Tu sais, Adrian, pour me battre, il va falloir qu'il me tue. Et pour me tuer, il va falloir qu'il ait le courage de se dresser devant moi.

Rocky Balboa interprété par Sylvester Stallone | Rocky IV

Plan du film Rocky IV de et avec Sylvester Stallone (1985). Rocky IV de et avec Sylvester Stallone (1985).
Rocky IV de et avec Sylvester Stallone (1985).

Rocky IV selon Dale Keown.
Wolverine #8 d'Acuna et Aaron (Couverture bis de Dale Keown).

Dans le comic book Wolverine #8 - "Wolverine vs the X-Men" (Acuna et Aaron • Marvel) le cover artist Dale Keown parodie l'affiche du film Rocky IV de et avec Sylvester Stallone sur la couverture alternative de la BD. Ici, Rocky Balboa interprété par Sylvester Stallone est remplacé par Thor.

Cette version alternative fait partie d'une série de couvertures "Thor Hollywood Variant" parues à la même époque que la sortie du premier film Thor du Marvel Cinematic Universe où de nombreux comics Marvel arborent des couvertures bis de l'univers de Thor transposées dans des films hollywoodiens.

 

Sorti en salles le 27 novembre 1985, Rocky IV n'est pas un film comme les autres. C'est un uppercut de patriotisme, une compilation de clips musicaux déguisée en long-métrage et, sans conteste, l'un des plaisirs coupables les plus jouissifs des années 80. Oubliez la finesse du premier opus. Ici, on est dans le spectacle pur, le symbole, le combat du Bien contre le Mal... avec des gants de boxe.

Après le succès phénoménal de Rocky III et son face-à-face mémorable avec Clubber Lang (Mr. T), Sylvester Stallone se retrouve face à un défi de taille: comment aller plus loin ? La réponse lui est venue du contexte de l'époque. Nous sommes en pleine Guerre Froide, et l'antagonisme entre les Etats-Unis et l'Union Soviétique est à son paroxysme. Stallone a alors l'idée de transposer ce conflit planétaire sur un ring. Rocky ne se battra plus pour une ceinture, mais pour l'honneur de sa nation, face à un adversaire qui incarne la puissance soviétique. Le projet est lancé: ce sera un choc des idéologies, un combat pour la liberté. Rien que ça.

Rocky Balboa (Sylvester Stallone) est champion du monde de boxe poids lourd, mais il doit faire face à un nouveau challenger: Drago (Dolph Lundgren), un combattant qui a le soutien de l'Union soviétique. Rocky se prépare à un combat très intense, dans lequel il doit non seulement se défendre, mais aussi défendre l'honneur de son pays !

AlloCiné | Rocky IV

Le script, également signé Stallone, ne s'embarrasse pas de subtilités. Rocky, désormais riche, célèbre et profitant d'une retraite paisible, voit sa vie basculer. Un nouveau boxeur venu de l'URSS, Ivan Drago, débarque aux Etats-Unis. Présenté comme le produit de la science et de la technologie soviétiques, il est plus qu'un athlète: c'est une machine de guerre. Poussé par son orgueil et son patriotisme, Apollo Creed, l'ami de Rocky, décide de sortir de sa retraite pour l'affronter dans un match d'exhibition. Le résultat est tragique: Apollo meurt sur le ring sous les coups surhumains de Drago. Rongé par la culpabilité et assoiffé de vengeance, Rocky décide de renoncer à son titre pour affronter le colosse russe chez lui, à Moscou, le soir de Noël. Le scénario est d'une simplicité biblique: la vengeance, la rédemption, le David contre Goliath. C'est une caricature, certes, mais une caricature diablement efficace qui prend le spectateur aux tripes.

Aux commandes, on retrouve Sylvester Stallone lui-même. En tant que scénariste, réalisateur et acteur principal, il a un contrôle total sur sa vision. Et sa vision est claire: faire de Rocky IV une épopée visuelle et émotionnelle.

