Les problèmes sont rares dans les airs. C'est toucher le sol qui est dangereux.

Amelia Earhart | 20 Hrs 40 Mins

Photographie Amelia Earhart on Jet Pilot Costume Portrait (1928). Amelia Earhart on Jet Pilot Costume Portrait selon Mœbius.
Photographie Amelia Earhart on Jet Pilot Costume Portrait (1928).

Amelia Earhart on Jet Pilot Costume Portrait selon Mœbius. Amelia Earhart on Jet Pilot Costume Portrait selon Mœbius.
Starwatcher (Dargaud) de Mœbius (Couverture).

Dans le recueil Starwatcher (Mœbius • Dargaud) Jean Giraud alias Mœbius parodie la photographie Amelia Earhart on Jet Pilot Costume Portrait sur la couverture de sa BD. Ici, Amelia Earhart est remplacée par le/la Starwatcher, ce personnage androgyne créé par Mœbius.

 

Ce cliché, Amelia Earhart on Jet Pilot Costume Portrait, datant de juin 1928, est répertorié selon différentes sources comme appartenant aux archives historiques de la Wide World Photos (une filiale de l'Associated Press de l'époque) ou encore de Getty Images. Ces agences employaient de nombreux photographes de presse dont les noms n'étaient pas toujours systématiquement crédités individuellement sur chaque portrait de célébrité. C'est le cas pour cette photo, et je n'en ai donc pas trouvé l'auteur exact (Je suis preneur si quelqu'un a l'information).

Bien avant l'époque d'Instagram et des influenceurs voyage, une femme a décidé que le ciel n'était pas une limite, mais un terrain de jeu. Amelia Earhart (1891-1937) n'était pas du genre à rester sagement au salon pour broder des napperons en attendant que le temps passe. Dès son plus jeune âge, elle collectionnait les coupures de presse sur les femmes qui réussissaient dans des domaines d'hommes, prouvant déjà qu'elle avait un sérieux problème avec l'autorité des conventions sociales.

Durant la Première Guerre mondiale, la jeune américaine s'engage en 1916 comme aide soignante dans le Voluntary Aid Detachment, elle travaille pour la Croix-Rouge de Toronto, puis au Spadina Military Hospital installé dans le Knox College, toujours à Toronto. La guerre finie, Amelia reprend des études à l'université Columbia de New York, où elle suit des cours de préparation à la médecine. En 1920, un baptême de l'air lui donne la passion pour le vol. Elle devient élève infirmière, puis, en 1925, assistante sociale, et, dans l'intervalle, se paye des leçons de pilotage, économisant assez d'argent pour s'acheter un biplan jaune vif, qu'elle nomme pour cette raison le Canary.

Sa carrière d'aviatrice décolle véritablement grâce à un coup marketing un peu culotté. En 1928, elle devient la première femme à traverser l'Atlantique, mais uniquement en tant que passagère. Elle comparera plus tard sa présence à bord à celle d'un "sac de pommes de terre", une dose d'autodérision qui montre qu'elle ne se faisait pas d'illusions sur sa célébrité soudaine. Mais Amelia n'était pas du genre à se contenter des miettes de la gloire.

Le matin du 20 mai 1932, Amelia Earhart décolle de Harbour Grace (province de Terre-Neuve-et-Labrador) à bord d'un Lockheed Vega et, après un vol en solo de 14 h 56 min, se pose dans un pré à Culmore, au nord de Londonderry, en Irlande du Nord. Elle devient de ce fait la première femme à traverser seule l'océan Atlantique en avion.

Cependant, si l'on regarde son œuvre avec un œil critique, le tableau n'est pas uniquement fait de records héroïques. On lui a souvent reproché une technique de pilotage parfois approximative et un mépris certain pour les protocoles de sécurité radio. Amelia, que l'on surnomme alors "Lady Lindy" était une icône de la communication avant tout, une femme qui savait vendre son image pour financer ses rêves. Son engagement pour la cause féminine était admirable et sincère, mais son entêtement frôlait parfois l'imprudence pure et simple.

Le chapitre final de sa vie reste l'un des plus grands "cold cases" de l'histoire. En 1937, lors de sa tentative de tour du monde, elle disparaît quelque part au-dessus du Pacifique avec son navigateur Fred Noonan. Entre les théories d'espionnage pour le gouvernement américain, les crashs sur des îles désertes ou les captures par les Japonais, on a tout entendu. Ce qui reste, au-delà du mystère, c'est l'image d'une femme qui a préféré risquer le crash plutôt que l'ennui.

La séduction du vol réside dans sa beauté. Les aviateurs volent, qu'ils en aient ou non conscience, pour l'esthétique du vol.

Amelia Earhart

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