Go Go Greasy Rangers
21 sept. 2025Tu sais t'es moins tarte que t'en as l'air.
Danny Zuko interprété par John Travolta | Grease
Grease de Randal Kleiser (1978).
Saban's Go Go Power Rangers #15 de Carlini et Parrott (Couverture bis de Natacha Bustos).
Dans le comic book Saban's Go Go Power Rangers #15 (Carlini et Parrott • Boom! Studios) la cover artist Natacha Bustos pastiche l'affiche du film Grease de Randal Kleiser sur une des couvertures alternatives de la BD. Ici, Sandy Olson interprétée par Olivia Newton-John est remplacée par Trini Kwan la Yellow Ranger et Danny Zuko campé par John Travolta devient Jason Scott le Red Ranger.
Mettez vos lunettes noires, sortez le perfecto et préparez-vous à claquer des doigts. Aujourd'hui, on remonte le temps direction les années 50, ou plutôt 1978, année de sortie en salle d'un monument de la comédie musicale qui sent bon le bubble-gum et l'huile de moteur: Grease réalisé par Randal Kleiser. C'est un phénomène culturel, une machine à tubes intergénérationnelle et, avouons-le, notre plaisir coupable ultime. Mais derrière les chorégraphies endiablées et les regards langoureux, que se cache-t-il vraiment ?
Avant d'être le succès planétaire que l'on connaît, Grease était une comédie musicale née en 1971 dans un théâtre de Chicago. Créée par Jim Jacobs et Warren Casey, l'œuvre originale était bien plus... "brute de décoffrage". Plus crue, plus portée sur les réalités sociales des jeunes de la classe ouvrière, elle était loin de l'image glamour et colorée du film. Le producteur Allan Carr, un homme au flair légendaire, sent le potentiel et rachète les droits pour l'adapter au cinéma. Son idée ? Polir les angles, rendre l'histoire plus universelle et surtout, en faire un spectacle visuel et musical inoubliable. Le projet est lancé, mais il reste quelques détails à régler: trouver un réalisateur, un casting et transformer un spectacle de Broadway en blockbuster hollywoodien.
A la fin des vacances d'été, les amoureux Danny Zuko (John Travolta) et Sandy Olsson (Olivia Newton-John), une jeune Australienne de bonne famille, doivent se séparer.
A son retour au lycée Rydell, le jeune homme retrouve sa bande, les T-birds, blousons de cuir et cheveux gominés. Les parents de Sandy ayant décidé de s'installer aux Etats-Unis, la demoiselle intègre la même école...
Passé la surprise des retrouvailles et pour faire bonne figure devant ses copains, Danny adopte une attitude désinvolte qui laisse la jeune fille totalement désemparée. Sandy rejoint alors les Pink Ladies, le pendant féminin des T-Birds.
S'ensuit un jeu du chat et de la souris entre les deux tourtereaux, le tout rythmé par les événements de leur vie de lycéens: démarrage de la saison de football américain, bal de promotion, course de voitures, soirées entre filles, entre garçons, au fast-food, au drive-in...AlloCiné | Grease
Allan Carr confie la réalisation à Randal Kleiser. Un choix malin. Kleiser vient de réaliser son premier film, L'Enfant bulle, avec un certain... John Travolta. Les deux hommes s'entendent bien, et Carr sait que cette complicité sera un atout. En 1978, Travolta est LA plus grande star du monde. Il vient de retourner la planète avec La Fièvre du samedi soir. L'imposer en Danny Zuko est une évidence. Il a le charisme, le talent pour la danse et cette arrogance fragile qui colle parfaitement au personnage. Pour Sandy, c'est plus compliqué. Le premier choix était Susan Dey, qui refusa. C'est Travolta lui-même qui insiste pour qu'Olivia Newton-John obtienne le rôle. A l'époque, elle est une immense star de la pop et de la country, mais elle a presque 30 ans et doute de sa capacité à jouer une lycéenne de 17 ans. Après un test concluant, elle accepte, à condition que son personnage soit australien (comme elle) pour justifier son accent. Le reste du casting est un sans-faute. Stockard Channing campe une Rizzo sarcastique et touchante, volant presque la vedette à chaque apparition. Jeff Conaway (Kenickie) avait lui-même joué Danny Zuko à Broadway ! Anecdote amusante: la plupart des "lycéens" avaient bien dépassé l'âge du bac. Stockard Channing avait 33 ans, et Olivia Newton-John 29. Rydell High est sans doute le lycée avec le plus fort taux de redoublants de l'histoire du cinéma ! ^^
Kleiser opte pour une réalisation énergique et colorée. La photographie, signée Bill Butler (Les Dents de la mer), est saturée de couleurs vives qui évoquent plus une bande dessinée qu'une reconstitution historique fidèle. Tout est lisse, propre, presque irréel. C'est un parti pris qui fonctionne: Grease n'est pas un film sur les années 50, c'est un film sur le souvenir des années 50. Le film repose entièrement sur l'alchimie de son duo star. La direction de Kleiser laisse la part belle à la spontanéité et à l'énergie de ses comédiens. Le charme opère instantanément, malgré le côté parfois un peu théâtral des performances, héritage de la scène.