Le casting réunit les visages familiers. Talia Shire (Adrian) est la conscience de Rocky, d'abord opposée au combat avant de le soutenir corps et âme. Burt Young (Paulie) apporte sa touche bougonne et comique, flanqué pour l'occasion d'un robot domestique, SICO, une des bizarreries les plus mémorables (et moquées) du film. Carl Weathers (Apollo Creed) livre une performance flamboyante, son personnage servant de sacrifice nécessaire pour lancer l'intrigue. Mais la vraie révélation, c'est l'antagoniste. Pour incarner Ivan Drago, Stallone cherchait un acteur qui soit physiquement intimidant, presque inhumain. Il le trouve en la personne de Dolph Lundgren, un acteur suédois quasi inconnu, titulaire d'une maîtrise en génie chimique et champion de karaté. Avec son physique de statue grecque (1,96 m de muscles) et son regard glacial, il est parfait. Ses quelques lignes de dialogue, notamment le glaçant "I must break you" ("Je vais te briser"), sont entrées dans la légende. A ses côtés, Brigitte Nielsen incarne Ludmilla Drago, son épouse et porte-parole, froide et calculatrice.

Si Rocky IV est si culte, c'est en grande partie grâce à son style. Le film est moins une narration continue qu'une succession de moments forts, souvent portés par la musique. Les séquences de montage sont légion et occupent une part considérable du film avec le montage des souvenirs de Rocky et Apollo, le montage d'entraînement, summum du film, qui oppose la rusticité de Rocky (courir dans la neige, couper du bois) à la technologie de pointe de Drago (machines, injections...), et le montage final du combat, brutal et épique. La mise en scène de Stallone est ultra-dynamique, la photographie est léchée, brillante, typique de l'esthétique publicitaire des années 80. On est loin du réalisme granuleux du premier film. Ici, tout est plus grand, plus coloré, plus intense.

La musique est un personnage à part entière. Bill Conti et sa célèbre Gonna Fly Now sont mis de côté au profit d'hymnes rock qui sentent la laque et la testostérone. La bande originale est une capsule temporelle des années 80. Burning Heart de Survivor, qui résume le propos du film. No Easy Way Out de Robert Tepper, la chanson parfaite pour une virée nocturne en Lamborghini. Hearts on Fire de John Cafferty, l'hymne ultime de l'entraînement. Et comment ne pas mentionner la performance de James Brown avec Living in America ? Une scène d'introduction pour le combat d'Apollo qui est un monument de patriotisme et de spectacle à l'américaine.

Le tournage de Rocky IV n'a pas été de tout repos, notamment pour son acteur principal. La plus célèbre anecdote concerne le tournage du combat final. Voulant un maximum de réalisme pour les premières secondes, Stallone a demandé à Dolph Lundgren de le frapper pour de vrai. Lundgren s'est exécuté. Un peu trop bien. Stallone a fini aux soins intensifs pendant plusieurs jours, son péricarde ayant gonflé à cause de la violence du coup. Comme il le dira plus tard: "J'ai senti mes côtes et mon cœur se cogner. Je n'avais jamais ressenti une telle puissance".

A sa sortie, les critiques ont été, pour la plupart, assassines. On a reproché au film son scénario simpliste, sa propagande anti-soviétique primaire et son manque de profondeur. Mais le public, lui, a répondu présent en masse. Rocky IV a été un triomphe commercial, devenant l'épisode le plus rentable de toute la saga et l'un des plus grands succès de l'année 1985.

Pour les fans, le film est souvent l'un des préférés. Pourquoi ? Parce qu'il est l'essence même du divertissement décomplexé. C'est un film qui se vit comme une expérience, un grand huit émotionnel avec un méchant iconique, des scènes d'entraînement légendaires et un message universel (même s'il est asséné à coups de marteau) sur le dépassement de soi.

Ivan Drago est devenu un archétype du "méchant" au cinéma. L'héritage du film a même été brillamment exploré plus de 30 ans plus tard dans Creed II (2018), qui met en scène le fils d'Apollo face au fils de Drago, offrant une perspective plus nuancée et touchante sur les conséquences de ce combat mythique.

En 2021, Stallone a même sorti un director's cut, Rocky vs. Drago, remontant le film pour lui donner plus de profondeur, coupant les excès (adieu le robot de Paulie !) et se concentrant davantage sur le drame humain. Une preuve que, même des décennies plus tard, ce combat n'a pas fini de nous fasciner.

Ce match, c'est nous contre les Soviets, reprends-toi ! Tu n'as pas l'air de comprendre ce que j'te dis là ! Mais, crois-moi ! Devant le résultat, là tu pigeras, devant le résultat, tu pigeras ! Fais-moi confiance !

Apollo Creed interprété par Carl Weathers | Rocky IV

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