hisaishi, le magicien derrière les musiques de nombreux films Ghibli, nous livre une partition à couper le souffle. Sa sixième collaboration avec le studio est un succès éclatant. Il alterne des thèmes symphoniques grandioses avec des morceaux plus doux, empreints d'une grande pureté. La musique contribue énormément au souffle épique du film, nous transportant à travers les péripéties d'Ashitaka. Et la chanson-titre, interprétée par Yoshikazu Mera, est d'une bouleversante mélancolie, surgissant de nulle part pour nous toucher en plein cœur. Sans oublier le travail sur les silences et les bruits naturels, qui mettent en valeur les moments de tension.

A sa sortie, Princesse Mononoké a été un véritable triomphe. Contre toute attente, en proposant une œuvre plus complexe que ses précédentes réalisations, Miyazaki a pulvérisé tous les records au box-office. Ce succès prouve l'impact de la réflexion soulevée par le film auprès du grand public. Le long métrage a sans aucun doute participé, au tournant du XXIe siècle, à l'émergence d'une prise de conscience mondiale concernant le changement climatique et la responsabilité humaine face à ce dérèglement. Le film résonne toujours autant aujourd'hui, nous rappelant l'importance de questionner notre rapport à la nature et de chercher un équilibre, même lorsque les intérêts semblent inconciliables. Un film à voir et à revoir, qui continue d'inspirer et de faire réfléchir !

Regardez-bien, regardez tous à quoi nous ressemblons lorsque la haine s'empare de nous. Moi, elle me ronge le bras et elle finira par me dévorer vivant ! La colère et la peur décuplent la force du mal. alais

Ashitaka doublé par Yōji Matsuda | Princesse Mononoké

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