Je suis un photographe qui fabrique des meubles.

Willy Rizzo

Photographie de Salvador Dalí de Willy Rizzo pour le magazine Paris Match (1950).
Photographie de Salvador Dalí de Willy Rizzo pour Paris Match (1950).

Salvador Dalí selon Alessandro Barbucci.
Ekhö, Monde miroir - Tome 4 d'Alessandro Barbucci et Christophe Arleston (Page 30, case 5).

Dans Ekhö, Monde miroir - Tome 4 - "Barcelona" (Barbucci et Christophe Arleston • Soleil) Alessandro Barbucci pastiche une photographie Salvador Dalí prise par Willy Rizzo pour le magazine Paris Match sur une des planches de sa BD. Ici, Salvador Dalí est remplacé par Maestro Salvador.

 

Imaginez la scène: Salvador Dalí, moustache fièrement dressée, pose derrière ses loupes, le regard déformé, l'œil agrandi à la limite du cartoon. Ce n'est pas un délire surréaliste sorti tout droit d'un rêve, mais bien une photographie prise par Willy Rizzo, en 1950, à Paris, dans l'appartement de Dalí pour le magazine Paris Match. Ce cliché résume à lui seul l'esprit d'une époque où l'art n'avait pas peur de se regarder en face... quitte à le faire à travers une lentille grossissante ! ^^

Willy Rizzo (1922-2013), photographe et designer italien de talent, était lui aussi, un artiste audacieux. Quand il croise la route de Dalí, l'un des plus grands maîtres du surréalisme, la rencontre ne pouvait qu'être explosive. La photo, prise en 1950, met en scène Dalí derrière plusieurs loupes. Résultat ? Un effet visuel unique, où la réalité se tord, se déforme, et où la folie douce de Dalí s'exprime sans filtre.

Quand je suis arrivé chez lui, j'ai cherché dans tout l'appartement le meilleur angle pour la prise de vue, mais son visage était si spectaculaire que lorsqu'il m'a demandé: "Qu'allons-nous faire ?", j'ai pris la loupe sur le bureau et je l'ai simplement photographié.

Willy Rizzo

Côté technique, l'utilisation des loupes n'est pas qu'un simple gadget. C'est un vrai parti pris artistique. Elles créent des jeux de perspectives, des déformations optiques qui rappellent les tableaux de Dalí, où rien n'est jamais tout à fait ce qu'il semble être. On s'amuse à chercher le vrai du faux, le réel du fantasmé. Bref, c'est ludique, inventif, et ça donne à la photo une dimension riche de sens. Dalí, roi de la distorsion, se retrouve lui-même déformé par l'objectif de Rizzo. La mise en scène illustre à merveille la philosophie de Dalí, toujours prêt à jouer avec la perception et à brouiller les pistes entre rêve et réalité. On sent que le photographe et son modèle s'amusent, et cette complicité transpire dans le cliché.

Pour certains, à juste titre, le cliché et son sujet peuvent être perçus comme autocentrés, et égocentriques, voire narcissiques, mais difficile de bouder son plaisir devant une image aussi inventive, où la créativité de Rizzo répond à l'excentricité de Dalí. C'est un jeu de miroirs, un clin d'œil à l'absurde, et une belle leçon sur la liberté de l'art.

Je suis pratiquant, mais pas croyant.

Salvador Dalí

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