Impossible de parler de Grease sans évoquer sa bande-son. C'est le cœur battant du film. Si certaines chansons de la comédie musicale originale sont conservées (Summer Nights, Greased Lightnin'), de nouveaux titres sont écrits spécialement pour le film afin de décrocher des tubes. Pari réussi. You're the One That I Want et Hopelessly Devoted to You (écrite à la dernière minute après le tournage pour donner à Olivia Newton-John sa ballade) deviennent des numéros 1 mondiaux. La chanson-titre, Grease, est écrite par Barry Gibb (des Bee Gees) et interprétée par Frankie Valli. Un condensé de disco-pop qui donne le ton dès le générique. La bande originale de Grease est l'une des plus vendues de tous les temps et ses chansons sont devenues des classiques instantanés, fredonnés par des générations de fans.
Lors de la scène du bal, la température dans le gymnase dépassait les 40°C. Plusieurs figurants et même l'acteur Michael Tucci (Sonny) ont fait des malaises. La fameuse course de voitures dans le canal a été filmée dans le lit asséché de la rivière de Los Angeles, le même lieu que pour la course de Terminator 2. Le pantalon en cuir noir que porte Sandy à la fin était si serré qu'Olivia Newton-John a dû être littéralement cousue dedans chaque matin. Elle n'a pu l'enlever de toute la journée de tournage de la scène finale.
A sa sortie le 16 juin 1978 aux Etats-Unis (le 3 octobre 1978 en France), Grease est un raz-de-marée. Les critiques sont partagées: certains crient au génie pop, d'autres dénoncent une vision niaise et superficielle des années 50. Mais le public, lui, ne s'y trompe pas et en fait un triomphe monumental. Avec le temps, le film est devenu un objet culte, mais il n'est pas exempt de critiques. La plus récurrente concerne son message final: pour séduire son homme, Sandy doit renoncer à sa personnalité et se transformer en "bad girl". Une morale jugée aujourd'hui problématique, qui voit une jeune femme changer radicalement pour plaire à un garçon qui, lui, n'évolue que très peu. Pourtant, malgré cette controverse, l'influence de Grease est indéniable. Le film a cimenté le statut d'icônes de Travolta et Newton-John, a relancé la mode de la comédie musicale à Hollywood et a infusé la pop culture de ses chansons, de ses looks et de ses chorégraphies. Alors oui, Grease est peut-être un peu kitsch, sa vision des années 50 est aussi fidèle qu'une carte postale, et sa morale finale est discutable. Mais sa bonne humeur est si contagieuse, ses chansons si entraînantes et son énergie si communicative qu'il est impossible de ne pas succomber.
Grease fit l'objet d'une suite tout simplement intitulée Grease 2. Réalisé en 1982 par Patricia Birch, ce second volet interprété par Michelle Pfeiffer et Maxwell Caulfield ne rencontra toutefois pas le même succès.
##002840##Allez les roses, à la chasse aux mecs !
Betty Rizzo interprétée par Stockard Channing | Grease